Dominique Barthier

Europe

Pas au pouvoir, mais il le façonne : l’ascension du Vlaams Belang

Ces dernières décennies, l’extrême droite flamande est passée d’un mouvement stigmatisé pour ses politiques racistes à une force politique majeure. Bien que le Vlaams Belang (Intérêt flamand) n’ait pas encore accédé massivement au pouvoir, sa rhétorique a profondément influencé l’ordre politique belge et l’opinion publique. Qu’est-ce qui se cache derrière la success story électorale du parti ?  

9 juin 2024 fut une journée victorieuse pour le Vlaams Belang (Intérêt flamand, VB). Alors que les Belges se rendaient aux urnes pour les élections européennes, fédérales et régionales, le parti d’extrême droite flamand parvint à décrocher la deuxième victoire électorale de son histoire. Les chiffres étaient saisissants: le VB est devenu le premier parti dans trois des cinq provinces flamandes, a terminé premier dans 143 des 300 communes, a obtenu près d’un million de voix et a remporté trois sièges au Parlement européen.  

Quatre mois plus tard, le VB renversait à nouveau la tendance – cette fois lors des municipales. Si le parti n’a pas réussi à améliorer sensiblement son score local par rapport à 2018, il a franchi une étape importante: il a obtenu une majorité absolue à Ninove, une ville d’environ 40 000 habitants située entre Bruxelles et Gand, et a pu rejoindre une coalition locale à Ranst, dans la province d’Anvers. Pour la première fois, le parti a réussi à obtenir une mairie et à participer directement à la gestion locale, marquant une avancée historique et symbolique.  

Le succès récent du Vlaams Belang s’inscrit dans le cadre de gains électoraux constants au cours des dernières décennies. Un regard sur l’histoire et l’évolution de l’extrême droite en Flandre confirme la banalisation et la consolidation du VB dans le paysage partisan de la région. 

Création, conviction, et rebranding  

Les racines idéologiques du Vlaams Belang remontent aux mouvements nationalistes flamands d’entre-deux-guerres, qui comptaient des figures ayant collaboré avec l’Allemagne nazie. Après la Seconde Guerre mondiale, une insatisfaction généralisée en Flandre face à la division linguistique et politique du pays, ainsi qu’un ressentiment durable face à une élite francophone perçue comme marginalisant les Flamands, nourrissaient un terrain propice. C’est dans ce contexte que le politicien flamboyant Karel Dillen a fondé Vlaams Blok (Bloc flamand, prédécesseur du VB) en 1979, qui s’imposa rapidement comme le principal parti d’extrême droite flamand.  

Dès le départ, Vlaams Blok prônait des valeurs nationalistes et sécessionnistes, appelant à une Flandre indépendante et autonome. Le parti réalisa une percée politique majeure lors des élections générales de 1991, gravant dans l’histoire le « Dimanche noir ». Grâce à sa ligne dure sur l’immigration et à un fort appel au nationalisme flamand — notamment dans les milieux urbains tels qu’Anvers — Vlaams Blok obtint 12 sièges à la Chambre des représentants. Cette victoire permit au parti de s’imposer comme une force anti‑établissement significative et de défier les trois familles politiques traditionnelles (démocrates-chrétiens, socialistes et libéraux) ainsi que les Verts.  

Le « Dimanche noir » envoya des vagues de choc à travers la Belgique. À la suite de cet épisode, tous les partis traditionnels flamands et les Verts s’accordèrent pour ne pas entrer dans une coalition ni dans aucun accord politique formel avec Vlaams Blok, instaurant ainsi un cordon sanitaire autour du parti d’extrême droite. Le cordon fut ensuite institutionnalisé par des accords entre les autres formations (y compris les partis francophones), interdisant effectively Vlaams Blok — puis son successeur Vlaams Belang — de participer au gouvernement. Au niveau national, le cordon sanitaire demeure virtuellement intact, même si la popularité croissante et l’influence du VB sur le discours politique mettent aujourd’hui en cause son efficacité, sa nécessité et ses fondements normatifs.  

