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Petite Chronique d’Une Election 27 – Promesse Stress

Proposition, engagement, contrat, mesures… finalement quelle que soit la terminologie retenue, une campagne électorale, et singulièrement celle d’une élection présidentielle, est celle du temps des promesses. Comme le triple lutz en patinage ou la ligne droite en course automobile, il s’agit d’une figure obligée à laquelle nul candidat ne peut se soustraire.

Le problème c’est qu’il faut que la promesse soit à la fois crédible et en même temps ambitieuse, qu’elle s’adresse à tous et fasse plaisir à chacun, qu’elle soit réalisable et visionnaire à la fois ; il faut aussi qu’on puisse les retenir mais qu’elles soient suffisamment nombreuses pour constituer un programme, qu’elles soient fortes mais sans être choc. La figure obligée est donc une figure impossible, d’où le stress du candidat et de son équipe au moment de finaliser la liste des fameuses promesses.

La façon la plus classique de résoudre cette équation complexe est de promettre surtout ce que l’électeur a envie – ou ce que le candidat croie qu’il a envie – d’entendre, parfois sans grande cohérence ou logique. « Un travail pour tous », « une école rénovée », « un chômage aux oubliettes »… L’effort est alors minimal mais sans risque, espère-t-on.

De son côté l’électeur n’est pas totalement dupe de l’exercice et sait bien qu’on lui murmure surtout ce qu’il est censé vouloir ; c’est une des conséquences de l’exercice démocratique surtout dans un contexte de médiatisation surabondante. En outre, échaudé par l’écart sans cesse croissant entre les discours et les réalisations, l’électeur accorde une valeur, qui est elle en forte baisse, aux dites promesses.  Et comme si cela ne suffisait pas la crise profonde que nous traversons rend toute appréciation de l’avenir encore plus incertaine, risquée, improbable.

Tout cela ressemble donc de plus en plus à un casse tête insoluble ou encore à un grand jeu rhétorique ou l’esthétique du discours prime sur son contenu. La promesse agit alors comme un calmant de l’instant, dont on sait que les effets ne dureront que quelques heures, le temps d’une berceuse.

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


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