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2007-2009 : un rapport de force politique (presque) inchangé

ifop-logoA l’occasion du deuxième anniversaire du premier tour de l’élection présidentielle de 2007, l’édition dominicale du quotidien Sud-Ouest, a confié à l’Ifop la réalisation d’une enquête d’intentions de vote reprenant exactement l’offre électorale présentée aux Français le 22 avril 2007.

Le quinté de tête mesuré par l’Ifop est le suivant (le score entre parenthèse est celui enregistré pour chaque candidat en France métropolitaine le 22 avril 2007).

- Nicolas Sarkozy : 28% (31%)
- Ségolène Royal : 20,5% (26%)
- François Bayrou : 19% (18,5%)
- Olivier Besancenot : 8% (5%)
- Jean-Marie Le Pen : 7,5% (10,5%)

Certes, il s’agit ici d’un exercice purement théorique, les électeurs n’étant pas appelés à se prononcer prochainement (envore 3 ans !). De plus, nul ne connaît à ce jour l’offre électorale du scrutin de 2012. Il n’empêche, les résultats de cette enquête permettent de mieux comprendre l’évolution des rapports de force politique et l’état du socle électoral des principaux concurrents d’il y a deux ans, dont bon nombre d’entre eux devraient peser sur le prochain scrutin.

L’exercice du pouvoir n’a qu’un impact limité sur le socle électoral de Nicolas Sarkozy qui, deux ans après son élection, frappe par sa relative solidité. Notons que ce phénomène est également mis en lumière par les études sur la popularité du chef de l’Etat qui confirment, enquête après enquête, le fort soutien dont il bénéficie auprès des sympathisants UMP et de ses électeurs du premier tour en avril 2007. Difficile dans ces condition d’affirmer que Nicolas Sarkozy est en perte de vitesse.

Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen enregistrent les plus fortes baisses. La candidate socialiste perd plus de cinq points en vingt-quatre mois et enregistrerait un score sensiblement inférieur à celui annoncé pour sa formation politique aux prochaines élections européennes. Le leader frontiste voit le poids de ces soutiens chuter de quatre points.

A gauche, Olivier Besancenot semble profiter pleinement de la désaffection dont pâtit Ségolène Royal puisqu’il améliorerait son score de trois points. Nul doute que le contexte de crise marqué par un net durcissement des rapports sociaux, bénéficie également au fondateur du Nouveau Parti Anticapitaliste.

François Bayrou parvient à consolider son socle électoral avec un score inchangé (+0,5 points). Les résultats de l’étude semblent valider la stratégie du président du Mouvement Démocrate pourtant affaiblit politiquement par la désaffection de la plupart de ses soutiens politiques à l’issue du premier tour de 2007. Notons que ce score s’avère nettement supérieur à l’étiage électoral de son mouvement (aux alentours de 12%-13%).

Au final, le rapport de forces politique s’avère légèrement favorable à la droite. Une fois de plus, le comportement des électeurs potentiels de François Bayrou pourrait être déterminant dans l’hypothèse d’un second our classique opposant la gauche à la droite. Il n’empêche : la résistance de François Bayrou en fait à nouveau un qualifié potentiel pour un second tour de scrutin.

Yves-Marie Cann  (63 Posts)

Fondateur et animateur du site. Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil indépendant. Auparavant directeur-adjoint du Pôle Opinion-Corporate de l'Institut CSA, après sept années passées au Département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Les articles publiés ici n'engagent que leur auteur.


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One Response to "2007-2009 : un rapport de force politique (presque) inchangé"

  1. uncitoyenrepublicain dit :

    Commentaire pour commentaire, ce qui apparaît surtout c’est que le PS est prit en tenaille, dévoré sur sa gauche par les petits partis besancenot en tête.

    la stratégie de l’alliance droite/financière-gauche financière actuellement au pouvoir en France est risquée. En poussant leur vieux alliée les trotskystes (depuis les années 50 sous perfusion du monde anglo saxon libérale afin de contrer les communistes) ils affaiblissent bien le PS mais à trop l’affaiblir il risque fort de prendre… un tracteur dans la figure.

    La vraie info est le score de Bayrou, en campagne permanente certes mais pas encore officiellement en campagne, son 19% malgré des médas goguenards et moqueurs la plupart du temps, un appareil politique de terrain encore faible et mal identifié est une vraie surprise. Mieux il progresse par rapport à 2007 (il est le seul des 3 tenors).

    Sarko est lui aussi mal placé, serrer à droite ? cette fois il perdra les quelques élécteurs centristes fidèles au aux traîtres (cette image leur collera à la peau à jamais) du Nouveau Centre, voir aux élécteurs gaullistes abusé lors de la précédente éléction (ils pensaient trouver un nouveau De Gaulle, il ne s’agit que d’un allié des affairistes anglo saxon enroulé dans un drapeau français). Serrer au centre ? c’est risquer une fuite de 4 ou 5% vers l’extrême droite ou des candidats souverainistes indépandants (NDA, De Villiers).

    Pas si simple 2012.

    Le PS va t’il serrer à gauche et perdre sur sa droite les cadres moyens qui fileront chez bayrou ? Va t’il serrer à droite et s’affaiblir encore sur sa gauche ?

    Le plus à l’aise est bayrou, pourquoi ? son éléctorat est déja naturellement constitué de 50% d’élécteurs de droite (républicains croyants laïques) et de 50% d’électeurs de gauche (républicains athée/agnostiques laïques) son assise est donc saine… mieux il à une marge de progression à droite (les gaullistes, les centristes) et à gauche (les cadres, les jeunes).

    Un pronostique ? pas si facile évidemment, mais sauf si Sarkozy consolide sa base au 1er tour en maintenant toujours son aile droite et les centriste et si le PS parvient à progresser malgré sa position délicate nous aurons un second tour UMP/PS (soit les deux partis rallié à l’économie mondiale de marché, une europe sauce anglo saxonne) mais que l’un des deux s’affaiblisse encore et bayrou passe le 1er tour en 2eme position… et la.. il est certain d’être élu avec une majorité confortable.

    Le béarnais à tout compris depuis …2002. Les 25 dernières années trahissaient les valeurs républicaines françaises.

    Mitterrand rallié à l’économie libérale depuis 1983 (d’ou la fuite de son électorat populaire vers l’extrême droite), le petit jeu libérale-atlantiste européen de l’UMP et du PS ont complètement déstabilisé la France, Chirac à fait illusion en « verrouillant l’Elysée » (à l’abri de l’aile libérale de l’UMP déja aux mains des ex-putschistes de 95 Balladur/Sarkozy) et en montant au front contre Bush.

    Bayrou apparait comme un homme non complice des réseaux financiers, extrêmement républicain, (moins qu’un NDA ou qu’un chevènement il est vrai), rassembleur, instruit, calme, proche des petits patrons (PME-PMI, agriculteurs) mais aussi des jeunes et des urbains, une excellente base potentielle à élargir.. en tout cas un cocktail qui peut se révéler gagnant. François Bayrou est actuellement le seul à « unir » les français sans déséquilibre d’éléctorat majeur vers la droite ou la gauche.

    Attention cependant à l’arrivé d’un candidat surprise au centre droit (envoyé ou non par Sarko), De villepin ou Coppé qui lui prendrait entre 4 et 6% au 1er tour le privant de second.

    On en reparle en 2012.