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Petite Chronique d’une Election 19 – Primaires : première.

primairesLes primaires socialistes, que je qualifiais d’OVNI dans une précédente chronique, ont été un vrai succès populaire ; avec près de 2.5 millions de votants on se situe dans la fourchette (très) haute des prévisions en la matière. En outre des problèmes logistiques, notamment liés à la mise à jour des listes électorales, ont empêché certaines personnes de voter, ce qui aurait encore amplifié les chiffres de participation.

Il sera évidemment très intéressant de regarder dans le détail quels ont été les votants : sont-ils des électeurs réguliers du PS ou de simples sympathisants ? Au-delà du PS, de quels horizons viennent-ils ? Quelles ont été leurs motivations pour participer à ce vote et qu’en attendent-ils ?

Mais avant toute chose c’est bien ce niveau de participation qui doit nous interpeller. Pourquoi autant de personnes se sont-elles déplacées par ce jour pluvieux d’octobre ?

Je pense qu’il existe deux facteurs majeurs qui expliquent cette participation massive ; le premier est conjoncturel, le second est plus fondamental.

Ainsi le rejet, quasi viscéral, de Nicolas Sarkozy par une partie de l’électorat a sans doute constitué une motivation importante pour certains votants. Tout autant que le choix du candidat socialiste, participer à ce scrutin et en faire un succès était un moyen de créer une dynamique favorable pour le (la) future(e) adversaire principal de l’actuel locataire de l’Élysée. Un succès des primaires c’était d’une certaine façon un échec pour Sarkozy et donc toujours bon à prendre.

La raison plus profonde de ce succès est à chercher, elle, dans un sentiment de réappropriation du politique. Dans le processus électoral classique pour les présidentielles les candidats qui se présentent au final devant les électeurs sont passés par plusieurs filtres : adoubement par leur parti à la suite d’un processus de sélection plus ou moins ouvert, collecte des signatures, mise en place d’une structure de campagne.. Dès lors, lorsqu’il s’agit de voter le choix est déjà restreint. On peut éventuellement prendre le risque de se faire plaisir au premier tour mais par exemple un sympathisant UMP « devra » voter pour Sarkozy au second tour, de même qu’un militant PS n’aura pas d’autre choix que celui de voter pour le candidat du parti. L’élection présidentielle, de façon paradoxale, n’est plus du tout la rencontre entre un homme et le peuple mais celle d’un choix contraint en fonction des ses orientations partisanes.

Les primaires socialistes – mais ce serait la même chose si demain l’UMP décidait du même processus – en rouvrant le jeu permettent aux électeurs de faire un vrai choix, ouvert, qui est vraiment celui d’une personnalité et de son programme. En outre ce choix est sans risque, puisque quoiqu’il arrive un candidat PS sera bien désigné et qu’un éparpillement des voix sur de « petits » candidats est alors sans conséquence. L’électeur a bien le sentiment en glissant son bulletin dans l’urne d’exercer son pouvoir démocratique.

Dimanche prochain la participation au second tout nous indiquera si cette dynamique se confirme ; si c’est le cas ces primaires seraient bien parties pour être les premières mais pas les dernières.

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


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