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Les principaux enseignements de la troisième vague du Baromètre Politique Français (2006-2007)

Bulletin de voteIntervenant après l'enquête réalisée à la rentrée de septembre, la troisième vague du Baromètre Politique Français apporte, à quelques mois du premier tour de l'élection présidentielle, de nouveaux éléments sur l'état de l'opinion à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle.

En guide de préalable, on insistera à nouveau sur l'originalité de ce dispositif d'enquête mené pour la première fois en France. Le Baromètre Politique Français (2006-2007) CEVIPOF-Ministère de l'Intérieur consiste en effet en une série de quatre enquêtes réalisées de mars 2006 à janvier 2007 ayant pour finalité de permettre l'analyse des mouvements d'opinion et des évolutions au sein de l'électorat français. Plus de 5000 interviews sont réalisées pour chaque vague d’enquête, soit un volume garantissant des analyses tout à fait fiables par segments socio-démographiques (les hommes, les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les cadres, les ouvriers, etc.) et par catégories politiques (les sympathisants du Parti socialistes, ceux de l'UDF, etc.). A titre de compraison, les enquêtes quantitatives régulièrement publiées dans la presse ne sont réalisées qu'auprès d'échantillons de 950 à 1000 individus (850 personnes pour les intentions de vote).

Les résultats complets de l'étude et leur analyse sont disponibles sur le site de l'Ifop dédié à l'élection présidentielle et sur celui du CEVIPOF .

Quatre enseignements émergent de cette nouvelle vague d'enquête réalisée par l'Ifop du 4 au 14 décembre 2006 auprès de 5240 électeurs :

- Le primat des préoccupations socio-économiques dans un contexte de nouveau morose. A l'instar des deux enquêtes précédentes, la hiérarchie des préoccupations des Français reste dominée par l'emploi, et à un degré moindre par la hausse des prix et les inégalités. Ces thématiques devancent nettement d'autres enjeux, notamment l'insécurité (stable) et l'immigration (en baisse de 5 points). Notons toutefois la remontée dans les préoccupations de la thématique environnementale. La crispation sur ces enjeux économiques et sociaux est à replacer dans un double contexte marqué par la morosité de l'opinion : une majorité de Français interrogés déclare éprouver des difficultés à s'en sortir avec les revenus de leur foyer. Par ailleurs, le ressenti d'un chômage en augmentation progresse de nouveau par rapport à l'enquête précédente. 39% des électeurs interrogées perçoivent un chômage « haussier » contre 30% en automne. Autant d'éléments qui concourent à un enracinement du pessimisme dans l'opinion : seul un tiers des Français (-2 points après les 9 points gagnés à la rentrée) se disent optimistes quant à l'évolution de la situation économique.

- Une implication politique plus forte dans la perspective de l'élection présidentielle. A moins de cent jours du premier tour du scrutin, se fait jour un regain d'intérêt voire de confiance pour la chose politique. D'une part, l'indicateur d'intérêt pour la politique atteint un niveau inégalé depuis la mise en place du Baromètre Politique Français, en dépit de la persistance de disparités générationnelles, socioprofessionnelles et culturelles. Parallèlement, le sentiment d'indifférenciation entre la gauche et la droite pour gouverner le pays décroît. Enfin, signe d'une focalisation des attentes sur l'élection présidentielle à venir, presque un électeur sur deux (46%, + 6 points) considère que le résultat du scrutin va permettre d'améliorer les choses en France. Cette perception devient même majoritaire chez les sympathisants des deux partis de gouvernement, l'UMP et le Parti Socialiste. Dans ce cadre, l'intention d'aller voter le 22 avril prochain atteint un niveau élevé : trois quarts des interviewés déclarent avoir une intention certaine de voter.

- Des attentes claires en matière d'intégration. Interrogés sur l'impact des différents flux migratoires sur leur situation personnelle, les craintes des électeurs interrogés se manifestent plus fortement à l'encontre de l'immigration issue d'Europe de l'Est et du Maghreb. S'agissant de l'intégration, se fait jour dans l'opinion une vision claire des responsabilités : c'est avant tout aux personnes immigrées de chercher à s'intégrer. Dans ce cadre, l'échec de l'intégration repose moins sur les pouvoirs publics et la société que sur les individus issus de l'immigration. La légitimité des pratiques visant à corriger les effets des discriminations s'avère minoritaire dans l'opinion au nom de l'équité entre les Français, quelle que soit leur origine.

- Une pré-campagne présidentielle toujours dominée par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy avec François Bayrou et Jean-Marie Le Pen en « embuscade ». A quelques mois du premier tour de l'élection présidentielle, les candidats respectifs du PS et de l'UMP bénéficient du score de potentiel électoral le plus élevé avec pour la première fois une légère avance en faveur de Ségolène Royal (50%, + 4 points contre 46% pour Nicolas Sarkozy). Cette domination est particulièrement visible à travers l'attribution majoritaire par l'opinion de qualités intrinsèques à la fonction présidentielle : la capacité à changer les choses et surtout la stature présidentielle. Néanmoins, le Président de l'UMP inquiète désormais une majorité de Français (52%, +3 points), la candidate désignée par les adhérents socialistes en inquiète plus d'un tiers (35%, +4 points).
En outre, cette troisième vague confirme les statuts « d'outsider » potentiel de François Bayrou et de Jean-Marie Le Pen. Le président de l'UDF obtient son meilleur score de potentiel électoral et bénéficie de traits d'image nettement plus favorables, notamment ceux relatifs à la stature présidentielle.
Jean-Marie Le Pen progresse également, en particulier auprès des segments de population traditionnellement favorables au Front National (artisans commerçants, ouvriers…), dans un contexte de plus grande normalisation voire d'institutionnalisation de cette famille politique. Ainsi, près d'un Français sur deux jugerait acceptable que dans les prochaines années le Front National ait des ministres dans un gouvernement.

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