Articles

élection présidentielle 2017 » Analyses & chroniques » Environnement : vers un débat public minimum ?

Environnement : vers un débat public minimum ?

Fotolia_3449814_S.jpgLe Grenelle de l’environnement souhaité par Nicolas Sarkozy “réunira pour la première fois l’Etat et les représentants de la société civile afin de définir une feuille de route en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables. Il doit aboutir à la fin du mois d’octobre à un plan d’action de 15 à 20 mesures concrètes et quantifiables recueillant un accord le plus large possible des participants”.

Pour préparer cette échéance, six groupes de travail ont été constitués. Chacun d’entre eux est composé de 40 membres eux-mêmes répartis en 5 collèges ayant vocation à représenter les acteurs du développement durable, à savoir l’Etat, les collectivités locales (régions, départements, communes), les ONG (secteur associatif), les employeurs et les salariés (syndicats). Cette organisation, présentée le 6 juillet par Jean-Louis Borloo, fait donc la part belle aux acteurs institutionnels et aux experts.

On peut toutefois regretter ce qui ressemble à une mise à l’écart des citoyens souhaitant prendre la parole sur cet enjeu. Certes, les organisations associatives et syndicales ont toute légitimité pour porter la voix des citoyens au sein des groupes de travail organisés. Il serait d’ailleurs malvenu de contester ici leur rôle de médiation trop souvent mis à mal en France. Pour autant, rien n’empêchait – exception faite du délai extrêment court dont ils disposaient – les organisateurs du Grenelle de l’environnement de chercher à susciter en parallèle un véritable débat public afin de mettre en priorités les enjeux et faire émerger des propositions.

A titre d’exemple, l’absence de débat institué sur Internet devrait surprendre plus d’un observateur. Le site Internet dédié au Grenelle de l’environnement marque ainsi par son extrême pauvreté. Le développement durable et la protection de l’environnement ne seraient-ils qu’une affaire d’experts ?

Certes, une consultation ouverte au grand public est préue pour la fin septembre-début octobre. Mais compte-tenu du calendrier annoncé par les pouvoirs publics, celle-ci ne devrait durer qu’une quinzaine de jours, un délai qui paraît bien court. Tout au plus les partipants pourront-ils noter les mesures proposées s’ils parviennent à prendre le train en marche. On peut également douter des enseignements qui en seront tirés : les organisateurs de la consultation disposeront-ils eux-même du temps nécessaire à l’analyse des contributions ? Par sûr.

Plus globalement, écarter les citoyens de la première étape de diagnostic apparaît d’autant plus dommagaeable qu’elle aurait pu faciliter la mobilisation du plus grand nombre. Car quelles que soient les mesures finalement adoptées à l’issue du Grenelle de l’environnement, le succès de l’opération (au delà de ses retombées politiques…) dépendra avant tout vde la capacité de chacun à modifier ne serait-ce qu’à minima ses modes de vie et de consommation.

 

 

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: Analyses & chroniques

Comments are closed.