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Européennes 2009 : des intentions de vote au verdict des urnes

Mesurer les intentions de vote dans la perspective d’un scrutin électoral est toujours un exercice délicat. Il l’est davantage encore lorsque le désintérêt des électeurs atteint des niveaux rarement observés, couplé à une atomisation de l’offre électorale dont les élections européennes ont le secret.

Les votes dépouillés, vient alors le temps des comparaisons avec les dernières enquêtes d’intentions de vote et d’une lecture rétrospective à la lumière des résultats du scrutin. Profitons également de l’occasion pour confronter les accusations de François Bayrou à l’encontre des instituts de sondage – et ses soupçons de construction artéfactuelle de la dynamique observée en faveur d’Europe Ecologie – au verdict des urnes.

Prenons d’abord le rapport gauche-droite : les listes de gauche totalisent environ 45% des suffrages contre 41% pour celles de la droite. Cet indicateur « macro-politique » correspond peu ou prou à celui mesuré lors de la dernière semaine de campagne par les principaux instituts (Ifop : 44,5 / 39 ; Ipsos : 46 / 39,5 ; CSA 43 / 39). Seule la Sofres s’en distingue par un écart plus fort (47 / 37).

Plus en détail, plusieurs enseignements méritent d’être soulignés :

- Avec 27,9% des suffrages, l’UMP obtient un score se situant en haut (voire légèrement supérieur) de la fourchette indiquée par les instituts de sondage (Ifop : 27,5 ; TNS et Ipsos : 27%). A aucun moment de la campagne cette domination des listes en soutien à Nicolas Sarkozy ne s’est démentie.

- Les difficultés du Parti Socialiste (16,5% des suffrages) ont également été bien mises en lumière mais son score final s’avère nettement inférieur à celui mesuré par l’ensemble des instituts, seule la Sofres ayant placé la principale formation politique de gauche sous la barre des 20% (19%, contre 20% selon l’Ifop et Opinion Way).

- La mesure des intentions de vote en faveur des listes Europe Ecologie et Mouvement Démocrate a été encore plus délicate. Ces listes constituent un véritable « centre mou », à savoir qu’elles attirent sur elles des électeurs issus de catégories sociales équivalentes et politiquement instables, peu fidèles à une formation politique d’un scrutin politique à un autre. Certes, les dynamiques inverses ont bien été perçues par les instituts, à savoir un MoDem en perte de vitesse et une Europe Ecologie en forte progression en fin de campagne. Toutefois, des divergences sont apparues au dernier moment sur leur ordre d’arrivée, voire leur niveau respectif en termes de parts de voix. Ici, la Sofres se distingue clairement des autres instituts en ayant placé Europe Ecologie à 15,5%, l’Ifop les mettant à égalité avec le MoDem, les autres instituts (CSA, Opinion Way) plaçant la formation politique de François Bayrou en tête.

- En bas de tableau, la performance des mesures effectuées aux extrémités de l’échiquier politique peut être soulignée. D’abord, les résultats de ce soir confirment l’ascendant du Front de Gauche (6,05%) sur le Nouveau Parti Anticapitaliste (6.10% au cumul avec Lutte Ouvrière) qui obtiennent des scores extrêmement proches de ceux mesurés en fin de campagne par quatre instituts sur cinq. Les résultats de ce dimanche confirment également la contreperformance des listes d’extrême droite qui réalisent globalement un résultat comparable à celui attendu (nettement inférieur à celui des scrutins européens précédents).

Les enquêtes d’intention de vote ne sont pas des outils de prédiction, les résultats des élections européennes le rappellent à juste titre. Elles visent avant tout, dans une perspective barométrique, à déceler les dynamiques de campagne et sont un outil d’accompagnement et de lisibilité des mouvements d’opinion. En ce sens, le travail mené ces dernières semaines par les instituts d’étude s’avère satisfaisant. Mais quelle que soit l’efficacité des mesures réalisées, les électeurs ont bel et bien toujours le dernier mot.

Article rédigé pour le blog de Philippe Chriqui, Directeur du site www.expression-publique.com

(Version mise à jour lundi 8 juin à 11h30)

Yves-Marie Cann  (63 Posts)

Fondateur et animateur du site. Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil indépendant. Auparavant directeur-adjoint du Pôle Opinion-Corporate de l'Institut CSA, après sept années passées au Département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Les articles publiés ici n'engagent que leur auteur.


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2 Responses to "Européennes 2009 : des intentions de vote au verdict des urnes"

  1. petitbloggeur dit :

    ridicule comme « analyse » :

    - tout d’abord l’addition gauche – droite que vous construisez est hautement douteuse, il suffit de retracer le parcours des votants et de lire le programme des différents partis pour s’en rendre compte.

    - Ensuite vous choisissez arbitrairement une intention de vote de la sofres alors que cet institut en a réalisé 4 différentes entre le 26 mai et le 4 juin (http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/3999982AA2BA453AA964C4292FA4C06F.aspx). Forcément, quand on ne dispose pas des bonnes données, on ne produit pas de bonnes analyses…

    - Toujours moins intéressant : vous ne mentionnez à aucun moment l’aspect définitif du choix de vote et la part des personnes ne sachant pas encore vers qui s’exprimera leur voix ; ce qui constitue pourtant une donnée fondamentale dans une intention de vote, a fortiori lorsque l’abstention est annoncée à 60%. Comment pouvez-vous « comparer » des intentions de vote sans prendre en compte cette donnée ???

    bref, au final je ne vois aucune analyse et au fond rien de nouveau dans cet article qui se contente de paraphraser des résultats.

    Afin d’améliorer vos prochains écrits, je vous laisse un peu de lecture : http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/2845.asp

  2. pissenli dit :

    c’est pas mal mais tu peux faire mieux 18/20. la leçon est bien sue.