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Petite Chronique d’Une Election 30 – « Double Face »

La campagne du président candidat (ou inversement) a pris une étrange tournure ; en quelques jours, entre une vraie fausse fuite sur la possibilité d’un  avenir qui ne serait pas à l’Elysée (« Franchement non, je ne continuerai plus la politique, je changerai de vie complètement. Vous n’entendrez plus parler de moi! ») et le show télévisé à une heure de grande écoute sur toutes les chaînes comme aux beaux jours de l’ORTF pour annoncer toute une série de mesures (TVA sociale,  logement,  taxe Tobin, etc.), l’électeur ne sait s’il a affaire à un Nicolas Sarkozy téméraire, dépressif, désabusé ou bien batailleur.

Ce qu’il en ressort néanmoins c’est un contraste étonnant avec la campagne de 2007 ; Nicolas Sarkozy qui n’était alors QUE candidat avait exécuté une campagne où tout semblait maîtrisé, ordonné, préparé. Il était pleinement et uniquement candidat et menait son plan avec une grande maîtrise et une grande minutie. L’image du général conduisant ses troupes à la victoire, bien que galvaudée, était ici assez juste.

Par contraste en 2012 sa campagne semble hésiter en permanence dans le choix des thèmes, des postures et des discours, et le tempo des débats n’est en rien dicté par lui. D’ailleurs les désaccords qui semblent exister au sein de son équipe sur le bon timing pour l’annonce de sa candidature illustrent bien cette situation indécise et un peu étrange où les événements sont subis et non maîtrisés.

Tout se passe comme si le président candidat voulait cultiver les deux statuts – président ET candidat – simultanément, la face Président pour se poser en rassembleur et affirmer sa stature, la face candidat pour ne pas assumer un bilan et s’exposer aux critiques. Mais ici le risque est de ne plus être perçu comme le Président en exercice et pas encore comme le candidat, de se retrouver dans un no man’s land électoral, et donc de voir son image se dissoudre lentement dans un flou qui conduirait à la défaite.

A moins de trois mois du premier tour cette stratégie apparaît comme un pari risqué, une forme de coup de poker ou de quitte ou double.

« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » disait Mallarmé, la question dès lors est de savoir à quelles lois obéissent les élections.

(Crédit photo : Présidence de la République – P. Segrette)

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


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