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Interview : Edouard Fillias (Alternative Libérale)

Edouard Fillias est président d’Alternative Libérale, une nouvelle formation politique qui envisage de présenter un candidat à la prochaine élection présidentielle. Engagé depuis plusieurs années dans le monde associatif, il a notamment fondé et dirigé l’association Liberté Chérie.

Election-presidentielle.fr : Alternative Libérale, que vous présidez, a été créé en février 2006. Pouvez-vous nous en résumer la genèse ?

Edouard Fillias: Depuis plusieurs années déjà, nous sommes engagés avec succès dans la vie associative pour promouvoir la pensée libérale. Pourtant il nous apparaît que pour parler aux français et peser sur les décisions, il est indispensable de se doter d’une structure de parti politique. Mais notre volonté n’est pas, comme cela se fait partout ailleurs, de créer un parti uniquement pour soutenir un candidat. Pour Alternative Libérale, la conviction est première, elle n’est pas le produit dérivé de l’ambition. La France, à contre courant de tous les pays démocratiques, est dépourvue de parti politique libéral. Comment ne pas y voir la cause de l’état délétère dans lequel se trouve notre pays ? Qui parle encore de liberté ? Qui parle d’avenir ? C’est désormais la peur qui nous gouverne. Les extrémistes de droite attisent la peur de l’étranger cependant que les extrémistes de gauche, sous couvert de mondialisation et d’écologie, spéculent sur la peur de l’avenir et sur la fin du monde. A l’opposé de ceux qui font commerce de l’Apocalypse, nous voulons remettre au premier plan la confiance en l’individu libre et responsable. De tous temps, les hommes et les femmes ont su trouver les ressources pour surmonter les épreuves de l’existence, pour peu qu’on les laisse faire. C’est ce que nous venons rappeler aux français.

Compte tenu des expériences passées, et notamment celle d’Alain Madelin avec Démocratie Libérale, existe-t-il vraiment un espace politique pour une formation libérale en France ?

Si nous nous engageons, c’est d’abord et avant tout par conviction. Nous voulons promouvoir la liberté et la responsabilité, nous désirons réhabiliter l’esprit d’entreprendre, le goût de l’innovation et l’excellence qui bénéficie à tous. Alors bien sûr, nous regardons les expériences passées avec intérêt, mais sans qu’elles constituent un horizon indépassable. Le libéralisme que nous voulons n’est pas une doctrine économique, ce n’est pas le discours de quelques-uns destiné à quelques élus, non, c’est un humanisme qui s’adresse à toutes celles et tous ceux qui veulent vivre librement dans le respect d’autrui. Qui peut croire qu’il n’y ait en France, terre des Droits de L’homme, aucun espace politique pour la liberté ?

Les enjeux économiques et sociaux, au premier rang desquels l’emploi, figurent parmi les principales préoccupations des Français. Quelles sont vos propositions sur ce thème ?

Mettre en avant la lutte contre le chômage n’est certes pas original ; tous les partis politiques de droite comme de gauche en font leur credo. Et tous échouent lamentablement à résorber le chômage aussitôt qu’ils gouvernent. Comment entendre sans rire jaune le président Chirac mettre en avant la lutte contre le chômage comme première priorité nationale après 10 ans d’échec absolu en la matière. Et pourquoi ces échecs? Parce que nos hommes d’états, de droite comme de gauche, confondent le médicament et le poison. Un entrepreneur se retrouve seul face à une administration pléthorique, incohérente et sans responsabilités – ce sont les fonctionnaires qui y travaillent qui le disent -. Il doit connaître par cœur les milliers de pages du code du travail. Il est écrasé par les charges. Et que lui proposent les hommes politiques pour l’aider à embaucher : davantage de règles, davantage de contraintes légales, davantage de charges. En tant que libéraux, nous avons une approche diamétralement opposée. Nous nous défions de l’Etat, à qui nous préférerons encore et toujours l’individu libre et responsable. Et au lieu de rajouter encore et toujours de nouveaux règlements, au lieu de rajouter un nouveau type de contrat de travail aux centaines déjà existantes, nous voulons simplifier le code du travail, simplifier les démarches administratives, fusionner les assedic et l’urssaf. Les règlements et les institutions dont nous sommes dotés ont fait la preuve de leur inefficacité : il est plus que temps de nous en émanciper.

