Dominique Barthier

Monde

Le cycle historique du chavisme est-il terminé ?

Depuis plus de 25 ans, le chavisme a démontré une capacité remarquable d’adaptation politique. Du leadership charismatique du président vénézuélien Hugo Chávez à la consolidation autoritaire opérée par son successeur Nicolás Maduro et à la réorganisation récente du pouvoir, le mouvement s’est maintes fois transformé pour survivre. La question aujourd’hui est de savoir s’il a atteint les limites de cette aptitude à se réinventer.

Les mouvements politiques meurent avec leurs fondateurs. D’autres survivent parce qu’ils contrôlent les institutions de l’État. Quelques-uns, comme le péronisme argentin, parviennent à se réinventer à maintes reprises, s’adaptant à des circonstances changeantes et trouvant sans cesse de nouvelles sources de légitimité. Depuis plus d’un quart de siècle, le chavisme appartient à cette dernière catégorie.

Tout a commencé avec le leadership charismatique de Chávez, capable d’interpréter l’épuisement du système politique né en 1958 et de se présenter comme l’incarnation d’une nouvelle ère historique. Après sa mort, Maduro a réussi à prolonger la survie du projet par un mélange de contrôle institutionnel, de répression, de propagande et d’un recours de plus en plus sophistiqué aux technologies numériques. Enfin, les événements du 3 janvier, qui ont mis fin au gouvernement de Maduro et ont conduit à la mise en place d’une administration provisoire dirigée par Delcy Rodríguez (la vice-présidente du Venezuela et présidente par intérim), ont inauguré une troisième étape marquée par une réorganisation du pouvoir et une entente inattendue avec Washington.

Chacune de ces transformations a répondu à une logique différente. Pourtant elles avaient toutes le même objectif : préserver la continuité du chavisme. La question est de savoir si cette extraordinaire capacité d’adaptation arrive aujourd’hui à ses limites.

Le double tremblement de terre de juin a été non seulement une nouvelle tragédie pour un pays qui cumule les crises depuis plus de deux décennies — effondrement économique, violations systématiques des droits de l’homme, migrations de masse et dégradation progressive des institutions. Il peut aussi avoir révélé l’épuisement d’un projet politique qui, pour la première fois, semble avoir perdu le récit qui justifiait sa permanence au pouvoir.

Il ne s’agit pas d’une simple crise de la gouvernance. Ni d’un simple déclin de popularité. Ce qui semble en jeu est quelque chose de plus profond : la capacité du chavisme à s’expliquer — et à expliquer au pays pourquoi il devrait continuer à gouverner.

L’émergence d’un projet historique

Lorsque la démocratie représentative du Venezuela — la soi-disant Quatrième République — s’est effondrée à la fin du XXe siècle, de nombreux analystes ont tenté de comprendre les causes de ce dénouement. Au fil du temps, Chávez est venu occuper la place habituellement réservée aux grands dirigeants transformatifs : il n’était pas seulement présenté comme le successeur d’un établissement politique épuisé, mais aussi comme l’incarnation d’un nouveau cycle historique.

Son leadership a réussi à articuler un récit extraordinairement puissant. Il promettait de sauver des secteurs historiquement exclus de la société, de dénoncer les élites traditionnelles, de réhabiliter Simón Bolívar (l’homme d’État vénézuélien qui a libéré l’Amérique du Sud de l’Empire espagnol) comme symbole de souveraineté face aux grandes puissances, et d’utiliser la richesse pétrolière pour promouvoir un modèle de développement alternatif et une intégration latino-américaine. La flamboyante hausse des prix du pétrole au cours d’une grande partie de la première décennie du XXIe siècle a fourni les ressources nécessaires pour transformer ce récit en une réalité politique dotée d’une capacité mobilisatrice immense.

Pendant des années, l’opposition et de nombreux analystes ont sous-estimé la profondeur de cette transformation. Chaque défaite électorale ou politique était interprétée comme un revers temporaire, tandis que le chavisme consolidait un cadre imaginaire qui transcendait Chávez lui-même et devenait de plus en plus identifié à l’État lui‑même.

