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Bipolarisation excessive à la télévision : la polémique enfle

La récente publication par le CSA des temps de parole et d'antenne des candidats à l'élection présidentielle sur les chaînes hertziennes, document dont nous avons rendu compte il y a quelques jours, suscite un certain émoi chez les candidats. Ces données accréditent en effet de façon objective les récentes critiques accusant les principaux médias de favoriser Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en occultant les autres candidatures. Surtout, une récente interview de Robert Namias, Directeur de l'information de TF1, pourrait avoir mis le feu aux poudres.

Aujourd'hui encore, François Bayrou a délivré lors de ses voeux une violente charge à l'encontre des "grandes puissances médiatiques", au premier rang desquelles figure TF1. Il faut dire que l'interview du Directeur de l'information de TF1 publiée le 7 janvier dans les colonnes du Journal du Dimanche ne pouvait qu'envenimer les relations déjà mauvaises qu'entretient sa chaîne avec le candidat centriste. Monsieur Namias y qualifie notamment le candidat à l'élection présidentielle de "démagogique". Un qualificatif qui peut suprendre compte-tenu des fonctions occupées par Robert Namias et qui traduit un certain agacement perceptible depuis de nombreuses semaines au sein de la direction de TF1.

Mais comme le souligne cet après-midi le quotidien Le Monde, François Bayrou n'est pas le seul à fustiger l'axe "Ségo-Sarko" perceptible dans de nombreux journaux, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans la presse. Ici encore, l'interview du Directeur de l'information de la première chaîne française a déclenché la colère de nombreux candidats. Robert Namias y annonce en effet pour février une dizaine d'emissions spéciales consacrées à la présidentielle sans pour autant garantir aux principaux candidat le même traitement, que ce soit en termes de temps de parole ou d'audience. TF1 diffuser notamment 3 prime-times de deux heures : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal auront chacun leur émission (5 février pour le premier et 19 février pour la seconde). En revanche, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se partageront les deux heures de l'émission du 12 février. Les autres candidats participeront à l'émission "Face à la une" diffusée le samedi à 13h15 en lieu et place de l'émission Reportages.

Le dispositif de campagne mis en place par TF1 défavorise-t-il certaines candidatures ? C'est tout à fait probable, ne serait-ce qu'en raison du potentiel d'audience on ne peut plus inégal offert par les deux types d'émissions diffusées. Ce dispositif va-t-il à l'encontre du principe d'équité imposé aux chaînes de télévision (et aux stations de radio) avant le début de la campagne officielle ? Probablement pas tant la marge d'appréciation de ce principe laissée aux radios et télévisions par le CSA apparaît large. L'équité entre les candidats tient compte des plusieurs critères – parfois subjectifs – tels que la représentativité des candidats, leur dynamique de campagne, le nombre de suffrages recueillis en 2002, etc.

 

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: News

4 Responses to "Bipolarisation excessive à la télévision : la polémique enfle"

  1. véronique dit :

    Personne n’est dupe !
    Effectivement le temps de parole et plus précisément le temps de présence médiatique n’est pas équitable. Les grands journaux généralistes (TV ou Presse) relatent sans cesse les aller et venu de Ségo / Sarko, leurs petites phrases inssipides… sans même être présents, ils occupent constamment la scène médiatique; pas un journal TV (ils se ressemble tous, un copier coller général) sans que le nom de ces deux candidats ne soit évoqué. Si internet répondait aux mêmes ressors, ces deux là squatteraient les 5 première pages google et autres moteurs de recherche; heureusement qu’ici nous avons encore cet espace de liberté, de choix et de pluralité pour que tous s’expriment à la même hauteur.
    Je suis profondément républicaine et égalitaire, je comprend le ras le bol justifié des « autres » candidats (moins péjoratif que « petits »).
    Le temps de parole par parti (et non par candidat) doit être respecté dans toutes les émissions TV et le temps passé à polémiquer sur l’un ou l’autre des candidat doit également être contrôlée car cette présence indirecte est une vraie plaie et d’une totale injustice.

    Quand les grands groupes médiatiques s’accoquinent avec les grands groupes politiques, la république et la démocratie sont menacées, le peuple se sentant piégé et manipulé s’exprime alors, malheureusement, dans l’extrême pour faire entendre sa différence et son refus de soumission… gare au retour de 2002

  2. [...] La récente polémique suscitée par la bipolarisation excessive de la campagne présidentielle prend donc de l’ampleur depuis que Marie George Buffet et Corinne Lepage ont rejoint François Bayrou dans le front des «petits» candidats qui veulent exister médiatiquement. Nul doute que les rangs de cette coalition hétéroclite pourraient bien s’agrandir… [...]

  3. GRESSE dit :

    Evidemment, à première vue, la formule adoptée peut paraitre scandaleuse et inaceptable. Mais comment ne pas prendre en compte certains critères, ne serait-ce que la notoriété du candidat ? Faudrait-il attendre que les candidats fassent la preuve qu`ils ont obtenu le nombre de signatures nécessaires, par exemple. Il serait à craindre que n`importe quel hurluberlu exige le même temps d`antenne que le candidat sérieux..
    A ce sujet, il me revient un souvenir de ma jeunesse lointaine. Au quartier Latin,dans les années 39/40 à chaque élection importante se présentait, en principe, un original qui s`appelait Ferdinand LOPE, il ne manquerait pas de le faire aujourd`huit…..

  4. valery dit :

    Cette situation est scandaleuse et inacceptable : il est impératif que la réglementation soit plus rigoureuse pour assurer l’égalité des candidats !