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Désirs d’avenir : apports et limites d’une campagne participative

Une rencontre de quelques heures après plus d’une année de dialogue en ligne : tel était le principe de la réunion organisée samedi 3 février par l’équipe du site Désirs d’avenir, bateau amiral de la campagne de Ségolène Royal, et dont la presse écrite s’est faite l’écho ce lundi (cf. Le Figaro et Libération).

Le débat en ligne engagé par la candidate socialiste et son équipe au début de l’année 2006 constituera sans aucun doute l’une des principales originalités de cette campagne présidentielle. Il peut également se prévaloir d’un succès certain puisque le site reçoit quotidiennement, selon ses responsables, environ 25 000 visiteurs et aurait enregistré plus de 135 000 contribution.

Je ne m’éterniserai pas ici sur le premier intérêt stratégique du dispositf mais rappelons néanmoins qu’il aura permis à Ségolène Royal de se constituer en dehors du Parti Socialiste un réseau de soutiens dont l’apport n’aura sans doute pas été négligeable lors de la primaire de novembre 2006. La mise en scène « désordonnée » de samedi au siège de campagne de la candidate (ne nous leurrons pas : les preneurs d’image étaient nombreux) offre surtout l’opportunioté de s’interroger, à quelques jours de la présentation de son programme, sur les apports et les limites de la méthode participative défendue par la candidate socialiste.

Désirs d'avenir - 3 février 2007

L’ouverture du débat politique ou en tout cas l’opportunité offerte à de nouveaux publics d’y participer apparaît sans doute comme l’aspect le plus positif de cette démarche. Elle rompt en tout cas avec les pratiques encore mises en oeuvre dans les formations politique où seul l’adhérant – dans le meilleur des cas – participe à l’élaboration du programme.

Cette ouverture a pourtant ses limites et c’est tout le mérite de la rencontre organisée au siège de campagne de Ségolène Royal de les avoir – involontairement – mises en lumière. En effet, et ceci n’a pas échappé à d’autres observateurs, parmi les 20 à 30 contributeurs de Désirs d’Avenir invités samedi en fin d’après-midi force est de constater que l’Education Nationale et le secteur associatif apparaissaient nettement sur-représentés. Et l’on finit alors par se demander si l’expérience participative n’aboutit pas à reproduire les travers de la politique « pré-participative » : davantage d’acteurs et de participants n’engendre pas forcément davantage de diversité.

Désirs d'avenir - 3 février 2007

Ceci n’est pas sans risques car à trop vouloir « coller » aux attentes exprimées par les contributeurs de Désirs d’Avenir, le programme de Ségolène Royal pourrait tout à fait satisfaire ses soutiens en ligne sans répondre efficacement aux demandes d’autres segments de son électorat qui, démocratie participative online ou pas, ne se sont pas davantage engagés dans le débat politique. C’est à cet exercice délicat que se prépare Ségolène Royal pour le 11 février.

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: Elections (France)

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