Suite à son entrée spectaculaire sur la scène électorale en 1991, Vlaams Blok gagna en force de manière continue, mais ses perspectives prirent une tournure importante en 2004 lorsqu’il fut condamné pour racisme par les tribunaux belges. Cette décision découla en partie du programme controversé « 70 points » qui détaillait sa vision sur l’immigration, comprenant des propositions comme limiter les critères de nationalité au lien de sang ou à la descendance, exclure les migrants des prestations sociales, et restreindre les droits de propriété des étrangers non européens.  

Le style de communication du Vlaams Belang s’est affiné sous la houlette de Tom Van Grieken.

Face à cette condamnation, Vlaams Blok se dissout et se transforme en Vlaams Belang. Comme l’a affirmé l’un de ses dirigeants, Filip Dewinter, cette stratégie n’était « pas une opération cosmétique, mais un véritable travail d’affinage ». Les dirigeants du parti ne se sont pas distanciés du Vlaams Blok condamné: « Nous affûtons nos griffes et nos dents pour nous lancer dans la mêlée, en améliorant et en gagnant en puissance et en efficacité », disait Dewinter, célèbrement.  

Le Vlaams Belang souffrit d’un déclin relatif au cours des années suivantes, mais connut une résurgence lors des élections locales de 2018 et fédérales de 2019. Profitant et alimentant le sentiment de menace chez les citoyens après la « crise des réfugiés » en 2015, le parti réalisa des gains importants. Le fait que le VB n’ait jamais été au gouvernement a joué en sa faveur, le préservant des critiques liées à la gestion de l’immigration — l’un des thèmes électoraux les plus importants en Belgique.  

Avec le temps, en adoptant des positions eurosceptiques et des politiques d’immigration strictes, le VB est parvenu à se présenter comme la principale voix d’opposition en Flandre. Beaucoup de belges s’attendaient donc à ce que le parti devienne la première force politique de la région lors des scrutins de juin 2024, mais ce résultat ne s’est pas concrétisé. À la place, le centre-droit plus modéré, la Nouvelle Alliance flamande (Nieuwe Vlaamse Alliantie, N‑VA), est sorti en tête, contrecarrant les ambitions du VB de briser le cordon sanitaire et de suivre les traces d’autres partis d’extrême droite européens — comme la Lega en Italie, le FPÖ en Autriche et le PVV aux Pays‑Bas — qui ont déjà accédé au pouvoir.  

De paria à acteur du pouvoir  

Ce qui frappe le plus dans l’ascension du Vlaams Belang, c’est la façon dont il a réussi à évoluer, à l’instar des partis d’extrême droite dans d’autres pays européens, d’un groupe marginalisé à un parti dont les idées gagnent progressivement en acceptabilité et en influence dans l’espace public. Cette normalisation résulte d’un processus par lequel le VB a quelque peu modéré ses positions (principalement sur le plan rhétorique), tandis que d’autres acteurs — partis traditionnels et médias — ont accommodé l’extrême droite et adopté certaines de ses idées. Ainsi, le VB et la société flamande ont évolué et se sont transformés, facilitant la normalisation du parti.  

Au cours des dernières décennies, Vlaams Belang a progressivement adopté une approche plus « douce » afin de diversifier sa base électorale et d’élargir son audience. Les gigantesques affiches du Vlaams Blok montrant des gants de boxe et la légende Eigen volk eerst! (« Notre peuple d’abord ») ont été remplacées par des images de familles blanches aux enfants blonds — même si le slogan a été maintenu. Alors qu’au cours des années 1990 et au début des années 2000 Vlaams Blok ciblait régulièrement des minorités ethniques, religieuses et culturelles avec un langage sec, le style de communication du Vlaams Belang s’est affiné sous la direction de Tom Van Grieken, devenu chef du parti en 2014.  

Pour Vlaams Belang, ce tournant stratégique s’inscrit dans le cadre d’efforts explicites visant à attirer une electorate plus large. Une tendance similaire est observable dans d’autres pays européens (comme la France), avec des partis d’extrême droite qui cherchent à se présenter comme plus « salonfähig » — présentables et socialement acceptables — en adoucissant leur ton. En clair, ces formations ont eu recours à des insinuations discrètes et à un langage plus subtil.  

