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Petite Chronique d’Une Election – 31

Roland Garros

Il va falloir une grande motivation pour aller voter dimanche : la journée s’annonce belle et la finale de Roland Garros entre Rafael Nadal et Roger Federer s’annonce bien plus incertaine que le résultat des élections législatives. Depuis le passage au quinquennat et l’élection de nos députés dans la foulée de la joute présidentielle, la question n’est plus de savoir qui va remporter le scrutin mais quelle sera l’ampleur de la victoire de la majorité présidentielle.

Nous sommes passés d’une situation où le gouvernement du pays pouvait changer de nature à la suite des législatives, à une simple question de dosage. Ainsi demain soir l’Assemblée Nationale sera-t-elle bleu ciel, bleu azur ou bleu magenta ? Dès lors voter pour déterminer le degré de clarté d’une teinte n’est pas passionnant et il faut un bel esprit civique pour se rendre aux urnes.

Cette situation, il faut le dire, n’est pas très satisfaisante et il faudra se pencher sérieusement sur les changements induits par le quinquennat.

Ici je me permettrai de suggérer quelques pistes pour des solutions :

-très farfelue : la majorité présidentielle obtient automatiquement 50% et une voix au soir du 2eme tour de l’élection présidentielle. Aux législatives les français votent pour attribuer tous les sièges restants aux différents partis d’opposition,

- complexe : les présidentielles et les législatives sont à nouveau désynchronisées,

- de bon sens : une vraie dose de proportionnelle est enfin introduite, le tout couplé à un statut fort de l’opposition.

En attendant je vais aller regarder la finale du Top 14.

Chem Assayag

PS Allez Roger !

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


Catégories: Chroniques

10 Responses to "Petite Chronique d’Une Election – 31"

  1. kappax dit :

    comme la France d’en bas, martin?
    Décidemment toujours les mêmes clichés éculés!

  2. martin dit :

    Celui qui n’a pas de majuscule, c’est le martin d’en bas !!

  3. Martin dit :

    Le martin ci-dessus n’est pas moi.
    Signe distinctif : lui c’est « martin » et moi c’est « Martin », nuance.

  4. martin dit :

    Oui, je rigole Kappax, car il semble y avoir effectivement deux Martin, mais j’étais le premier ! Comment as-tu pu croire un instant que, comme certains, je tournais casaque ? J’étais absent quelques jours, car je préparais la victoire.Maintenant, je la savoure.Sans rancune, il y aura bientôt les municipales.

  5. kappax dit :

    Il y aurait donc 2 Martin!
    Nous serions induits en erreur alors!
    Va falloir une manière de les dstinguer sinon on n’y comprendra plus rien!
    Rassure-moi, il ne s’agit pas d’un cas patent de schyzophénie?

  6. Martin dit :

    kappax : je ne suis pas sur qu’il s’agisse du même martin qui a dit que l’ump fort serait une bonne nouvelle… à moins que cela m’ait échappé dans un moment de cynisme. Enfin démocratiquement ce ne serait pas un problème que l’UMP totalisait autour de 53 % des sièges à l’assemblée nationale, malheureusement on en est bien loin.

