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Débats présidentiels : la question de l’entrée de la Turquie pour Philippe de Villiers (I)

La question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne constituera un aspect du débat de la campagne présidentielle en 2007. Début d’une série d’analyses sur le positionnement de chaque candidat (déclaré ou non) sur la question turque.

Premier candidat, Philippe de Villiers (MPF) est connu pour son combat politique relatif à la construction européenne et plus particulièrement à la place de la Turquie dans l’Union. Cette question constituera un pilier de la campagne qu’entend mener Philippe de Villiers. Une campagne calquée, autant sur le fond que sur la forme, sur celle du Front National de Jean-Marie Le Pen.

 

Chez Philippe de Villiers, évoquer la Turquie revient irrémédiablement à redéfinir le projet européen dans sa totalité. En effet, depuis les élections européennes du 13 juin 2004, le président du MPF a positionné sa vision politique sur une « Europe des patries plutôt que l’Europe avec la Turquie » (Le Monde du 8 septembre 2006). Cette Europe des patries va paradoxalement à l’encontre d’une « Europe européenne », notion sans définition, que le président du MPF utilise également pour l’opposer à une Turquie qui n’aurait donc ni l’histoire, ni la culture, encore moins une géographie compatible avec l’Europe.

La Turquie est à ses yeux une sorte de « cheval de Troie » de l’Islam, bien que la Turquie est une république laïque depuis sa création en 1923. Sachant que sa population est à 99% musulmane, le président du MPF prophétise, en cas de son adhésion, une déferlante d’immigrants qui dénaturerait la notion d’Europe européenne. En réalité, le président du MPF ne conçoit pas autrement l’Europe que par ses racines chrétiennes et occidentales, valeurs identifiables entre les « patries » constituant l’Europe de Philippe de Villiers.

Se réclamant d’avoir été le premier homme politique à avoir lancé le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe, Philippe de Villiers oppose l’opinion populaire aux technocrates de Bruxelles et ceux entourant l’actuel chef de l’Etat, ce dernier étant favorable à titre personnel à l’adhésion turque.

Refusant le fait de négociations relatives à l’examen de la candidature turque, négociations décidées par les Vingt-Cinq à Bruxelles, le 3 octobre 2005, Philippe de Villiers s’appuie sur les sondages nationaux indiquant un refus majoritaire des Français à l’égard de l’adhésion turque. Et contrairement aux autres présidentiables opposés à l’adhésion turque, Philippe de Villiers ne propose pas en contrepartie de partenariat privilégié entre l’Union européenne et la Turquie.

Considérant le processus de négociations est irréversible, Philippe de Villiers envisage également un geste politique majeur : le prochain Président de la République devra réclamer que « la France quitte l’Europe » (AFP, 3 octobre 2005), si la Turquie vient à adhérer à l’Union européenne. Et parmi les 100 mesures du programme présidentiel de Philippe de Villiers, la 92ème mesure prône de « créer un électrochoc », soit « interrompre immédiatement les négociations d’adhésion avec la Turquie en rappelant le représentant de la France à Bruxelles ».

L’instrumentalisation du débat turc par Philippe de Villiers avait porté ses fruits lors du rejet du Traité Constitutionnel Européen, le 29 mai 2005. Depuis cette victoire électorale qu’il voit comme un tremplin pour son avenir personnel, le président du MPF veut réitérer l’opération en vue de l’élection présidentielle en 2007.

Et si le débat turc fera l’objet d’un projet politique de la part de l’UMP et du FN, Philippe de Villiers sait pertinemment que le repoussoir turc lui permettra d’engranger des voix précieuses pour son mouvement, ainsi que pour justifier durablement sa place dans la vie politique française.

 

 

OLG.

 

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Catégories: Analyses

4 Responses to "Débats présidentiels : la question de l’entrée de la Turquie pour Philippe de Villiers (I)"

  1. europe libre dit :

    Quand Sarkozy appelle les immams à faire une fatwa contre les emeutes, n’ayant plus le pouvoir de régler les choses, on peut dire que l’islam a plus d’influence dans certains quartiers que la police. Il y a donc islamisation. Nous ne sommes pas (encore) islamisés mais en voie de l’etre.

  2. DEHAUDT dit :

    L’Islam est le péril de la France, vous n’avez rien compris je crois !

    Nous allons être envahie par cette religion qui plus et, est dangereuse ! Voir les extremistes dans divers pays..

    Le 11 septembre 2001 aux USA ne serait pas arrivé sans l’Islam !

  3. ZeBob dit :

    Quand je lis « mettre fin à l’islamisation » sur son site web, j’appelle ça du racisme. Quelle raison, en dehors du racisme, est assez valable pour limiter/empêcher l’exercice d’une religion en France ?

  4. DEHAUDT dit :

    Philippe de Villiers et Le Pen, rien à voir !

    L’un est xénophobe et raciste et l’autre souverainiste.

    Philippe de Villiers n’est pas xénophone, ce n’est pas un « Le Pen light », il a quand même fait partie d’un gouvernement de droite il y a plusieurs années et à toujours soutenu le candidat restant pour la droite modérée, ce qui n’est pas le cas de JM Le Pen qui joue le jeu de la gauche !!!