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Les trois inconnues du scrutin socialiste

A quelques heures de la clôture du vote des militants visant à départager les trois « candidats à la candidature » du Parti Socialiste , l’incertitude quant à l’issue de ce premier tour de scrutin s’avère pour le moins élevée. Pas moins de trois inconnues expliquent cet état de fait.

La première s’explique par l’arrivée massive de nouveaux militants suite à la campagne d’adhésion menée par le Parti Socialiste au premier semestre 2006. En l’espace de quelques mois, les effectifs militants socialistes ont en effet progressé de près de 70.000 personnes. Seuls celles ayant adhéré avant le 1er juin ont le droit de voter aujourd’hui. Au total, le corps électoral appelé à désigner le candidat socialiste sélève à 218.771 personnes (selon les chiffres communiqués à la presse par le Parti Socialiste).

C’est donc près d’un tiers des militants appelés à se prononcer aujourd’hui qui ont rejoint le Parti Socialiste cette année. Selon une enquête interne menée auprès de ces nouveaux adhérents, ces derniers offriraient un profil nettement plus jeune et feminin que les « anciens », leur décision de rejoindre le Parti Socialiste étant clairement motivée par la possibilité de participer à la désignation du candidat devant porter les couleurs socialistes lors de l’élection présidentielle. En revanche, cette enquête n’apporte aucune information sur leurs préférences pour telle ou telle personnalité ou bien leur proximité avec un des courants issus du congrès de novembre 2005. Dès lors, disons-le clairement, personne ne connaît aujourd’hui le rapport de force au sein des militants socialistes.

Les résultats du scrutin de ce jour seront donc scrutés avec la plus grande attention. Seront-ils un décalque de ceux observés en 2005 lors de la préparation du congrès du Mans vont-ils modifier en profondeur l’équilibre précaire et les alliances hétéroclites dont il avait accouché ? A cet égard, le score de Laurent Fabius sera particulièrement surveillé : sa motion avait alors obtenu 21% des suffrages.

La deuxième inconnue tient à l’impact éventuel des enquêtes menées tout au long de la campagne interne auprès des sympathisants socialistes, lesquelles ont attribué jusqu’au dernier moment le statut de favorite à Ségolène Royal face à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. En d’autres termes, le désir de victoire des adhérents socialistes pour 2007 se traduira-t-il par le choix de celle présentée – à tort ou à raison – comme la mieux à même de porter la contradiction au président de l’UMP et Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.

Enfin, quel sera l’effet de la vidéo pirate diffusée ces derniers jours sur Internet et à laquelle le quotidien Le Monde, via son site Internet puis son édition papier, a offert un écho national rapidement relayé par tous les médias ? Les enseignants occupant une place de choix parmi les effectifs militants du Parti Socialiste, ces derniers pourraient en tenir rigueur à Ségolène Royal. En outre, la diffusion de ce document – imputée par certains à un proche de Dominique Strauss-Kahn – a-t-elle entamé la crédbilité de Ségolène Royal auprès du corps électoral socialiste ?

Il n’est pas certains que les résultats du vote, dont les premières tendances seront connues en fin de soirée, apportent une réponses claire à ces interrogations.

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: Analyses

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