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Nicolas Sarkozy : président contesté à droite

affiche-sarkozy-2007Le chiffre est passé inaperçu, éclipsé par celui, impressionnant et pourtant ô combien hypothétique, du score attribué à Nicolas Sarkozy dans l’hypothèse d’un second tour présidentiel l’opposant à François Hollande. Et pourtant : seuls 39% des sympathisants de droite interrogés en début de semaine par l’institut CSA pour BFMTV, RMC et 20 Minutes déclarent souhaiter que le chef de l’Etat représente leur camp en 2012.

Placé en concurrence avec d’autres personnalités de premier plan (François Fillon, Alain Juppé et Jean-François Copé), celui qui apparaissait comme le leader incontesté de la droite il y a cinq ans pâtit d’une désaffection certaine. Seule consolation à la lecture des résultats, l’opposition au chef de l’Etat ne semble pas, à date, suffisamment structurée pour permettre l’émergence d’une candidature concurrente. Son Premier ministre recueille 27% des préférences exprimées, son Ministre des Affaires étrangères 25%, le Secrétaire général de l’UMP obtenant un score marginal (5%).

La lecture détaillée des résultats permet d’analyser avec davantage de précision les faiblesses potentielles d’une candidature Sarkozy en 2012.

Les jeunes sympathisants de droite et ceux d’âge intermédiaire manifestent, pour une nette majorité d’entre eux, leurs doutes à propos du chef de l’Etat. Contre toute attente, seuls 23% des sympathisants de droite âgés de moins de 30 ans portent leur choix sur Nicolas Sarkozy, près de trois sur dix lui préférant son Premier ministre (29%) et plus d’un quart le Maire de Bordeaux (26%). C’est aussi auprès de ce segment d’âge que Jean-François Copé réalise son meilleur score (11%). Les interviewés d’âge intermédiaire apparaissent un peu plus favorables au président de la République (33%) mais il ne parvient pas à distancer François Fillon (36%). Seuls les plus de 50 ans placent en tête de leurs préférences Nicolas Sarkozy (44%). Toutefois, une majorité d’entre eux opte pour une autre personnalité.

Au-delà des chiffres observés sur le spectre générationnel, signalons que les catégories populaires tendent elles aussi à préférer au chef de l’Etat son Premier ministre. 38% des employés et des ouvriers se situant politiquement à droite choisissent François Fillon, 26% Sarkozy, 19% Juppé et 10% Copé. Nicolas Sarkozy peut toutefois compter sur le soutien d’une majorité relative de CSP+ (41%), lesquelles ne sont toutefois pas insensibles aux charmes de Alain Juppé (29%).

Plus inquiétant pour Nicolas Sarkozy : les résultats enregistrés au sein de sa famille politique, l’UMP, et parmi ses électeurs au premier tour de la présidentielle 2007. Seuls 44% des premiers et 47% des seconds déclarent souhaiter sa candidature, le président de la République profitant cependant de l’absence de consensus en faveur d’une autre personnalité. Alain Juppé et François Fillon se partagent des parts de voix égales : un quart à l’UMP, 23% chez les électeurs Sarkozy du 22 avril 2007. Jean-François Copé recueille des scores marginaux (4%).

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Que retenir de ces résultats ? De toute évidence, c’est un président contesté dans son propre camp qui s’apprête à terminer son premier mandat à l’Elysée. Mais les enquêtes d’opinion récentes apportent d’importantes limites à cet enseignement. Le chef de l’Etat  conserve la confiance d’une très nette majorité de sympathisants de droite pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays (77% selon  l’Observatoire politique CSA / Les Echos, Octobre 2011). De plus, les données de l’institut CSA évoquées plus haut démontrent qu’aucun consensus n’émerge aujourd’hui en faveur d’un candidat de secours à droite.

Des doutes existent quant à la capacité de Nicolas Sarkozy à remporter une nouvelle fois l’élection présidentielle. Il n’empêche : un succès important sur le front économique et financier, notamment lors du sommet européen de ce weekend, pourrait suffire à lever de nombreuses craintes à droite. Pour Nicolas Sarkozy, tout est encore possible…

Yves-Marie Cann  (63 Posts)

Fondateur et animateur du site. Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'études et de conseil indépendant. Auparavant directeur-adjoint du Pôle Opinion-Corporate de l'Institut CSA, après sept années passées au Département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop. Les articles publiés ici n'engagent que leur auteur.


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