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En direct de la Grande-Motte : militer à l’UDF en 2006

Université d'été de l'UDFAlors que s’achève l’université d'été des jeunes de l’UDF à La Grande-Motte, et avant d’en tirer ici très prochainement les conclusions politiques à l’aune de la candidature de François Bayrou, l'envoyé spécial d'Election-présidentielle.fr, Julien Charnay, a rencontré Sylvain Tarreau, nouveau militant parti à la découverte de la formation centriste.

Qu’est-ce qui vous a poussé à adhérer à l’UDF ?

S.T : La première raison, c’est mon intérêt pour la politique, qui remonte à l’adolescence. Je me reconnais depuis longtemps dans les valeurs de l’UDF, ancré de longue date dans la mouvance chrétienne-démocrate qui place l’être humain au cœur de sa vision de la société. Je suis également très attaché à la dimension européenne du parti centriste : j’ai travaillé pour l’équipe de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union Européenne en 2005, et d’une façon générale, j’aime voyager, m’ouvrir à l’extérieur. En France, l’UDF est le seul parti à parler vraiment de l’Europe.

Le choc du « non » au référendum français a dû vous marquer profondément, d’autant que vous étiez en première ligne…

S.T : Le soir du 29 mai, j’étais aux côtés de mes collègues de la présidence luxembourgoise pour assister à ce choc. Nous étions tous très peinés, et j’ai pour ma part éprouvé un sentiment de honte. Ce jour-là, j’avais le sentiment que mon pays n’avait pas été à la hauteur. Après ce tournant européen, j’ai souhaité me rendre utile. J’étais sympathisant UDF de longe date et j’ai rejoint le parti fin mai 2006, soit un an après le référendum.

La perspective de la présidentielle a-t-elle été le facteur principal de votre adhésion ?

S.T : Pas seulement. Le but premier pour moi, c’est de promouvoir l’idée d’une union politique en Europe. Je suis un grand admirateur de la méthode communautaire de Jean Monnet. Dans ce cadre, il est évident que la France doit reprendre la main et que l’élection qui se profile va décider de la reprise ou non de la dynamique européenne. Comme l’a expliqué ici même Michel Barnier, il faut président européen pour la France en 2007. Sinon, l’union politique du Vieux Continent sera très compromise.

Et dans ce cadre, souhaitez-vous voir Bayrou défendre ce thème dans sa campagne ? Ce sera pourtant difficile dans ce contexte politique et médiatique…

S.T : François Bayrou est à mon sens le candidat le mieux à même de parler de l’Europe. Il est entouré de députés européens qui comptent parmi les meilleurs spécialistes des affaires de l’Union. Il est vrai que l’Europe reste un sujet peu porteur dans une élection comme la présidentielle, mais j’aimerais malgré tout que les autres candidats en parlent. Le risque est que cette question européenne soit vraiment éludée. Dans ce cadre, il faudrait par exemple que François Bayrou insiste sur la dimension européenne de chacun des thèmes sur lesquels il aura à se prononcer durant la campagne. Il aura je pense le courage de venir sur ce terrain de l’Europe, en employant des mots simples pour rendre ce projet accessible à tous.

C’est votre première université d’été de l’UDF. Quel est votre sentiments sur ces journées ?

S.T : C’est très sympathique. Mais je suis un peu surpris de ne trouver que peu de militants récents. Je m’attendais à en voir plus, avec de nombreux nouveaux comme ce peut être le cas au P.S aujourd’hui. Après le départ de nombreux cadres en 2002, l’UDF aurait peut-être pu lancer une grande campagne d’adhésion comme l’a fait le parti de François Hollande… En tout cas, les gens que j’ai rencontré ici sont très ouverts. C’est vraiment la marque de fabrique de ce mouvement, qui est notamment très en phase avec les valeurs de la nouvelle génération internet. J’ai trouvé ici peu de gens égocentriques, versés dans la politique politicienne.

François Bayrou vient de prononcer son discours de rentrée ici à la Grande-Motte. Votre sentiment ?

S.T : Son discours était très clair. Il a donné l’image d’un candidat honnête, et qui prend des positions courageuses comme il vient de le faire en posant la question du lien entre les médias de masse et certains intérêts financiers. S’il parvient à faire entendre sa partition dans le grand concert médiatique, il est capable de convaincre beaucoup de français.

Propos recueillis par Julien Charnay.

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