La mort du leader en 2013 sembla ouvrir la possibilité que l’expérience bolivarienne touche à sa fin. Beaucoup pensaient alors que le mouvement ne survivrait pas sans le magnétisme personnel de son fondateur. L’inverse s’est produit.

Bien que Maduro n’ait jamais réussi à reproduire le charisme de Chávez, le chavisme a trouvé une nouvelle formule de survie. À mesure que le boom pétrolier disparaissait et que la crise économique s’aggravait, le régime déplaça progressivement les fondements de sa légitimité. Là où le leadership charismatique et la redistribution financée par le pétrole avaient autrefois prévalu, le contrôle institutionnel absolu, la militarisation du pouvoir, l’assujettissement total des autres branches du gouvernement, le renforcement des structures parallèles comme les communes et — surtout — l’usage systématique de la répression comme instrument quotidien de la gouvernance sont devenus dominants.

Dans le même temps, le discours officiel a continué de se présenter comme l’expression vénézuélienne d’un projet latino-américain plus vaste de transformation sociale. Même lorsque la réalité économique érodait ce récit, le gouvernement a conservé une capacité remarquable à gérer les perceptions publiques.

Comme l’a soutenu l’auteur Alberto Ray dans son concept d’« autoritarisme liquide » — une forme de pouvoir autoritaire qui combine les mécanismes traditionnels de contrôle à une surveillance numérique flexible et une gestion de l’information — les nouvelles technologies ont permis le développement de mécanismes de surveillance, de segmentation des messages et de construction d’un consensus apparent bien plus sophistiqués.

L’objectif n’était plus seulement de censurer ou de persécuter. Il s’agissait aussi de façonner les perceptions, de gérer les attentes et de réduire le coût politique du déclin institutionnel.

C’est cette combinaison de contrôle d’État, de répression et d’adaptation technologique qui a permis à la version Maduro du chavisme de prolonger pendant treize ans un projet que beaucoup avaient jugé épuisé. Cependant, chaque réinvention exige des concessions. Et la transformation qui a commencé après le 3 janvier a forcé le chavisme à sacrifier quelque chose de bien plus fondamental que des politiques spécifiques : elle a commencé à remettre en cause les principes et les symboles qui avaient défini le mouvement depuis ses origines.

La troisième réinvention

Le départ de Maduro a ouvert une étape sans précédent. Pour la première fois depuis 1999, le chavisme n’était plus centré sur un seul leader et a commencé à fonctionner par le biais d’un leadership collectif. Le centre du pouvoir est devenu le triumvirat composé de Delcy Rodríguez, du président de l’Assemblée nationale Jorge Rodríguez et du président par intérim Diosdado Cabello, dont la priorité n’était plus d’étendre la Révolution bolivarienne mais d’en assurer la survie.

Sur le plan politique, l’opération fut remarquable. Pour préserver ses positions de pouvoir, le chavisme a accepté des concessions qui, il y a quelques années, auraient semblé inimaginables. L’influence cubaine et russe a diminué de manière significative; des réformes ont été entamées dans la gestion du secteur pétrolier et d’autres secteurs stratégiques en vue de leur libéralisation; et, surtout, une relation de coopération a été nouée avec l’administration américaine pour superviser le processus de stabilisation après le 3 janvier.

Ce n’était pas la première fois que le mouvement modifiait sa stratégie. Ce qui était véritablement inédit, c’était que, pour la première fois, l’adaptation touchait le cœur même de son identité. Pendant plus de deux décennies, le chavisme avait construit une grande partie de sa légitimité sur trois piliers inséparables : le nationalisme, l’anti-impérialisme et la promesse de représenter les Vénézuéliens ordinaires contre les élites tant domestiques qu’internationales. Ce récit a survécu même lorsque l’économie s’est effondrée et que la répression est devenue une caractéristique permanente du régime.

