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A savoir : Symbolique républicaine

Président de la République, clé de voûte des institutions, monarque républicain… La fonction présidentielle ne manque pas de dénominations ! Diversité qualificative sans doute liée au prestige de la responsabilité qui s’y attache et au rôle prépondérant qu’elle occupe dans notre système politique. Mais le poste de chef d’Etat s’accompagne aussi de nombreux symboles faisant référence à l’histoire politique française. Tour d’horizon des symboles de l’Etat français, parfois objets de toutes les polémiques.

LE DRAPEAU TRICOLORE
En 1789, la cocarde bleue et rouge (couleurs du blason de Paris) est portée par la milice de la capitale lors de la prise de la Bastille (14 juillet). La Garde nationale portera quelques jours plus tard une cocarde tricolore (le blanc royal ayant été ajouté). Finalement, le drapeau tricolore devient emblème national par une loi du 27 pluviôse an II (15 février 1794). Après une remise à l’honneur du drapeau blanc sous la Restauration, Louis Philippe impose à nouveau le drapeau « bleu-blanc-rouge ». Le drapeau tricolore sera maintenu sous la Révolution de 1848 et c’est en 1880 qu’on l’adopte définitivement. Il sera même consacré par les Constitutions de 1946 et 1958. Il accompagne le drapeau européen à chaque allocution télévisée du président, en direct de l’Elysée.

LE COQ GAULOIS
« Nos ancêtres les Gaulois… » n’est pas une vaine expression ! « Gallus » signifie en latin à la fois coq et gaulois ! D’où la Gaule, les Gaulois, les gallinacés… A l’époque, le coq est frappé sur les monnaies. Le symbole disparaît et réapparaît outre Rhin. Au XIVe siècle, les Allemands nous désignent ainsi et le coq accompagnent fréquemment les représentations du Roi de France au XVIe. Mais l’empereur Napoléon ne peut souffrir d’être représenté par un animal de basse coure ! Le coq gaulois est mis à nouveau au placard… Il ne sera remis au goût du jour que sous la IIIe République. On orne alors la grille du parc du Palais de l’Elysée d’un fier coq et l’on frappe une pièce d’or à « l’effigie » de l’animal qui chante l’aube. Aujourd’hui, le coq apparaît toujours sur le sceau de l’Etat et représente la France lors des compétitions sportives internationales.

LA MARIANNE
La Marianne a supplanté le coq gaulois. Figure allégorique de la liberté et de la République, Marianne est coiffée du bonnet phrygien, porté par les esclaves affranchis dans la Rome et la Grèce antiques. C’est à partir du début de la IIIe République que des bustes trônent dans les mairies des 36000 communes françaises… Quelques célébrités ayant servi de modèle : Brigitte Bardot (1977), Mireille Mathieu (1978), Catherine Deneuve (1985), Inès de la Fressange (1989), Laëtitia Casta (2000), ou encore Evelyne Thomas (2003).

LA DEVISE
Liberté, égalité, fraternité. Une devise inspirée du Siècle des Lumières et initiée par Robespierre lui-même qui souhaite inscrire ces mots sur les uniformes des soldats et les drapeaux. Refus. La devise adoptée est alors « unité, indivisibilité de la République ; liberté, égalité ou la mort. » Peinte sur les murs des maisons en 1793 par les Parisiens, elle tombera finalement en désuétude mais sera reprise sans le mot « mort » (trop asscocié à la Terreur) en 1848. C’est sous la IIIe République qu’elle est définitivement adoptée. Aujourd’hui, elle est notamment inscrite sous le logo-type des documents officiels de l’Administration ou sur le fronton des édifices publics. Consacrée par les Constitutions de 1946 et 1958, on la retrouve aussi sur les timbres-poste ainsi que sur les pièces de monnaie.

LE SCEAU
Marque distinctive et signe d’autorité, le sceau est détenu au Moyen-Âge et sous l’Ancien Régime par les différents pouvoirs civils ou religieux et par le roi lui-même. Aujourd’hui l’usage du sceau n’est réservé qu’à des occasions solennelles comme la signature de la Constitution et éventuellement ses modifications. Le sceau actuel de la République est celui de la IIe République, frappé en 1848. (source : www.elysee.fr)

L’HYMNE NATIONAL
La Marseillaise : Rouget de Lisle, 1792. Chanté plus ou moins justement avec ou sans conviction par nos responsables politiques ou les sportifs de haut niveau lors des rencontres internationales, l’hymne français a un rythme soutenu et des paroles guerrières… voire sanguinaires. Pour les paroles, c’est ici !

LA FÊTE NATIONALE
Depuis une loi du 6 juillet 1880 (proposée par Benjamin Raspail, député de la Seine), les Français célèbrent chaque année leur fête nationale le 14 juillet. Mais contrairement à l’idée reçue selon laquelle nous commémorerions la prise de la Bastille (14 juillet 1789), nous célébrons en réalité la fête de la Fédération (14 juillet 1790) organisée par l’Assemblée constituante pour commémorer le premier anniversaire de la prise de la prison parisienne…

Julian Breuil  (34 Posts)


Catégories: Histoire

3 Responses to "A savoir : Symbolique républicaine"

  1. denis dit :

    La droite commence à montrer son vrai visage. D’ailleurs aujourd’hui même, à l’occasion de la journée du sommeil (un événement pourtant, a priori, bien anodin), Le Pen, Mégret et De Villiers signent leur première déclaration commune.

    Tous les détails sur le blog http://www.thedino.org

  2. Jean-Claude dit :

    Je trouve domage que le même parti politique présente plusieurs quandidats, car cela montre une mésentente au sein du parti et les Français ne savent pas pour qui voter vu que dans ce même parti il ne sont pas daccord.Sinon il présenterait qu’un seul quandidat.
    Je pense que tout cela est fait pour fausser les résultats.

  3. Je pense qu’il est très bon que le Président de la République détienne ces pouvoirs… En cela, la Constitution de la Vè République, qui sépare la fonction présidentielle de la fonction gouvernementale, est une excellente Constitution ! Il est bon que le Chef de l’Etat soit et reste la clef de voûte de nos Institutions dont il est le gardien… En tant qu’Arbitre Suprême de la Nation, il ne peut pas -et ne doit pas- être destiné à inaugurer uniquement les chrysantèmes ou à exercer son droit de grâce !

    Cependant, bien des dispositions entâchent notre Constitution qui a été remaniée à tort :
    - l’adoption du Quinquennat présidentiel, qui, tout en donnant au Président de la République, un pouvoir « artificiellement » fort, le prive de ce pouvoir d’Arbitre de la Nation, puisqu’il se retrouve complètement en phase avec l’action gouvernementale ;
    - le système des parrainages, dont la modification est intervenue par loi organique, est dangereux, puisqu’il oblige les parrains à se dévoiler au grand jour, ce qui est anti-démocratique…

    Par ailleurs, il conviendrait de supprimer d’urgence l’Article 49-3, qui permet de légiférer sur ordonnance : cet article est anti-démocratique !