« Etat moderne, Etat modeste » avait écrit Michel Crozier. Pourriez-vous en faire votre slogan ?

Pas totalement. Si nous voulons limiter le périmètre d’intervention de l’Etat, c’est d’une part pour protéger la liberté des citoyens, d’autre part parce que l’Etat ne peut pas tout, et c’est enfin pour le recentrer sur ses missions essentielles, celles qu’il remplit atrocement mal aujourd’hui. « Etat modeste », oui, mais pas seulement : « Etat juste » surtout, à sa juste mesure, avec un pouvoir sous contrôle et un périmètre bien défini. Nous voulons un état ambitieux pour donner de nouveaux moyens à la Justice, volontaire face aux problèmes de sécurité, et intraitable en ce qui concerne les droits de l’homme. En revanche, comment ne pas réclamer davantage de modestie à notre état après 30 ans de lutte pour le chômage, après les scandales du sang contaminé et de l’affaire Elf, ainsi que devant l’état effarant de nos banlieues ? Comment ne pas lui demander de reconnaître son incompétence après toutes les réformes de l‘Education Nationale, qui se sont soldées par autant d‘échecs, pour conduire au final à la destruction pure et simple de l’ascenseur social ? En un mot, nous voulons remettre l’état au service des citoyens.

Institutions, Europe, Justice, Lutte contre la corruption, Education,Sécurité sociale, logement… les sujets sur lesquels vous prenez position sont divers et permettent un réel tour d’horizon de votre positionnement. Aussi, l’absence de références à certaines questions de sociétés peuvent surprendre. Quid du mariage homosexuel par exemple ?

Sans respect de la vie privée, il n’est pas de liberté individuelle qui tienne. Personne, pas même un président de la république, ne résiste à l’exposition de son intimité. Aussi, avant de mettre sur la place publique un débat sur l’orientation personnelle de tel ou tel, que nous respectons totalement, nous y réfléchissons à deux fois. Et comment ne pas constater qu’à chaque fois que l’on légifère en faveur de tel ou tel groupe de population, c’est au détriment de la cohérence de la République, le bien commun qui s’impose à tous ? Partant, ceci ne nous empêche absolument pas d’être extrêmement vigilants sur le respect de l’égalité de droit et sur le respect des minorités par la majorité. C’est même une des conviction fondatrice du libéralisme. Notre engagement pour la liberté de chacun de disposer de son existence est sans faille. Ainsi sommes nous favorables à la suppression du mariage républicain. La loi doit définir les conditions d’un contrat de vie commune entre les personnes, pas valider l’amour des personnes entre elles, encore moins sa « conformité ». Nous somm

es libres de vivre avec qui nous voulons, comme nous le voulons, en établissant des contrats de vie commune pour protéger les droits de chacun. Mais l’amour ne regarde tout simplement pas l’administration et le politique. Rendons le mariage à l’Eglise, aux synagogues, aux mosquées, au culte en général. Finissons en avec ce rite ridicule du mariage en mairie. Le respect des choix privés sera au cœur de notre programme : liberté d’expression, liberté de copier les fichiers informatiques dont vous avez acquis la propriété, liberté de vivre votre vie, comme bon vous semble, car votre bonheur vous concerne.

Vous avez annoncé votre candidature à la prochaine élection présidentielle, pourquoi cette décision ?

Pour quelle raison ne participerions-nous pas à cette élection majeure qui rythme la vie politique française ? Nous voulons aller à la rencontre des français, leur expliquer notre projet : non le libéralisme n’est pas l’affaire des riches et des puissants, non le libéralisme, ce n’est pas le renard dans le poulailler. Oui, la France a tous les moyens de surmonter la crise qu’elle traverse, si elle fait confiance en ces citoyens.

Quelle place occupe Internet dans le déploiement d’Alternative Libérale en France ?

Alors que notre parti est crée depuis quelques mois, nous disposons déjà, grâce à Internet, d’une centaine de comités locaux, et nous allons présenter environ 150 candidats aux élections législatives. Pour un parti politique comme le nôtre, Internet est un outil indispensable. Il offre une tribune alternative aux médias traditionnels. Visible par tous, il permet de lier une communauté infiniment plus rapidement que ne le ferait n’importe quel autre moyen de communication. C’est définitivement le support incontournable pour un jeune parti politique.

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


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