Cependant, Vlaams Belang adopte une stratégie plus complexe et double: au sein même du parti subsistent des figures (comme Filip Dewinter ou Sam van Rooy, et auparavant Dries Van Langenhove) qui évoquent ouvertement des théories du complot comme la « Grande Remplacement » et défendent un programme dur afin d’attirer l’électorat plus extrémiste. En parallèle, la majorité du parti se compose de politiciens plus « modérés » qui aident à élargir l’attrait électoral du VB. La différence entre les deux camps réside surtout dans le style et la rhétorique, et non dans le fond des messages. Comme l’a résumé Gerolf Annemans, eurodéputé du VB: « Nous devons rester suffisamment sales. »  

Un autre facteur de l’ascension du VB tient à son statut d’opposition. Cela lui a permis de mener principalement une campagne axée sur l’opposition et de se présenter comme une force anti‑établissement. De plus, l’absence d’expérience gouvernementale du Vlaams Belang lui confère une « feuille blanche » qui prête à la critique des politiques des autres partis.  

Le Vlaams Belang a aussi profité du financement généreux accordé par la Belgique aux partis politiques (l’ensemble des partis reçoit environ 75 millions d’euros), et il a massivement investi dans sa communication politique et sa présence sur les réseaux sociaux. Par exemple, le parti fut le premier en Flandre à lancer sa propre application.  

De plus, comme les responsables du Vlaams Belang sont moins souvent invités par les médias traditionnels que les représentants des autres partis, leur stratégie sur les réseaux sociaux vise à contourner le rôle de gardien exercé par les journalistes et à communiquer des messages adaptés directement à leur électorat. Le VB a été le plus grand dépensier en matière de réseaux sociaux parmi tous les partis belges au cours des quatre mois précédant les élections du 9 juin. Cet investissement a porté ses fruits, le Vlaams Belang figurant parmi les partis les plus populaires sur des plateformes en ligne telles que Facebook, Instagram et TikTok.

Le Vlaams Belang cadre et interprète toutes les autres questions à travers le prisme de l’immigration.

À mesure que l’influence du Vlaams Belang s’est accrue au cours des décennies, d’autres acteurs sociétaux, tels que les journalistes et les adversaires politiques, ont contribué à la restructuration et à la normalisation réussies du parti en adoptant une « approche accommodante » envers lui. Contrairement à la Wallonie, la Flandre n’a jamais imposé de cordon sanitaire médiatique strict contre l’extrême droite, et les journalistes flamands se sont montrés plus ouverts à couvrir Vlaams Belang au fil des années — justifiant ce fait par la montée en puissance du parti. En vérité, les médias d’information accordent souvent une couverture disproportionnée à l’extrême droite et à ses questions phares, comme l’immigration.

Enfin, d’autres partis politiques ont adopté des stratégies fondées sur les questions en déplaçant leur position sur l’immigration et en s’orientant vers l’extrême droite ou la droite. En conséquence, la stigmatisation sociale autour du Vlaams Belang s’est peu à peu dissipée, et les citoyens sont devenus plus critiques envers le cordon sanitaire, faisant écho à l’affirmation de l’extrême droite selon laquelle il est antidémocratique.  

Attrait électoral  

Le comportement électoral est complexe et peut être influencé par de nombreux facteurs. Dans le cas de la Flandre, si certains indicateurs classiques (comme l’appartenance à des groupes sociaux spécifiques) jouent encore un rôle, les recherches convergent vers deux raisons principales du succès électoral du Vlaams Belang: son positionnement et son succès en tant que force de protestation ou anti‑établissement, qui attire des électeurs en colère, et son effet d’« owner » des questions autant que sa capacité à mettre en avant les thèmes d’immigration, d’autonomie flamande et de criminalité. Ces deux éléments créent un récit convaincant qui résonne avec une part significative de l’électorat en Flandre. 

