Dominique Barthier

Europe

La pente glissante de la décroissance énergétique

La pénurie d’énergie actuelle de l’Union européenne ne semble pas devoir être passagère, et les plus modestes d’Europe en subissent déjà les conséquences. Malgré leurs efforts, les gouvernements des États membres ne pourront pas résoudre ce problème en s’appuyant sur de nouveaux combustibles fossiles, sur l’énergie nucléaire ou sur la remise en service de centrales à charbon anciennes. Ils devront trouver des leviers permettant aux sociétés européennes de consommer moins d’énergie. Swen Ore explore le concept de « sobriété énergétique » et examine le rationnement ainsi que la tarification progressive de l’énergie comme des approches socialement justes pour gérer une descente énergétique.

Avec la rupture des livraisons de gaz russe vers l’Europe et une crise énergétique qui se profile, le rationnement renaît, mais sous des dehors détournés. Pour éviter d’entrer en conflit avec les fondements idéologiques de notre société d’abondance, on emploie plutôt des termes comme « réduction de la consommation », « gestion de la demande », « suffisance » ou même « sobriété énergétique ».

Mais qu’est exactement la sobriété énergétique ? Et, même lorsqu’elle reste quelque peu taboue, les principes du rationnement pourraient-ils offrir une alternative à l’actuelle remontée de la pauvreté énergétique dans le cadre des crises écologiques ?

Le terme « sobriété » résonne d’une manière particulière chez les écologistes. Pour le philosophe Ivan Illich, penseur radical dont les écrits ont inspiré le mouvement écologiste politique naissant, la sobriété renvoie à une compréhension anti-productiviste de la société fondée sur une éthique de la « convivialité », qui invite chacun à entretenir des relations autonomes et créatives entre les individus et avec leur environnement. Comme il l’écrivait dans Tools for Conviviality en 1973, « les gens redécouvriront la valeur d’une sobriété joyeuse et d’une austérité libératrice seulement s’ils réapprennent à dépendre les uns des autres plutôt que de « des esclaves de l’énergie » »[1]

Appliquée à l’énergie, la sobriété reflète une vision politique à long terme d’une société capable de sortir du cycle des crises répétées en devenant moins dépendante de l’énergie. Il ne s’agit pas simplement de proclamer que « nous » devrions consommer moins, comme si les inégalités sociales n’existaient pas. Bien au contraire, elle nous invite à opérer un changement structurel dans l’usage de l’énergie, qui soit à la fois démocratique et socialement juste.

Sobriété ou suffisance ?

À première vue, l’emploi du terme sobriété peut prêter à confusion avec la lutte contre l’alcoolisme. Cette ambiguïté a été vécue de près par le penseur écologiste français Luc Semal, l’un des auteurs de l’ouvrage marquant Sobriété énergétique, lors de ses premières rencontres avec des associations de base. Mais une fois l’incompréhension dissipée, la métaphore demeure. Comme pour l’alcool, nous avons une soif civilisationnelle d’énergie. Celle-ci doit être produite de manière adaptée, choisie avec soin et consommée avec modération, et, tout comme l’abus d’alcool, l’exploitation excessive de l’énergie peut détruire des environnements physiques et des structures sociales.

Dans le monde anglophone, le terme « suffisance énergétique » est plus couramment utilisé que « sobriété ». Pour les besoins de cet article, les deux termes seront considérés comme équivalents. Les deux concepts reconnaissent la nécessité d’énoncer une limite et de proposer une alternative à notre utilisation – et à nos gaspillages – énamourés par l’énergie.

Cet article est tiré de l’édition papier

Priced Out: The Cost of Living in A Disrupted World

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La production et la consommation d’énergie en France – y compris l’énergie « incorporée » dans les importations – n’ont cessé de croître depuis 1945. Diverses politiques énergétiques ont été testées depuis les années 1990 – et même avant si l’on prend en compte les campagnes anti-gaspillage des années 1970 – mais ces politiques se sont soit concentrées sur l’efficacité énergétique, soit n’étaient que des gesticulations symboliques.

