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Ségolène Royal : mission impossible ?

Résultats présidentielle 2007

Les chiffres sont parfois trompeurs. La revanche du 22 avril 2007 sur le 21 avril 2002 ne doit pas cacher la situation pour le moins délicate dans laquelle se trouve aujourd’hui Ségolène Royal, à quelques jour du vote du 6 mai.

Une gauche à son plus bas historique. En réunissant seulement quelques 36% des suffrages exprimés le 22 avril dans un contexte de forte mobilisation électorale, les candidats de gauche enregistrent l’un de leur plus mauvais score cumulé sous la Cinquième République, offrant à Ségolène Royal une réserve de voix nettement insuffisante pour affronter Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste est en effet parvenue à fédérer sur son nom une majorité de la gauche dès le premier tour, le « vote utile » en sa faveur assèchant de facto le vivier électoral sur lequel cherchaient à s’appuyer la candidate des Verts (1,57%) et les candidats de la gauche dite « anti-libérale » (près de 9% au total).

Forte de ses 25,83%, assurée d’un report des voix de gauche en sa faveur au second tour grâce au positionnement à droite adopté et revendiqué par nicolas Sarkozy avant le premier tour, Ségolène Royal n’avait donc d’autre solution que de chercher à s’attirer le soutien des électeurs de François Bayrou.

Un centre tenté par l’abstention. Les électeurs « bayrouistes » devraient être la clé du scrutin, à moins que, ayant refusé la perspective du duel Royal-Sarkozy par leur vote « protestataire » du 22 avril, ils ne décident de se réfugier dans l’abstention ou le vote blanc, incapables de départager deux candidats qui les inquiètent. La première parce qu’ils doutent de sa crédibilité et de capacité à assurer la fonction de chef de l’Etat, le second parce qu’il joue des oppositions latentes au sein de la société française. D’ailleurs, il n’est pas acquis que la participation électorale atteigne au second tour un niveau équivalent au premier, l’une des principales dynamiques de ce regain de citoyenneté, à savoir le spectre d’une qualification de Jean-Marie Le Pen, n’étant plus d’actualité.

Si cette hypothèse se vérifiait, et quand bien même une majorité des électeurs de François Bayrou décidait d’apporter sa voix à Ségolène Royal, cette dernière ne pourrait vraisemblablement pas être en mesure d’inverser une tendance électorale en sa défaveur qui ne s’est jamais démentie dans les enquêtes d’intentions de vote réalisées depuis la fin janvier.

Un vote de rejet contre un vote d’adhésion. Selon une enquête TNS-SOFRES réalisée pour Le Monde et RTL les 26 et 27 avril auprès de 2200 personnes inscrites sur les listes électorales, 56% des électeurs potentiels de SégolèneRoyal au second tour voteraient pour elle par « refus » de Nicolas Sarkozy, seule une minorité (42%) choisissant la candidate socialiste par « adhésion ». A contrario, 60% des électeurs potentiels du candidat soutenu par l’UMP revendiquent un vote d’adhésion, seuls 36% souhaitant avant tout s’opposer à la finaliste du camp adverse. Les votes Royal et Sarkozy reposeraient donc sur deux dynamiques distinctes, Ségolène Royal profiterait d’un vote par défaut (… de mieux ?) favorisé par le rejet suscité par la personnalité de Nicolas Sarkozy, ce dernier s’appuyant en revanche sur le soutien d’un électorat acquis à sa cause et indépendant de la personnalité qu’il doit affronter au second tour.

A moins d’une vague « Tout Sauf Sarkozy » au cours des dernières journées de campagne, la dynamique sur laquelle s’appuie Ségolène Royal apparaît à bien des égards insuffisante pour mobiliser sur son nom une majorité d’électeurs.

Dans ce contexte, la victoire de Ségolène Royal paraît arithmétiquement possible, mais politiquement (très) difficile.