Beaucoup de soutiens pouvaient justifier les échecs du gouvernement parce qu’ils continuaient à croire au projet historique qu’il prétendait incarner. La nouvelle étape exigeait quelque chose d’entièrement différent. Il ne suffisait plus de gérer le pouvoir ; il fallait justifier la coopération avec le pays qui, pendant des années, avait été présenté comme l’ennemi principal de la Révolution bolivarienne. L’ancien discours anti-impérialiste a laissé place à un langage pragmatique axé sur la stabilisation politique et la reprise économique. Du point de vue de la gestion du pouvoir, ce déplacement peut avoir été tout à fait rationnel. Du point de vue idéologique, toutefois, il a représenté un coût bien plus élevé.

Tous les mouvements politiques évoluent. Ce qui rend le cas vénézuélien exceptionnel, c’est l’ampleur de la transformation. Le chavisme ne se contentait pas de modifier les politiques publiques; il abandonnait une grande partie du récit qui avait permis de maintenir la cohésion de ses soutiens pendant un quart de siècle. C’est pourquoi la troisième réinvention était aussi la plus fragile.

La question militaire : l’effondrement d’un mythe fondateur

Dès les débuts du projet bolivarien, les forces armées occupaient une place centrale dans l’imagination politique du chavisme. Elles n’étaient pas présentées seulement comme une institution professionnelle chargée de la défense nationale, mais comme l’instrument historique d’un nouvel ordre politique.

Le concept d’union civilo-militaire est devenu l’une des idées déterminantes de l’époque Chávez. Selon cette vision, les forces armées s’étaient émancipées des élites traditionnelles de la Quatrième République et avaient assumé une nouvelle mission historique : défendre la souveraineté nationale, protéger les secteurs exclus de la société et sauvegarder la transformation sociale amorcée en 1999.

Pendant plus de deux décennies, ce récit a fourni au chavisme l’une de ses sources de légitimité les plus puissantes. L’armée était présentée non seulement comme garante de la continuité institutionnelle, mais comme le gardien ultime du projet révolutionnaire lui-même. Or, des événements récents ont révélé une contradiction profond entre ce récit et la réalité politique.

Les événements du 3 janvier ont été particulièrement significatifs, car ils ont mis à l’épreuve les fondements de l’alliance civilo-militaire. Un mouvement qui avait passé des années à présenter les forces armées comme le bouclier de la révolution a été confronté à une question fondamentale : l’institution se mobiliserait-elle pour défendre le projet politique qu’elle prétendait embrasser ? Elle ne l’a pas fait.

Quelles que soient les évaluations internes qui ont guidé la réponse de l’armée, la signification politique était difficile à ignorer. Les forces armées n’ont pas déclenché d’action militaire pour éviter l’emprisonnement du président ; elles ne se sont pas non plus mobilisées en défense du gouvernement Maduro. En bref, elles n’ont pas rempli le rôle que le récit fondateur du chavisme leur avait assigné. Pour un mouvement dont l’identité était profondément liée à l’idée d’une institution militaire révolutionnaire, le symbolisme était profond.

La même contradiction est devenue visible après les tremblements de juin. La présence limitée et initialement insuffisante des forces armées pendant les premiers moments de l’urgence était frappante, surtout parce que l’armée avait historiquement été présentée comme l’une des rares institutions vénézuéliennes capables d’une mobilisation nationale rapide en temps de crise.

Depuis des décennies, les forces armées avaient été présentées comme une expression d’unité nationale et comme un mécanisme par lequel l’État pouvait atteindre les communautés lors d’urgences. Or, la perception publique était celle d’une capacité limitée, d’une coordination faible et d’une efficacité réduite. La portée de cet épisode dépasse la gestion des catastrophes.

Le problème n’était pas seulement que le gouvernement n’avait pas répondu de manière adéquate à une catastrophe naturelle. Le problème plus profond était qu’une institution centrale à la mythologie politique du chavisme semblait incapable — ou réticente — d’assumer le rôle que le récit du mouvement lui avait assigné.

Cela ne signifie pas que les forces armées aient cessé d’être un acteur politique important. Leur influence institutionnelle, leurs intérêts économiques et leur organisation interne restent significatifs. Ni que l’armée soit devenue politiquement insignifiante. Au contraire, cela suggère que les rapports entre le chavisme et les forces armées ont fondamentalement changé.

