Articles

élection présidentielle 2017 » News » « Politiques people »

« Politiques people »

« Politiques people ». Le terme est sans doute mal choisi, mais traduit un phénomène de plus en plus prégnant dans le débat public d’aujourd’hui : l’immixtion régulière des stars dans la vie politique et son pendant, la présence des Hommes politiques sur les plateaux d’émissions « people ».

Quelques exemples :

- en octobre 2004, sur France 2, dans l’émission « Vivement dimanche », Michel Drucker reçoit successivement Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Le 5 décembre, c’est Nicolas Sarkozy qui est l’invité du présentateur fétiche des Français. Le 23 janvier 2005, c’est au tour du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de se prêter au jeu et le 3 avril à celui du ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier. Le dimanche 19 juin 2005, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, lui emboîte le pas.
- le 6 février 2005, sur France 3, Nicolas Sarkozy est l’invité de Marc-Olivier Fogiel dans l’émission de télévision ONPP (« On ne peut pas plaire à tout le monde »). Le suivront Henri Emmanuelli le 6 mars 2005, Ségolène Royal le 20 mars, Jack Lang le 5 juin, Jean-Luc Mélenchon le 19 juin, Arnaud Montebourg le 25 septembre, Michèle Alliot-Marie le 23 octobre, Noël Mamère le 12 février 2006 et plus récemment, à nouveau Jack Lang, le 12 mars dernier.
- le 14 janvier 2006, à 19h25, la dépêche tombe : « Le footballeur international Lilian Thuram a fustigé à nouveau les propos [ndlr : nettoyer les banlieues au Kärcher] du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy pendant la crise des banlieues, et estimé qu’il était en partie responsable de la propagation des violences entre octobre et novembre. « M. Sarkozy (…) a voulu faire la preuve de sa rigidité. Avec ses paroles méprisantes, humiliantes, il a mis le feu aux poudres et les émeutes se sont propagées », a déclaré le défenseur des Bleus dans le JDD. » (Reuters)
- le 24 janvier 2006, l’AFP (Agence France presse), AP (Associated press) et Reuters annoncent la candidature de Dieudonné pour la présidentielle de 2007 : « l’humoriste a confirmé hier sa décision d’être candidat à l’élection présidentielle de 2007. Il s’agit d’une « candidature de combat contre le néolibéralisme et le néo conservatisme », a-t-il déclaré lors de ses vœux à la presse. Renvoyant dos à dos Nicolas Sarkozy et François Hollande, Dieudonné a proposé d’édifier une « République nouvelle » qui donne toute sa place au triptyque « liberté, égalité, fraternité ». Il se dit « plutôt optimiste » quant à la collecte des 500 signatures. » On arrêtera là car la liste est longue. La question qui se pose alors est la suivante : doit-on s’inquiéter de ce phénomène ? Peut-être pas : certains dirons que si les jeunes ne se sentent pas concernés par l’actualité politique, le fait de voir leurs idoles s’y intéresser pourrait les faire changer d’avis…
Cette vision idyllique ne doit pourtant pas masquer l’autre versant de cette « people-isation ». Si l’on comprend que des célébrités usent de leur notoriété pour défendre leurs causes, il apparaît plus pernicieux de voir des responsables politiques passer dans les émissions « people ». On connaît certes l’importance de la communication politique et l’intérêt poussé que portent nos dirigeants à l’audimat pour véhiculer leurs idées. Mais cette stratégie les poussent davantage à parler de leur vie privée qu’à apporter leurs idées et leurs propositions à un débat démocratique qui en a bien besoin. Dommage.
Julian Breuil  (34 Posts)


Catégories: News

Comments are closed.