L’histoire est similaire pour les politiques énergétiques de l’Union européenne. En 2012, la chercheuse Maria Edvardsson ne parvenait pas à trouver un texte de la Commission européenne qui traitait directement des concepts de sobriété énergétique ou de suffisance.[2] Peu de choses ont changé depuis. Lorsque ces termes apparaissent, leur usage reflète une confusion avec la notion d’efficacité énergétique.

Le discours dominant autour de l’économie d’énergie demeure profondément enraciné dans le mythe de la croissance, dans lequel l’essor technologique prévaut. L’œuvre influente du sociologue américain Jeremy Rifkin sur la « troisième révolution industrielle » exprime cela de manière très claire. Selon sa vision, les technologies Internet et les énergies renouvelables permettront à des centaines de millions de personnes de produire leur propre énergie verte. Ces infrastructures décentralisées remplaceront nos systèmes nucléaires, gazier et charbonniers vieillissants. Ce nouveau monde, hautement interconnecté, générera des millions d’emplois et des « innombrables nouveaux biens et services », prolongeant la croissance économique.

Dans ce cadre, l’économie d’énergie est vue comme une perspective offerte par les innovations techniques pour diminuer les coûts de production et accélérer la fabrication de nouvelles technologies afin de s’orienter vers une économie décarbonée. L’efficacité énergétique pousserait les frontières de la croissance vers l’avant, menant in fine à une augmentation de la consommation mondiale d’énergie. C’est cette logique qui a conduit le président français Emmanuel Macron, en février 2022, à déclarer que, pour réduire la consommation d’énergie de la France de 40 %, le pays doit « grandir dans la sobriété ». Il affirmait que cela peut être accompli « sans autodestruction » par l’« innovation [et la] transformation de nos procédés industriels ».

Pour des écologistes comme Luc Semal, cela ne représente pas l’avènement de la société à laquelle ils aspiraient. La suffisance énergétique qu’ils défendent est politique. Elle concerne une répartition équitable des efforts de réduction d’énergie, et non le développement d’innovations technologiques. Pour eux, la suffisance consiste à repenser la demande énergétique globale. Pour ce faire, il faut aussi remettre en question les fondements économiques de nos démocraties.

Le « contrat naturel » comme amendement au contrat social

Dans les démocraties capitalistes, l’accès à l’énergie est soit envisagé comme un droit pour les plus pauvres, soit comme une liberté pour les plus riches. Ainsi, les efforts pour verdir ces démocraties – ce qui implique des politiques qui réduisent la consommation énergétique globale – suscitent chez certains des craintes d’insécurité et, chez d’autres, le sentiment que leur liberté et leur mode de vie seraient menacés. La sobriété énergétique exige donc une redéfinition du contrat social, afin que les limites des ressources soient enfin prises en compte pour définir collectivement ce que signifie « assez ». Le philosophe Michel Serres parle de ce cadre comme du « contrat naturel ».

L’objectif est ici de réduire les inégalités par la mise en place de mécanismes de solidarité fondés sur la rareté des ressources plutôt que sur l’abondance. Le concept de suffisance impose une remise en question tangible de l’énergie, exigeant une révision des fondements économiques de nos démocraties et du cadre qui organise nos droits et nos devoirs en matière d’énergie.

L’objectif d’une telle politique est d’anticiper – de manière démocratique – ce que l’économiste Christian Arnsperger et le philosophe Dominique Bourg décrivent comme « un retour forcé à la suffisance, sous des formes inéquitables et violentes, qui détruisent la dignité humaine authentique ». En d’autres termes, il s’agit d’éviter que la montée de la pauvreté énergétique ne s’accompagne d’un effritement social et de violences dans le cadre de la crise actuelle.

La sobriété énergétique reflète une vision politique à long terme d’une société capable d’échapper au cycle des crises répétées.

Rationnement et suffisance collective

L’histoire européenne regorge d’exemples de politiques de rationnement, que ce soit durant les guerres ou lors des chocs pétroliers. Mathilde Szuba [3], résumée et paraphrasée ici par l’auteur, décrit les politiques de rationnement en France pendant la Première et la Seconde Guerres mondiales, ainsi qu’aux Pays-Bas lors de la crise pétrolière de 1973. Les gouvernements savent intervenir de manière drastique et équitable sur le marché lorsque cela s’impose. Or ces politiques ne seront acceptées par les populations que si elles combinent justice pour les plus démunis et sécurité pour les plus aisés.