Tout d’abord, Vlaams Belang a prospéré sur le ressentiment anti‑établissement, les attitudes populistes et l’insatisfaction politique. Nombre de ses électeurs se détachent de la politique et considèrent les partis traditionnels comme inefficaces, voire corrompus. C’est en partie ce qui pousse une partie des Flamands vers l’extrême droite, le VB promettant un changement radical. La rhétorique du parti intègre des éléments populistes en se présentant comme la voix du « peuple ordinaire », prétendant représenter des électeurs qui se sentent ignorés, mal représentés ou marginalisés par l’élite politique. La direction du Vlaams Belang dénonce ce qu’elle appelle le « système politique » et les « partis du système », qu’elle accuse des maux de la société.  

Deuxièmement, Vlaams Belang parvient à fixer l’agenda politique et à attirer les électeurs motivés par des thématiques précises pour lesquelles le VB est perçu comme le principal « porte-voix des questions ». Par exemple, l’immigration demeure une préoccupation principale pour de nombreux électeurs d’extrême droite, qui perçoivent cette question comme une menace pour leur identité culturelle et leur souveraineté nationale. L’idéologie nataliste du VB, son opposition à la mondialisation, son soutien à des politiques d’assimilation strictes et sa promesse d’enrayer le flux migratoire ont permis d’établir le parti comme le principal dépositaire de cette question. En réalité, la migration a été la thématique centrale autour de laquelle le mouvement d’extrême droite a mobilisé ses électeurs depuis ses débuts, s’opposant à l’arrivée de travailleurs migrants venus de pays comme le Maroc, la Grèce et la Turquie.  

De même, Vlaams Belang a longtemps combattu vigoureusement ce qu’il appelle la « fouillée » du pays par le « français » — renvoyer les Wallons à apprendre le néerlandais et à « respecter » la culture flamande. Mais aujourd’hui — et surtout après le 11 septembre — la rhétorique anti‑migration du parti s’oriente de plus en plus vers les immigrés non européens et les minorités, et particulièrement ceux issus de l’islam. Le VB affirme occasionnellement que l’islam est « incompatible » avec les valeurs essentielles de la société flamande, adoptant une rhétorique de « choc des civilisations ».  

Le vote lié à des questions est devenu de plus en plus important en Belgique ces dernières années, et le VB est parvenu à devenir une marque forte que les habitants associent à des politiques strictes sur la criminalité, l’ordre public et, surtout, l’immigration, en la présentant ou en la « représentant » comme une crise.  

Les Verts flamands sont devenus l’adversaire politique central de l’extrême droite.

Aujourd’hui, Vlaams Belang cadre et interprète toutes les autres questions — du logement et des impôts à l’emploi et à la sécurité sociale — à travers le prisme de l’immigration. Le parti attire des citoyens aux sentiments anti‑immigration forts, tandis que son insistance sur l’ordre résonne chez ceux qui accordent de l’importance à l’ordre social et à la hiérarchie et qui privilégient des valeurs autoritaires. La plupart des électeurs soutenant le VB s’identifient clairement à la droite, préfèrent des politiques conservatrices et valorisent les normes traditionnelles. Ainsi, malgré une volatilité électorale croissante en Flandre, les électeurs du Vlaams Belang semblent assez fidèles. 

Influence sans pouvoir malgré tout 

Bien que le cordon sanitaire reste en place au niveau fédéral et régional, cela n’implique pas pour autant que l’extrême droite n’ait pas été influente en Flandre. L’influence du Vlaams Belang provient de son rôle de « parti maître d’orchestre », capable de fixer l’agenda public, médiatique et politique. En fait, l’analyse des positions des partis, recueillie via une application de conseils électoraux en 2014, 2019 et 2024, montre que d’autres partis ont de plus en plus adopté les positions du Vlaams Belang sur l’immigration et l’intégration. Grâce à son influence, nombre des propositions du controversé plan « 70 points » du Vlaams Blok ont été adoptées et mises en œuvre (par exemple en matière d’assistance sociale et de politiques d’asile et d’immigration), et les politiques migratoires deviennent chaque année plus restrictives.  

