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La première vague du baromètre politique français : un contexte socio-économique particulièrement plombé

Le CEVIPOF, avec le soutien du Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire et en partenariat avec l’Ifop, a présenté lundi 15 mai les résultats et premiers enseignements de la vague 1 du «Baromètre politique français» (BPF). Il s’agit de réaliser auprès des électeurs français une série de quatre enquêtes, de mars 2006 à janvier 2007, préalablement à la campagne présidentielle officielle. Ce Baromètre inédit livrera donc d’ici à 2007 toute une série d’indicateurs et de tendances permettant d’une part d’observer les perceptions, préoccupations et attentes des citoyens-électeurs, d’autre part d’évaluer les dynamiques de formation des choix électoraux. Au-delà de ces objectifs et finalités, le BPF – tant du point de vue de son ampleur que de son cadre méthodologique – recèle des apports importants, notamment en ce qui concerne la taille de l’échantillon. Près de 5600 interviews sont réalisées pour chaque vague d’enquête, soit un volume garantissant des analyses tout à fait fiables par segments socio-démographiques et par catégories politiques.

La première vague d’enquête du Baromètre Politique Français fournit de précieuses indications sur l’état de l’opinion hexagonale à un an du prochain scrutin présidentiel. On peut dégager une série de quatre enseignements:

Le primat des préoccupations socio-économiques

Cette enquête met clairement en exergue dans la hiérarchie des préoccupations des Français la place centrale occupée par les thématiques économiques et sociales, au premier rang l’emploi mais également les inégalités et le pouvoir d’achat. L’enjeu sécuritaire si présent dans la dernière pré-campagne présidentielle apparaît (provisoirement) beaucoup plus en retrait. En lien avec ce contexte de crispation sur les thématiques économiques et sociales, la majorité des Français interrogés considère vivre difficilement avec les revenus de leur foyer.

Un pessisme marqué

Venant confirmer des données issues de récents baromètres de l’Ifop, le sentiment de pessimisme structure fortement les attitudes et les opinions. Se fait jour à la fois un pessimisme ressenti personnellement pour ce qui concerne l’évolution de la situation économique de la France et un pessimisme de «projection» par rapport à la jeunesse. Plus des trois quarts des personnes interrogées considèrent en effet que les jeunes générations auront moins de chances que leurs parents dans la société française de demain. Au cœur de ce pessimisme, résident deux dimensions : La perception désormais bien enracinée dans l’opinion que la France est en déclin, notamment pour ce qui concerne les secteurs les plus proches des préoccupations quotidiennes des personnes interrogées: pouvoir d’achat, école et université ainsi que le système de santé. Seules la recherche et l’innovation d’une part, le rayonnement culturel d’autre part échappent à cette morosité Une vision malaisée de la mondialisation. Celle-ci est appréhendée par une majorité relative de Français sous l’angle de la menace pour l’hexagone. En outre, la gestion escomptée du phénomène de la mondialisation révèle une opinion divisée entre l’attente d’une ouverture sur le monde et la demande de protection.

Une défiance à l’égard du politique et de l’action gouvernementale

Signe spectaculaire de la perte de repères des Français interrogés, une très forte majorité d’entre eux déclare ne faire confiance ni à la gauche, ni à la droite pour gouverner le pays. La part des interviewés parvenant à distinguer positivement l’un des deux pôles du champ politique est strictement équivalente entre gauche et droite (15%). Découlant de ce désenchantement et amplifiées par le contexte des mobilisations anti-CPE, les perceptions associées à l’action gouvernementale s’avèrent majoritairement négatives et marquées par un net clivage gauche-droite.

Une avance sérieuse prise par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

A un an du prochain scrutin présidentiel, ces derniers bénéficient en terme de potentiel électoral d’une avance sérieuse sur les autres candidats ou prétendants à l’investiture de leur formation politique. Nicolas Sarkozy devance nettement Dominique de Villepin, Ségolène Royal les autres candidats socialistes. Au-delà de leur très forte capacité à rassembler leur camp, ces deux personnalités se distinguent par l’attribution de qualités jugées essentielles dans la perspective de 2007 : la stature présidentielle, la capacité à comprendre les problèmes des citoyens et à changer.Les résultats complets de l’étude peuvent être consultés sur les sites du CEVIPOF et de l’IFOP.

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Yves-Marie Cann  (195 Posts)


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One Response to "La première vague du baromètre politique français : un contexte socio-économique particulièrement plombé"

  1. [...] Ce premier débat avait pour thème les questions économiques et sociales, deux familles d’enjeux fréquemment mises en exergue par les Français interrogés dans le cadre d’enquête d’opinion. A ce propos, on se réfèrera notamment aux résultats de la première vague du Baromètre Politique Français (2006-2007) CEVIPOF-Ministère de l’Intérieur. Cette enquête révèle en effet clairement dans la hiérarchie des préoccupations des Français la place centrale occupée par les thématiques économiques et sociales, au premier rang desquelles l’emploi mais également les inégalités et le pouvoir d’achat. [...]