L’armée apparaît de plus en plus comme une institution autonome, préoccupée par la préservation de ses propres intérêts et de sa position dans un environnement politique en rapide mutation, plutôt que comme l’instrument idéologique d’un projet révolutionnaire. Cette distinction est cruciale.

Les mouvements politiques peuvent survivre à des changements de politiques, à des défaites électorales et même à des transitions de leadership. Mais lorsque les institutions qui incarnaient leur mythologie fondatrice ne fonctionnent plus selon cette mythologie, les fondements symboliques du projet commencent à s’affaiblir. La question militaire reflète donc le dilemme plus large auquel le chavisme est confronté : le mouvement détient toujours des structures de pouvoir, mais certains des récits qui donnaient un sens historique à ces structures ont commencé à s’éroder.

Quand la réalité casse le récit

Les grandes catastrophes naturelles ont souvent des conséquences politiques bien plus importantes que leur impact immédiat. Non pas parce qu’elles renversent les gouvernements d’elles-mêmes, mais parce qu’elles mettent au jour des forces et des faiblesses qui peuvent rester partiellement cachées en temps de normalité. Il en a été de même au Venezuela.

Le problème n’était pas seulement l’ampleur de la tragédie humaine. Il était aussi l’image projetée par un État incapable de répondre avec la rapidité, la coordination et l’efficacité exigées par une urgence nationale d’une telle ampleur. Le rythme lent des opérations de secours, les difficultés de coordination de l’assistance pour les victimes, la persistance de la crise énergétique et l’effondrement d’une partie du parc de logements construit sous les années de boom pétrolier projetaient une image profondément différente de celle que le gouvernement provisoire cherchait à transmettre.

Plutôt que d’être un État qui retrouvait ses capacités, de nombreux Vénézuéliens ont à nouveau rencontré une administration publique qui paraissait limitée, improvisée et incapable de gérer une crise nationale complexe. Le calendrier politique n’aurait pas pu être plus mal choisi.

Les perceptions publiques se sont détériorées précisément lorsque le gouvernement avait besoin de consolider sa légitimité et de démontrer que l’ordre post-3 janvier représentait non seulement un changement de leadership, mais une restauration de la capacité de l’État. Cela a des implications au-delà de la politique intérieure.

La stratégie promue depuis Washington reposait sur une hypothèse relativement simple : que le gouvernement provisoire pourrait guider le Venezuela à travers trois étapes — stabilisation, reprise et transition — sans provoquer un nouvel effondrement institutionnel. La détérioration de la gouvernance après les tremblements a inévitablement forcé une réévaluation de cette hypothèse.

Il n’était donc pas surprenant que, pendant que les opérations de sauvetage étaient encore en cours, des propositions de dialogue politique plus large regagnent en importance, y compris des discussions impliquant l’Assemblée nationale élue en 2015 et l’actuelle Assemblée nationale sous l’égide du gouvernement américain. Plutôt que de représenter un changement de stratégie total, cela semblait être un effort pour élargir les options disponibles afin de gérer la transition si le gouvernement provisoire continuait de perdre le soutien.

Jusqu’alors, Washington avait peu d’incitations à modifier le équilibre établi après le 3 janvier. Le triumvirat au pouvoir paraissait offrir le mécanisme le plus pratique pour maintenir la stabilité tout en poursuivant la reprise économique. Mais la question a commencé à changer. Il ne s’agissait plus seulement de savoir si la nouvelle direction pouvait conserver le pouvoir. Il s’agissait de savoir si elle restait l’instrument le plus efficace pour guider le Venezuela vers une nouvelle étape politique.

La fin d’un cycle ?

Il serait une erreur d’interpréter les difficultés rencontrées par le gouvernement provisoire comme un simple revers politique temporaire. L’Amérique latine a connu ces dernières années une érosion générale du soutien envers les gouvernements de tous les horizons idéologiques, entraînée par des pressions économiques, la polarisation politique, l’insécurité et une méfiance croissante des citoyens. Dans ce contexte, le déclin du soutien au chavisme pourrait apparaître comme un simple autre épisode des fortunes changeantes de ceux qui gouvernent.

