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Petite Chronique d’une Election 23 – Triple Aïe

En ces temps de crise, les marchés, force invisible mais ô combien puissante, font et défont les gouvernements en Europe que ce soit directement ou indirectement. En Grèce et en Italie c’est bien sous la pression frontale et peu amicale des forces économiques que Slivio Berlusconi et Georgios Papandréou ont quitté le pouvoir, tandis qu’en Espagne les citoyens ont massivement rejeté dans les urnes un gouvernement qui avait renoncé à sa politique initiale pour leur administrer une sévère cure d’austérité.

En France nous n’en sommes pas (encore) là mais la campagne semble se dérouler sous l’œil vigilant et autoritaire des mêmes marchés. Ainsi le gouvernement et bien sûr Nicolas Sarkozy semblent désormais vivre dans la crainte permanente d’une dégradation de la note de crédit du pays, qui serait synonyme de difficultés accrues pour se financer sur les marchés et signerait l’échec de la politique actuelle du locataire de l’Élysée. Dès lors perdre le triple A serait une garantie  de défaite lors de l’élection présidentielle… Il faut donc tout faire pour sauvegarder la précieuse note, ce qui veut dire administrer la potion amère de l’austérité, tout en évitant d’aggraver une situation économique chancelante et donc désespérer un peu plus les futurs électeurs. L’équation est complexe et doit donner des migraines aux conseillers du Président. Aïe.

Dans le camp d’en face chez François Hollande, le problème est un peu similaire : il faut proposer un projet qui incarne une forme de changement, de rupture, tout en donnant des gages de sérieux sur la rigueur budgétaire, chiffres et diagrammes à l’appui. En effet le moindre soupçon d’hétérodoxie économique permet, en ces rudes temps économiques, de dresser un procès en incompétence et en désinvolture au candidat du PS. La polémique sur les 60 000 postes d’enseignants que François Hollande souhaiterait créer une fois au pouvoir en est une illustration exemplaire. Ici c’est rue de Solférino que les aspirines sont de sortie. Aïe.

Dans ce contexte les citoyens se demandent si leur vote a encore un sens puisqu’on leur explique que la politique qui devra être menée au lendemain de l’élection présidentielle ne sera pas vraiment décidée à Paris mais à Bruxelles, au FMI ou dans d’obscures salles de marchés. Pour paraphraser l’acronyme thatchérien TINA (« There Is No Alternative »), il faudra alors mener la politique de PAPA (« Pas d’Alternative Possible Actuellement »). Faire un choix dans ces conditions peut paraître vain ou un peu déprimant ; ici ce sont les français qui auront mal à la tête. Aïe.

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


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