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Primaire PS : un débat pour quoi faire ?

logo_primairesPremier d’une série de trois rendez-vous télévisés devant précéder le premier tour de la primaire socialiste, le débat organisé jeudi 15 septembre sur France 2 (en partenariat avec Le Monde) aura lieu dans un contexte marqué par le primat des enjeux économiques et sociaux. Les préoccupations des Français concernant l’emploi et le pouvoir d’achat sont en effet renforcées par l’inquiétude et le pessimisme ambiant attisés par la crise des dettes souveraines et l’extrême fébrilité des marchés financiers.

C’est donc un débat principalement consacré à la crise financière et économique qui a été minutieusement préparé. D’une durée annoncée de deux heures environ, il devrait être scindé en 3 parties, respectivement consacrées à la  présentation des candidats (1 minute par candidats), à l’interview de chacun d’eux par des journalistes présents en plateau (10 minutes chacun) puis à échanges entre candidats (50 minutes). On le pressent, l’objectif des organisateurs est clairement de rythmer les deux heures d’antenne pour éviter un débat potentiellement lénifiant et ennuyant, comme avaient pu l’être ceux de la primaire 2006.

A un peu plus de vingt-quatre heures de cet événement, plusieurs questions restent toutefois en suspend. En premier lieu, d’aucuns s’interrogent (avec raison) sur l’intérêt suscité par la primaire socialiste au sein de la population. Bien entendu, nous disposons de premiers indices, plusieurs instituts d’études et de sondages mesurant à intervalles réguliers l’intention des électeurs de participer à la primaire. Par expérience, nous savons que l’intention d’aller voter est fortement corrélée avec l’intérêt pour le scrutin en question. Le débat de jeudi offrira une première occasion de vérifier à grande échelle cet intérêt, l’audience du débat, organisé sur une chaîne généraliste et à une heure de grande écoute, pouvant être un bon indicateur. A cet égard, une audience moyenne se situant entre 4 et 5 millions de téléspectateurs pourrait être considérée comme bonne car reflétant la proportion d’électeurs (aux alentours de 10%) se déclarant actuellement certain d’aller voter à la primaire.

Ce débat recèle en outre deux objectifs stratégiques pour la poursuite de la campagne électorale. A cet effet, je distinguerais un objectif de mobilisation et un objectif de décision. Le premier relève de la capacité des candidats à susciter au sein du corps électoral l’intérêt pour le scrutin et davantage encore un désir de participation qui se concrétisera le 9 octobre par un déplacement jusqu’aux bureaux de vote. Cet objectif, l’ensemble des candidats et l’appareil socialiste y concurrent, c’est un préalable incontournable pour la légitimation du scrutin : une participation élevée sera incontestablement un gage de crédibilité pour la primaire et le candidat qui en sortira vainqueur. A contrario, une participation jugée faible pourrait être une épine dans le pied du candidat désigné.

Le débat de jeudi recèle enfin un enjeu de décision. L’objectif de toute campagne électorale étant d’emporter le suffrage des électeurs, chaque candidat cherche par cette occasion à accroître sa part de voix, soit pour s’assurer de sa qualification pour le second tour, soit pour capter suffisamment de suffrages de façon à apparaître comme un allié incontournable.

Au-delà des traditionnels commentaires qui accompagneront son issue dans les médias, un éventuel impact du débat sur la campagne pourra par conséquent être évalué grâce à deux indicateurs d’opinion : l’intention exprimée d’aller voter à la primaire (évolue-t-elle à la hausse, à la baisse ou reste-t-elle stable ?), les préférences de choix exprimées par les électeurs potentiels (certains candidats bénéficient-ils d’une dynamique d’opinion et, si oui, lesquels?). Autant d’éléments de réponses qui devraient être prochainement portés à notre connaissance.

Yves-Marie Cann  (63 Posts)

Fondateur et animateur du site. Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil indépendant. Auparavant directeur-adjoint du Pôle Opinion-Corporate de l'Institut CSA, après sept années passées au Département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Les articles publiés ici n'engagent que leur auteur.


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