En France, le rationnement demeure associé à l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisé comme un outil d’appauvrissement. Mais l’expérience française du rationnement vingt-cinq ans plus tôt, pendant la Première Guerre mondiale, montre qu’il peut aussi être employé pour lutter contre l’injustice sociale et la sur-consommation. [4] [5]

En 1915, la guerre provoqua une flambée des prix des denrées alimentaires et du charbon. La première intervention gouvernementale visait à obliger les détaillants à afficher, dans leurs vitrines, les prix moyens des aliments en parallèle de leurs propres tarifs. Mais les coûts continuèrent d’exploser et les tensions dans la population s’accrurent. En réponse, le gouvernement décidait de fixer des prix maximum en 1916, d’abord pour le sucre et le charbon, puis progressivement pour d’autres denrées de base. Mais cela échoua également à freiner les inégalités croissantes.

En 1917, les Parisiens exigèrent que le gouvernement aille plus loin en rationnant le charbon. Malgré une résistance initiale de la majorité parlementaire, il fut décidé de limiter les achats par les classes supérieures afin d’assurer l’accès pour tous. Cette décision politique fut bien accueillie par un public qui ne pouvait plus se permettre la ressource devenue rare et trop coûteuse. Le fait que la fixation des prix et des quantités par le gouvernement n’ait été adoptée qu’en dernier ressort et sous pression populaire mérite d’être souligné.

La mise en œuvre du rationnement du charbon nécessita une réorganisation administrative importante. Le Ministère des Armements décida de l’allocation nationale du charbon par le Bureau national du charbon, qui organisa ensuite la distribution au niveau départemental. Le principe clé de cette politique fut « une cheminée par foyer », ce qui, bien sûr, privilégiait les ménages les plus riches. L’allocation de charbon pouvait être légèrement augmentée pour les foyers plus importants, ce qui avait tendance à profiter aux classes ouvrières.

Les enjeux politiques qui se déployèrent au Parlement et au Sénat autour de l’introduction du rationnement du charbon opposèrent les intérêts des producteurs et propriétaires plus ruraux à ceux des consommateurs et des travailleurs plus urbains. En fin de compte, cette intervention publique dans le marché et dans la sphère privée réussit à atténuer les tensions sociales et à maintenir la cohésion sociale jusqu’à la fin de la guerre.

Le rationnement fut aussi une caractéristique des chocs pétroliers des années 1970. Lorsque la guerre du Yom-Kippour éclata en 1973, l’OPEC imposa un embargo pétrolier contre les pays qui soutenaient Israël, dont les Pays-Bas. En conséquence, les prix du pétrole furent multipliés par quatre et les autorités néerlandaises durent agir rapidement. À partir de novembre 1973, les voitures privées furent interdites de circulation les dimanches. En janvier 1974, cette restriction fut remplacée par un rationnement du pétrole via un système de coupons. L’objectif de cette mesure, soutenue par les compagnies pétrolières et par le gouvernement den Uyl, était de réduire la demande en ligne avec le déclin des importations, soit une diminution de 30 %. Après un mois, cependant, les importations reprirent et le rationnement fut aboli. Le gouvernement poursuivit ensuite son programme de réduction de l’énergie en limitant notamment les vitesses sur les routes.

Dans notre contexte actuel, il est raisonnable de supposer que le rationnement énergétique permettrait d’anticiper la raréfaction du pétrole, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de limiter les activités humaines qui provoquent la perte de biodiversité. Mais jusqu’où serait-il faisable d’introduire le rationnement de l’énergie en dehors des situations de guerre et de crise aiguë ? Les exemples historiques présentés ci-dessus présentent au moins deux différences par rapport à notre réalité contemporaine. Premièrement, la crise écologique n’est pas temporaire. L’objectif de la mise en œuvre d’une politique de suffisance serait d’établir une « nouvelle normalité ». Et deuxièmement, la dépendance énergétique est désormais plus forte que jamais. Le pétrole, en particulier, semble inconcevable à remplacer dans le secteur des transports sans engager des transformations profondes des infrastructures et des services de mobilité.

