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Menaces sur les candidatures de la droite extrême ?

Au printemps 2002, près de 700 maires ont parrainé les candidatures de Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret à l’élection présidentielle. Les deux leaders de la droite extrême sont-ils assurés de leur soutien ? Rien n’est moins sûr. Election-presidentielle.fr dresse un état des lieux original à l’approche du prochain rendez-vous présidentiel.

La France est désormais entrée en pré-campagne présidentielle. Les enquêtes se multiplient. Certains pronostiquent un duel opposant Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. D’autres se disent convaincus d’une nouvelle accession de Jean-Marie Le Pen au second tour du prochain scrutin présidentiel. Pour autant, les nombreuses enquêtes publiées dans la presse, et dont nous rendons compte ici, n’ont aucune valeur prédictive. Tout au plus nous indiquent-elle la « météo politique » du moment, en aucun cas celle du printemps à venir ! Dans ce contexte, nous en sommes tous réduit à formuler des hypothèses. Or, il en est une que personne ne soulève, tant les sphères médiatiques et politiques paraissent aujourd’hui quelque peu aveuglées par le 21 avril 2002. Et si Jean-Marie Le Pen n’obtenait pas les 500 parrainages requis pour participer à l’élection présidentielle en 2007 ?

Explications. Afin de prévenir les candidatures dites fantaisistes et de limiter le nombre de postulants, un candidat, pour être admis à participer au premier tour de l’élection présidentielle, doit avoir obtenu le « parainnage » d’au moins 500 élus (députés, sénateurs, parlementaires européens, conseillers généraux ou régionaux, conseillers de Paris, maires, présidents d’une communauté urbaine, d’agglomérations ou de communes, etc.) issus d’au moins 30 départements ou territoires d’Outre-Mer, sans que plus du dixième de ces 500 signatures (soit 50) provienne d’un même département ou territoire. La démarche n’est donc pas aisée, notamment pour les « petits » candidats, lesquels ne peuvent pas s’appuyer sur une formation politique disposant d’élus locaux suffisamment nombreux. Aussi, bon nombre d’entre eux ont d’ores-et-déjà entamé les démarches nécessaires pour obtenir le moment venu suffisamment de signature pour participer au premier tour de scrutin. A cet égard, l’obtention des parrainages s’apparente à une véritable course de fond. Au-delà de ce cadre juridique, des contraintes politiques entrent également en jeu et pourraient contrarier la candidature du président du Front national. Deux freins majeurs s’y opposent et pourraient s’avérer déterminant.

Le traumatisme du 21 avril 2002. Au soir du premier tour de la dernière élection présidentielle, la qualitification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour a permis à de nombreux « parrains » de mesurer la portée de leur geste. Rares sont ceux regrettant leur geste (Le Monde du 29 août 2002), la plupart étant « convaincus d’avoir servi la démocratie » en lui donnant la parole. Il n’empêche, la publication de la liste de ces « parrains » par le Conseil Constitutionnel, fréquemment reprise par la presse locale, a pu susciter des réactions d’hostilité à l’encontre des intéressés. Une situation d’autant plus mal vécue que la plupart d’entre eux ne partagent pas les idées défendues par la droite extrême. La prédiction par certains commentateurs d’un nouveau « 21 avril » pourrait inciter certains maires à ne pas renouveler leur parrainnage. Comme le relève Eric Dupin sur son blog, « jamais le contexte n’a été aussi porteur pour l’extrême droite », même si le Front National paraît aujourd’hui affaibli en tant qu’organisation politique. La concurrence de Philippe de Villiers, lui-même candidat, et de son Mouvement pour la France y sont d’ailleurs pour beaucoup, de nombreux cadres frontistes l’ayant aujourd’hui rejoint.

Les élections municipales de 2008. La perspective du renouvellement des conseils municipaux, programmé pour le printemps 2008, et l’anticipation des réactions d’hostilité pouvant impacter négativement l’issue de ces scrutins locaux pourraient également contraindre de nombreux maires à reconsidérer leur parainnage de 2002. Par prudence, certains élus pourraient, en anticipant alors leur prochaine campagne électorale, refuser leur parrainage à toute candidature susceptible de compromettre leurs propres chances de réélection.

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Compte-tenu de ces éléments, on comprendrait un prochain rapprochement entre Bruno Mégret et jean-Marie Le Pen, même si ce dernier affirme ne pas envisager une telle hypothèse, pariant probablement sur un renoncement de son ancien compagnon de route. En tout état cause, la présence de deux candidats issus de la droite extrême paraît improbable en raison des éléments exposés plus haut. De même, la concurrence entre les deux leaders pourrait compremettre leur candidature au printemps de 2007. Dans cette hypothèse, où se reporteraient les 10 à 15% d’intentions de vote dont les plus récentes enquêtes créditent le président du Front National ?

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: Analyses, Législation

13 Responses to "Menaces sur les candidatures de la droite extrême ?"

  1. dicharry dit :

    si je veux me présenter en tant que candidat aux futures élections présidentielles de 2012, comment je dois faire pour obtenir 700 signatures?

  2. steeve dit :

    de villiers modéré ???? on aura tout entendu..il est modéré oui …dans les sondages ! il fait que 1 % et encore …

  3. mijanne dit :

    EN REPONSE A KAZANE.
    « exprimer son malaise »
    Quel malaise?
    celui de voir la FRANCE malade de la gauche droite caviar qui nous spolie depuis 30 ans de nos biens , alors oui j’ai un gros très gros malaise.
    Moi je travail et je veux faire profiter ma famille de mes biens mais, que ma famille pas les parasites qui veulent une part du gateau.
    Ils n’ont qu’a faire comme nous , on nous dit qu’il y a du travail en FRANCE , alors pourquoi tant de gens au chomage?
    Ceux qui publie les chiffres tronqué du chomage n’ont jamais mis les pieds dans une agence intérime!