Cependant, le Venezuela présente une différence fondamentale. Ce que le chavisme affronte aujourd’hui n’est pas seulement un déclin de popularité. C’est l’érosion progressive du récit qui, pendant plus de 25 ans, lui avait permis d’expliquer et de justifier sa permanence au pouvoir. Toute organisation politique a besoin d’une source de légitimité pour apporter de la cohérence à ses arguments et à sa rhétorique.

Dans le cas du chavisme, cette légitimité n’a jamais été figée. Sous Chávez, elle reposait sur le leadership charismatique et la promesse d’une transformation sociale profonde. Sous Maduro, elle s’est déplacée vers la défense du processus révolutionnaire contre des ennemis internes et externes, tandis que le contrôle institutionnel et la répression compensaient l’effondrement des performances économiques.

Après le 3 janvier, elle s’est une fois de plus transformée. Le mouvement ne cherchait plus principalement à mener une révolution. Il se présentait plutôt comme le seul acteur capable d’assurer une transition ordonnée et d’empêcher l’effondrement des institutions. Chaque transformation a été une réinvention. Mais chaque réinvention a également exigé d’abandonner une partie de l’identité précédente. La troisième transformation a été particulièrement coûteuse car elle a touché les fondements mêmes du récit bolivarien.

Pendant des décennies, l’anti-impérialisme, le nationalisme, la défense de la souveraineté et l’alliance civilo-militaire constituaient les piliers symboliques du projet. Aujourd’hui, bon nombre de ces références ont été profondément affaiblies.

La coopération avec Washington a remplacé le confrontation. La nécessité économique a limité le langage de la souveraineté. Et l’institution militaire, qui avait été présentée comme le gardien de la révolution, s’est révélée être un acteur beaucoup plus autonome que ce que le récit initial laissait supposer.

Cela ne signifie pas que le chavisme va disparaître immédiatement. Les mouvements politiques se perdent rarement du jour au lendemain. Ils conservent des réseaux, des cadres dirigeants, des structures territoriales et des ressources institutionnelles. Le chavisme pourrait rester une force politique importante pendant des années, même après avoir perdu une grande partie de la capacité mobilisatrice qui avait caractérisé ses décennies antérieures.

Ce qui semble bien plus difficile est de reconstruire le type de légitimité qui a permis au mouvement de survivre à des crises qui, dans des circonstances différentes, auraient mis fin à presque tout autre projet politique. C’est dans ce contexte que les négociations en cours et la possibilité d’un nouveau processus électoral doivent être compris.

Il est impossible de prévoir avec certitude le calendrier ou l’issue de la transition du Venezuela. Il serait aussi imprudent de confondre analyse et wishful thinking. La politique vénézuélienne a à maintes reprises démontré sa capacité à défier les prévisions les plus confiantes. Mais c’est précisément en raison de ce passé qu’il faut regarder au-delà des circonstances immédiates.

Les grands cycles historiques ne s’arrêtent pas lorsqu’un gouvernement perd une élection ou lorsqu’un dirigeant quitte le pouvoir. Ils cessent lorsque le principe qui donnait de la cohérence à un projet politique cesse de convaincre même ceux qui l’ont soutenu.

Si cette interprétation est juste, le double tremblement de terre de juin ne restera pas gravé uniquement comme le témoin des destructions qu’il a causées. Il pourrait aussi être retenu comme l’événement qui a révélé un processus beaucoup plus profond : l’épuisement du cycle historique inauguré par Hugo Chávez en 1999. Et si effectivement ce cycle est en train de se refermer, la question ne sera plus de savoir si le chavisme peut encore se réinventer une fois de plus. La vraie question sera de savoir quel genre de Venezuela émergera lorsque, pour la première fois depuis plus d’un quart de siècle, le pays devra apprendre à se définir en dehors du chavisme.

[Leonardo Vivas first published this piece in Spanish on Substack.]

[Kaitlyn Diana edited this piece.]

Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.