 

Yves-Marie Cann  (195 Posts)


Catégories: Analyses

4 Responses to "Ségolène Royal : mission impossible ?"

  1. stef dit :

    Eric,
    Elle connait peut être la valeur, mais elle n’a pas de projet de société. Le débat n’a pas convaincu les électeurs sur sa capacité conduire un pays comme la France.
    Quant à NS, je crois qu’il incarne réellement un changement. Le problème c’est qu’un certain nombre d’électeurs qui s’inquiètent sur le changement, peur de perdre leurs acquis sociaux etc… C’est une forme d’hypocrisie.
    Allez voir en Asie, comme le Japon, la Chine, me Malaisie, c’est une société très dynamique. Ils n’ont jamais eu de problème de chômage. Demandez l’avis un certain nombre de nos compatriotes qui travaillent en Angleterre, en Allemagne. Ils vous diront que notre société est très molle, que l’on avance à petit pas.
    Il est certes qu’on a la meilleure sécurité sociale au monde, mais quel prix ? La meilleure assurance chômage, mais à quelle prix?
    Tout est à revoir, sur notre organisation, d’où les réformes sont nécessaire…

  2. Eric dit :

    comme toute les histoires qui commencent: Il était une fois un petit sarkosy qui arriva au sommet de notre institution: ” être Président de la France”. Président de qui? de quoi? De la France oui mais pas des Français. C’est homme fougueux et coléreux très ambitieux au point que tout au long de sa carrière a su gravir les diverses étapes de sa future élection en trahissant les membres de son parti par des volte-vace répétitifs dont le plus célèbre est encore dans la mémoire de Jacques Chirac. Je ne critique en rien l’ambition car je pense qu’il en faut énormément pour arriver ce poste rêvé de président de la république. Ce qu’il me gêne le plus c’est bien la manière : Ecraser tel un arriviste soif de pouvoir pour avoir LE poste qu’il adule depuis tout petit, je dis NON et encore NON. On peut arriver dans la vie sans écraser son prochain et museler tout ce qui n’est pas de son avis. Même si madame Royale n’est pas un idéal, elle répond au moins à des critères qui sont les miens: le respect d’autrui, la compassion et l’envie de réussir pour les FRANCAIS !!! Je ne veux pas d’une France à l’Américaine qui ne voit pas plus loin que son propre nombril, comme le font si bien les dirigeants américains, mais je veux une France qui concerve sa qualité de vie et sa richesse !!!
    Alors réfléchissez avant de vous engager. Je ne veux d’un quinquennat ou les propos haineux et dangereux du généticien M.Sarkozy qui a réponse à tout comme d’habitude pour arriver à son poste ô combien souhaité et rêvé depuis toutes ces années !!! Ou est la part de vérité et la part d’égoisme dans cet homme !!! jusqu’ou la soif du pouvoir peut il conduire un homme !!! penchez vous sur sa biographie et regardez ce qui est dangereux pour nous Français. Nous sommes différents de par notre culture et de par la richesse de nos libertés!!! J’ai envie de rester Français et non à la merci de certaines idéologies qui veulent faire de nous un nouvel état des USA !!! Nous valons mieux et avons dans nos coeurs les valeurs qui nous permettrons de franchir nos handicaps sans aller chercher une solution de l’autre coté de la Manche !!! Chacun son pays, chacun sa vie !!! Je n’ai rien personnellement contre les américains mais si vous avez l’occasion de discuter avec certains il vous répondront que nous avons de la chance de vivre dans un si beau pays !!! j’aimerai que pour une fois que cette histoire finisse bien pour nous, pour vous. L’idéal n’existe pas en politique mais avec M.Sarkosy nous avons plus a perdre qu’à gagner !!! je ne voterai pas avec la conviction que Mme Royal améliorera tout sur tout mais elle connait les valeurs de notre pays et ce qui fait de la France ce que nous sommes.
    Votez pour éviter le pire. Ne donner pas les clés de la maison France sans bien connaitre l’homme ou la femme a qui vous allez les confier !!! 5 ans cela pourrait être long, très long…
    Vive la France et les Français

  3. Martinez dit :

    La plus pard des électeurs ne savent pas pour qui voté alors , pourquoi ne pas les faires présidés ensemble

  4. Berger dit :

    Il faut ramener ce débat au contexte réduit dans lequel il se déroule, c’est à dire entre deux tenants de l’idéologie capitaliste.

    Pourtant je voterai Ségolène car ma situation sociale ne me permet pas d’avoir un Président partisan du cauchemar américain.

    Segolène est une libérale modérée, Sarko un représentant du libéralisme sauvage et puis son personnage est inquiétant : trop autoritaire, trop nerveux, trop volontariste . Son carriérisme est trop voyant.
    C’est tout.
    Berger.