De la crise énergétique à une « nouvelle normalité »

Pour revenir à l’actualité, les perturbations liées à l’approvisionnement en gaz russe vers l’Europe ont entraîné une hausse marquée des prix. Ces augmentations touchent principalement les personnes les plus vulnérables de la société et obligent les pouvoirs publics européens à déployer une série de mesures d’urgence souvent évoquées : plafonds tarifaires de l’énergie, réduction du taux de TVA, impôts sur les superprofits, taxes sur les marges des sociétés énergétiques, tarifs sociaux subventionnés étendus aux familles à revenu moyen inférieur et allocations énergétiques pour les ménages et les entreprises.

Le dénominateur commun de ces mesures est qu’elles portent essentiellement sur les prix : les quantités et les usages restent hors champ. Aucune distinction n’est faite entre chauffer l’eau pour une douche et chauffer l’eau d’une piscine privée, ni entre un kilomètre parcouru pour aller au travail et un autre parcouru pour des loisirs. Or, c’est là précisément le cœur du problème. Comment justifier le subventionnement de kilowattheures utilisées pour des usages inutiles ou même ostentatoires ? Comment accepter de financer collectivement des pratiques incompatibles avec nos engagements écologiques ?

Comme pour l’alcool, l’excès d’énergie peut détruire aussi bien les environnements physiques que les structures sociales.

Une solution à ce problème est la tarification progressive de l’énergie, qui aide à distinguer les usages. Sous ce système, les premiers kilowattheures consommés restent bon marché et les prix augmentent ensuite par paliers. Une tarification progressive garantit ainsi que les besoins essentiels soient couverts, tandis que les gros consommateurs paient une prime. Une formule bien connue du politologue et journaliste Paul Ariès résume cette approche : « usage libre et usage abusif coûteux ».

Il n’est pas secret que la consommation d’énergie (et donc les émissions de CO2 et d’autres impacts environnementaux) croît avec le niveau de revenu ; une tarification progressive est donc aussi une tarification sociale. Ce principe peut également être appliqué aux entreprises et industries en fonction de leurs impacts écologiques, sociaux et économiques afin de préserver et d’accroître notre capacité collective à vivre dignement.

Dans ses entretiens avec des personnes qui endurent malgré elles l’évidence de la suffisance énergétique au quotidien, Luc Semal a constaté que l’explication du concept pouvait parfois aider à renverser la stigmatisation sociale attachée à cette question : « La surconsommation est l’apanage des riches, alors que la suffisance peut devenir la vertu des plus pauvres. Une conception plus politique des inégalités écologiques émerge alors, qui va de pair avec une critique des inégalités économiques. »

Une façon encore plus radicale de répartir l’énergie de manière équitable serait d’instaurer des quotas personnels. Le système des Domestic Tradable Quotas a été initialement proposé par l’analyste politique David Fleming en 1996. Selon cette proposition, un budget carbone serait défini au niveau national. Celui-ci serait ensuite divisé en droits d’émission individuels. Chaque personne d’une société donnée se verrait attribuer les droits d’émission nécessaires pour acheter du carburant ou de l’électricité (en parallèle du paiement financier habituel). La vente et l’achat de ces droits seraient autorisés, mais aucun droit d’émission supplémentaire ne pourrait être émis, produisant ainsi un effet redistributif.

De nombreuses variantes de cette idée ont été développées, notamment le trading personnel de carbone, les allocations personnelles de carbone et les échanges d’émissions finaux. Des propositions pour un tel régime ont même suscité un intérêt considérable du gouvernement britannique au début des années 2000. Cependant, lors des turbulences de la crise financière de 2008, le gouvernement du Royaume-Uni a déclaré qu’il s’agissait d’une « idée actuellement en avance sur son temps » et a fini par l’abandonner.

La pente glissante de la descente énergétique

Paradoxalement, il semble que plus une société consomme d’énergie, moins elle soit consciente de sa matérialité. Si l’abondance prive la gestion de l’énergie du cadre privé et, dans le cadre de la simplicité volontaire, de la sphère morale et philosophique, sa rareté la ramène sur le terrain politique. Dans un jeu à somme nulle, la consommation d’une personne peut se faire au détriment de celle d’autrui. Cette interdépendance constitue la première étape de la politicisation.