Fait curieux, la normalisation des thèmes de l’extrême droite ne se limite pas à la droite mainstream: même les partis socialiste et démocrate-chrétien ont digéré et avancé dans la direction de la droite extrême. Le seul parti qui ne s’est pas laissé entraîner dans l’offre électorale du Vlaams Belang est le Groen, le parti écologiste flamand. Dans le sillage des élections de 2024, Groen a dénoncé à plusieurs reprises les opinions du VB sur les migrations, la diversité et les droits des minorités. En réalité, selon l’application de conseils électoraux, Groen était le seul parti à ne pas partager l’un de ses axes sur l’immigration et l’intégration. Ainsi, Groen est devenu l’adversaire politique central de l’extrême droite puisque, idéologiquement, il se situe à l’opposé du VB sur divers plans— mais cela en a aussi fait la cible privilégiée de l’extrême droite. 

Par ailleurs, l’existence d’un cordon sanitaire au niveau régional et national permet au VB de continuer, depuis une position confortable dans l’opposition, à critiquer les « élites ». Cela confère à l’extrême droite une crédibilité et la prétention d’être la seule force politique véritablement représentative du « peuple flamand ordinaire ». Tom Van Grieken nourrit des ambitions affichées de diriger — rêvant de suivre les traces de son ami et allié néerlandais Geert Wilders, chef du PVV — comme il l’exprime dans son livre Et maintenant, c’est à nous (« En nu is het aan ons ») : « Nous mettons fin à notre image perpétuelle d’opposition. »  

Jusqu’à récemment, on spéculait fortement sur une éventuelle coalition entre la N‑VA et Vlaams Belang pour former une majorité au parlement flamand, mais le résultat du 9 juin rend cela impossible. Au niveau local, toutefois, la donne a changé. Le Vlaams Belang a obtenu une majorité absolue à Ninove, ouvrant la voie à la première maire VB. Ce qui est peut‑être encore plus important, c’est que le cordon sanitaire a été brisé à Ranst, une commune prospère d’environ 20 000 habitants près d’Anvers, où des partis locaux ont formé une coalition avec Vlaams Belang. Bien que les personnes ayant accepté de gouverner avec le VB aient été sanctionnées par leurs partis nationaux, cet épisode a suscité l’espoir que d’autres communes pourraient suivre cet exemple.  

Pour Jos Geysels, ancien dirigeant du parti vert flamand Agalev et l’architecte du cordon sanitaire contre le VB, les développements récents à Ranst sont symboliques. Il redoute des répercussions pour la démocratie et les droits des minorités mais déclare aussi qu’il n’y a aucune raison d’attendre une fracture du cordon à d’autres niveaux plus importants. Cependant, une consolidation locale pourrait constituer une étape supplémentaire pour que l’extrême droite en Flandre gagne en pouvoir et en influence dans la société et la politique. La normalisation advient toujours progressivement plutôt que brutalement.  

Une vague plus large  

La Flandre n’est pas à l’écart lorsque l’on parle de l’élargissement de l’influence des formations d’extrême droite en Europe. Sept pays de l’UE — y compris le voisin des Belges, les Pays‑Bas — sont gouvernés par des partis d’extrême droite. En France et en Allemagne, le soutien aux partis populistes d’extrême droite est à son niveau le plus élevé. En fait, en Europe de l’Ouest, les partis d’extrême droite ont rejoint un gouvernement ou soutenu une coalition de minorité plus souvent que les Verts.  

La rupture du cordon sanitaire marque un moment déterminant pour Vlaams Belang alors qu’il cherche à reproduire le succès de ses homologues ailleurs en Europe. Bien que la Belgique ait toujours présenté un paysage politique unique, on observe une tendance similaire à une normalisation accrue et à la durabilité de l’extrême droite. Ce déplacement pose des défis importants et soulève des questions fondamentales sur la manière dont les sociétés et les acteurs clés — tels que les médias et les autres partis politiques — devraient faire face à l’ascension de l’extrême droite.  

Pour l’heure, il semble que les partis verts belges soient résolument déterminés à combattre les idées politiques de l’extrême droite. Bien que les Verts aient perdu du terrain lors des récentes élections et restent la cible d’attaques politiques répétées, ils devraient poursuivre leur combat et refuser de normaliser les discours de l’extrême droite. 

Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.