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Primaire socialiste : François Hollande et l’opinion publique

fh_portraitAlors que l’université d’été du Parti socialiste bat son plein à La Rochelle, nous vous proposons ici le premier article d’une série consacrée au décryptage des forces et faiblesses des principaux candidats à la primaire socialiste des 9 et 16 octobre prochains. A l’honneur aujourd’hui : François Hollande.

En dépit de toute la prudence qui s’impose à la lecture des enquêtes d’opinion publiées dans la perspective de la primaire socialiste, une évidence s’impose : parmi les sympathisants de gauche et/ou les électeurs manifestant leur intention de participer à ce scrutin, François Hollande fait la course en tête. Crédité de 37% des préférences exprimées chez CSA et 42% chez Harris Interactive, voire 42% d’intentions de vote chez Ipsos, le Député de Corrèze domine sans discontinuer les classements publiés depuis le retrait forcé de Dominique Strauss-Kahn.

L’analyse détaillée des soutiens à François Hollande par grandes catégories de population met quant à elle en évidence plusieurs tendances désormais bien établies d’un institut à l’autre. Celui qui apparaît désormais comme le favori de la primaire PS séduit davantage les hommes que les femmes, capte d’autant plus les préférences des personnes interrogées qu’elles sont âgées de plus de 50 ans et sont issues des CSP+. De plus, la capacité de l’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste à séduire les électeurs potentiels à la primaire s’avère meilleure en province qu’en Ile-de-France. Politiquement, plus de quatre sympathisants socialistes et électeurs de Ségolène Royal au premier tour 2007 sur dix (45% exactement) souhaitent qu’il soit la personnalité désignée.

Malgré son statut de favori (et c’est ce qui surprend le lecteur averti à la lecture de ces quelques données) François Hollande ne parvient toujours pas à franchir le seuil symbolique des 50% auprès de segments pourtant stratégiques. Ce phénomène est symptomatique de la campagne actuelle : aucun des candidats en lice ne semble porté par l’existence d’une dynamique d’opinion, contrairement à Ségolène Royal en 2006. C’est sans doute la principale faiblesse du favori du moment : les écarts mesurés avec Martine Aubry apparaissent nettement insuffisants pour lui assurer une première position d’ici la fin de la campagne. L’issue étant incertaine, le jeu apparaît particulièrement ouvert. Dans ce contexte, les prochaines semaines, les faits et gestes de chaque candidat seront déterminants.

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(L’analyse détaillée par segments de population est basée sur la dernière livraison de l’enquête CSA “La Course 2012″)

Yves-Marie Cann  (63 Posts)

Fondateur et animateur du site. Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil indépendant. Auparavant directeur-adjoint du Pôle Opinion-Corporate de l'Institut CSA, après sept années passées au Département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Les articles publiés ici n'engagent que leur auteur.


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One Response to "Primaire socialiste : François Hollande et l’opinion publique"

  1. [...] entendu, la campagne ne fait que commencer et comme je le rappelais dans un précédent article, le jeu reste très ouvert, ne serait-ce qu’en raison de la perspective d’un second [...]