Cependant, un contrat social ne suffira pas. Le principe d’une réduction progressive des quantités agrégées nécessite une sorte de « contrat naturel ». Comme la nature n’est malheureusement pas en mesure de parler pour elle-même, il faudrait fixer des limites plutôt que de les imposer extérieurement. Or, c’est précisément la mission des institutions politiques d’organiser et d’administrer la distribution, d’arbitrer les besoins et de prioriser les usages.

Les restrictions de déplacement drastiques imposées pendant la crise du Covid-19 ont montré qu’une mise en œuvre rapide des politiques était possible, mais aussi qu’elle mettait en lumière des inégalités susceptibles de compromettre leur acceptation. Des politiques de rationnement efficaces ne peuvent être tenues que sur le long terme si elles reconnaissent les expériences des groupes pour lesquels la rareté est une réalité quotidienne. L’échec à construire des mécanismes équitables et unis pour organiser le rationnement énergétique (comme les tarifs progressifs) pourrait conduire à des conflits sociaux à grande échelle dus à des pénuries.

Au moment où ces lignes sont écrites, la guerre en Ukraine entraîne une grave crise énergétique. Alors que les États mettent en place des mesures pour aider les personnes à faible revenu, il apparaît clairement que ce n’est pas seulement une question de prix, mais aussi d’usage et d’approvisionnement, poussant les décideurs à privilégier le rationnement. En France, le mot « sobriété » n’est plus un tabou. Le président Emmanuel Macron lui-même a promis un « plan de sobriété énergétique » pour se passer de gaz russe en juillet 2022.

Encore une fois, les politiques de suffisance se déploient dans le cadre de la crise. Dans Sobriété énergétique, les auteurs se demandent si nos démocraties sont réellement capables de choisir volontairement la suffisance énergétique comme moyen de construire une société véritablement écologique. Ce qui est certain, toutefois, c’est que l’énergie est une affaire de débat démocratique. Les préoccupations d’aujourd’hui concernant les prix de l’énergie ne doivent pas occulter les doubles crises qui se profilent devant nous : la fragilité de notre approvisionnement énergétique et la nécessité d’organiser une révolution énergétique à grande échelle, qui impliquera nécessairement la suffisance. L’usage de l’énergie, en tant que ressource limitée, devrait contribuer au bien commun. Construire un système de distribution de l’énergie qui distingue les usages est la meilleure voie pour lutter à la fois contre la hausse des prix et contre la surconsommation. Comme l’écrit l’anthropologue environnemental Mathilde Szuba : « Inimaginable ? Pas faisable ? Pas vraiment, et en fait, nous l’avons déjà fait auparavant. » Mathilde Szuba, dans Bruno Villalba et Luc Semal.

Remerciements à Peter Sims, Sien Hasker, Jonathan Essex, Luc Semal, Mathilde Szuba pour leurs remarques et leurs critiques.

[1] Le terme « esclave énergétique » désigne la quantité d’énergie nécessaire pour remplacer le travail humain. Ivan Illich (1973). Tools for Conviviality. New York: Harper & Row.

[2] Maria Edvardsson (2012). La Sobriété énergétique dans la politique de l’énergie de l’Union européenne. L’inexistence au niveau européen d’un concept important dans l’atteinte des objectifs énergétiques et climatiques, Rapport d’expertise de M1, IEP de Lille

[3] Mathilde Szuba, in Bruno Villalba and Luc Semal (eds) (2018). Sobriété énergétique: contraintes matérielles, équité sociale et perspectives institutionnelles. Versailles: Editions Quae.

[4] Thierry Bonzon (1996), « La société, l’État et le pouvoir local : l’approvisionnement à Paris, 1914-1918 », Guerres mondiales et conflits contemporains, 183 : 11-28.

[5] Thierry Bonzon (2006), « Consumption and total warfare in Paris (1914-1918) », in Frank Trentmann and Flemming Just (eds), Food and Conflict in Europe in the Age of the Two World Wars. London: Palgrave Macmillan

Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.