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Petite Chronique d’Une Election -24

La Grande Confusion

Les sondages nous indiquent que la proportion d’électeurs indécis à quelques jours du premier tour est très élevée ; en cela ils ne font que confirmer l’impression que l’on peut avoir en discutant avec des collègues au travail, des amis lors d’un repas ou sa famille en regardant la télé. Tout le monde semble un peu perdu.

Il faut dire que l’électeur a des excuses : aucun thème structurant ne s’est imposé lors de la campagne et elle semble osciller en permanence d’un sujet à l’autre au gré des petites phrases, des mini-scandales ou des faits divers. Un coup d’ISF par ci, un coup de Gare du Nord par là, un soupçon d’identité nationale et puis on enchaîne sur la génétique, mais n’oublions pas les banlieues tout en glissant deux phrases sur l’avenir de l’Europe… Cette campagne ressemble plus à la descente en raft des chutes du Niagara qu’à une croisière sur le Canal du Midi.

Comme si cela ne suffisait pas nous avons assisté ces derniers jours à quelques déclarations qui ajoutent à la confusion ambiante : Michel Rocard et Bernard Kouchner qui appellent à une alliance PS-UDF, ce qui marquerait un tournant historique dans la vie politique française, l’UMP et le FN qui se renvoient des signaux troublants – Brice Hortefeux qui parle tout d’un coup de proportionnelle pour les législatives et Jean Marie Le Pen qui indique dans Le Parisien en parlant d’un accord FN/UMP « je n’en sais rien. Je ne m’engage pas pour l’avenir »…

Les lignes de démarcation entre les candidats deviennent alors encore plus floues, plus difficiles à saisir : quelle différence entre Sarkozy et Le Pen sur la sécurité ou dans une certaine mesure sur l’immigration ? Quels désaccords importants entre Bayrou et Royal ? Difficile de se prononcer… L’électeur un peu déboussolé en est réduit à se positionner uniquement en fonction des personnalités des candidats, de leur seule image ou encore des derniers rebondissements de la campagne ; les plus désabusés se réfugiant quant à eux dans un votre réflexe – je suis UMP je votre Sarkozy, je suis PS je votre Royal…

Dans ce contexte le risque est de plus en plus grand que la grande confusion ne se transforme en grande désillusion.

Chem Assayag

Chem Assayag  (121 Posts)

Chem Assayag est notamment blogueur et écrivain. Il collabore au site Election Présidentielle depuis l’élection de 2007. Il est l’auteur de nombreux articles sur Agoravox, Rue 89, ou Mediapart. Il est le fondateur avec Nicolas Quint du site Neotopia qui aborde les questions économiques et sociales.


Catégories: Chroniques

4 Responses to "Petite Chronique d’Une Election -24"

  1. @zyva : les enquêtes d’intentions de vote au référendum du 29 mai 2005 ont mis en évidence, dès le mois de mars, la dynamique du Non. De même, la « descente aux enfers de Balladur » n’avait échappé à personne deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle !

  2. yvan dit :

    Je m’associe tout-à-fait au commentaire précédent .
    Je tiens aussi à apporter l’avis suivant : Si les résultats des sondages sont si »déconcertants »,c’est que leurs auteurs sont devenu « experts en manipulation » afin de satisfaire les differents médias donneurs d’ordre .
    Ceci entraîne à condamner, une fois de plus, la collusion entre le monopole médiatique et sa position sur l’échiquier des marchés publics, comme l’a fait fort justement un des candidats .
    Comme par hasard, les résultats du 22 avril vont donner raison à lensemble des sites internet qui(eux) ne peuvent donner que des résultats bruts…

  3. zyva dit :

    A chaque présidentielle, on nous refait le coup des sondages. Rappelons ici que les sondages ne sont tout simplement pas un instrument fiable permettant d’anticiper un score à une élection présidentielle (ou autres). Les sondages n’avait pas prévu le Non au référendum européen, ni le coup de tonnerre du 21 avril 2002, ni la descente aux enfers de Balladur en 1995, ni la victoire de la gauche aux législatives de 1997…et ainsi de suite.

    Les sondages, cela sert à vendre plus de journaux ou à faire plus d’audience…

  4. GRESSE dit :

    Ne pensez-vous pas que les instituts de statistiques ont une grande part de responsabilité dans cette situation? Comment se faire une opinion quand les responsables de ces cabimets qui sont en principe des « EXPERTS ».sérieux et conscients de ce que leurs avis « font mouche » dans le public, se contredisent d`une parution à l`autre et d`un organisme au voisin.
    Et les explications, les commentaires et surtout les hypothèses….C`est à qui trouvera sinon la meilleure
    mais au moins celle qui paraitra la plus originale
    En bon français disons que nous en avons marre et que vivement samedi pour nous autres des DOM et dimanche pour les hexagonaux…