    Chem Assayag : la cinquième est un système présidentiel sans contrepouvoirs et donc n’est PAS un système présidentiel : le système présidentiel repose non pas sur la préeminence du président (c’est loin d’être la cas aux USA, au contraire le Congrès a été l’institution dominante au moins jq FD Roosevelt et la « présidence (relativement) impériale ») mais sur la très nette séparation des pouvoirs exécutif et législatif : pas de droit de dissolution, pas de responsabilité de l’exécutif devant les instances parkementaires. d’où un pouvoir exécutif concentré essentiellement dans les mains du président, d’où le nom du régime.
    Le cas français n’est donc pas du tout celui d’un régime présidentiel, mais comme l’a dit VGE un régime « présidentialiste » : préeminence du président sur l’exécutif ET sur le législatif. les « moyens d’action réciproque » (dissolution, responsabilité) propre aux régimes parlementaires s’exercent à sens unique et les pouvoirs sont confondus. cela se traduit notamment par deux échéances électorales distinctes (présidentielle et législative)… dont l’une ne dépend que de l’autre.
    La solution « tiède » que je regrette est celle de François Bayrou, qui consiste à se rapprocher un peu d’un véritable régime présidentiel en renforçant le parlement (et sa représentativité) face au président. Mais il ne s’attaque pas au noeud du problème qui est la dépendance des législatives vis à vis de la présidentielle.
    Je pense au contraire qu’à force de présenter des mesures tièdes on n’aborde pas le fond du problème. Il est envisageable sinon indispensable de réaliser les réformes institutionnelles de façon progressive mais il faut débattre dès le départ de ce que l’on considère comme devant être le point d’arrivée (celui que je défend est très loin d’être révolutionnaire come je l’ai déjà dit, il consisterait à bien des égards à une forme d’alignement sur le modèle parlementaire en vigueur, malgré des variations non négligeables, ailleurs en Europe). En effet il faut notamment discuter du choix entre un régime parlementaire et un régime présidentiel, ce qui est très peu fait dans les médias. C’est dans ce cadre uniquement que peut prendre son sens un « renforcement des pouvoirs du parlement » (qui bien incantatoire si l’on aborde pas la question des fonctions du parlement, question qui renvoie à celle du Régime).

    Le problème est que les mesures transitoires proposées par tout un chacun sont systématiquement présentées comme des fins en soi (celles de Bayrou en premier lieu puisqu’il propose des réformes limitées et biaisées mais juge bon de les intégrer à une « sixième république » qui sent bon le définitif). Il faut parler de tout et aller au fond, sortir du consensualisme mou de la « dose de proportionnelle ». Et ne pas présupposer que « mon dieu, les gens sont tellement attachés à l’élection présidentielle, ça va être difficile » ou des banalités de ce genre. « De l’audace, toujours de l’audace », que diable !.
    Sarko l’a fait avec le libéralisme économique aujourd’hui érigé en alpha et oméga de l’action gouvernementale, pourquoi serait-ce impossible de la faire avec la réforme institutionnelle ? c’est une question de volonté, encore faut-il l’exprimer, haut et fort.
    Vive le vrai parlementarisme !

  7. C Assayag dit :

    Martin,

    à force de rononcer à appliquer des mesures tièdes on ne fait rien du tout… Maintenant vous posez un autre débat qui est celui de la nature du régime et sans doute du nécessaire passage à une VIeme République. LA Veme est un régime prséidentiel mais qui n’a pas pensé à ses contre-pouvoirs (contrairement aux US). Le quinquennat aggrave cette dérive en rendant les cohabitations quasiment impossibles et en favorisant des chambres avec des majorités ultra-dominantes.

    Cordialement,

    Chem Assayag

  8. kappax dit :

    Salut Martin, depuis quelques jours j’ai du mal à te reconnaître. Te voilà fustigeant l’égémonie d’un parti alors que tu disais qu’un UMP fort pourra mieux permettre l’adoption des idées de Sarko approuvées par 53% des français.Et un Président fort
    Peut-être je t’ai mal lu! En tout cas, sur ce sujet je suis entièrement d’accord avec toi!
    Malheureusement, pour le Président aux pouvoirs amoindris, çà n’en prend pas le chemin avec Sarko qui veut tout contrôler et tout voir. Même son ancien parti, l’UMP, il veut garder la main mise dessus en nommant lui-même son successeur!Du jamais vu! Un Président élu voulant rester le chef d’un pati!

  9. Martin dit :

    mmmh, la solution farfelue me paraît un peu farfelue, la solution complexe comme un retour à une complexité antérieure, et la solution de bon sens… TROP TIEDE.

    Je propose une solution radicale qui n’a pourtant rien de révolutionnaire, malgré le refus de tous les partis majoritaires : la fin de l’élection présidentielle comme échéance électorale décisive. ce qui passe nécessairement par :
    - un amoindrissement considérable des pouvoirs constitutionnels du président, au bénéfice du premier ministre et de l’Aassemblée,
    - l’annulation de l’inversement du calendrier électoral voire le découplage complet des deux élections (un mandat présidentiçel plus long ou intercalé).
    - la question de l’élection au suffrage universel du président me paraît plus accessoire (voir l’exemple portugais), l’important étant qu’elle ne soit pas l’occasion de la captation du débat politique par une question de personnes.