La capacité de l’extrême droite à exploiter les algorithmes et à bâtir des médias aussi bien en ligne que hors ligne lui a permis d’influencer le débat politique d’une manière que la gauche peine à égaler. Dans un environnement informationnel dominé par les grandes technologies et qui privilégie des messages polarisants et une communication agressive, les progressistes doivent investir dans des plateformes alternatives et appuyer un journalisme de qualité, dépassant l’idéal obsolète d’objectivité.
En octobre 2024, lors d’un événement à Saint-Pétersbourg, un journaliste du service public allemand ZDF a demandé au ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó pourquoi il aime tant provoquer l’Union européenne par ses fréquents déplacements en Russie. Le ministre a alors accusé le journaliste lui-même de provocation. « Essayez de vous comporter de manière polie et respectueuse envers la Hongrie. […] Nous ne sommes pas une nation ‘jawohl’, d’accord ? », a déclaré Szijjártó, affilié au parti d’extrême droite Fidesz, en utilisant un mot allemand employé comme réponse affirmative à un ordre militaire. « Vous ne pouvez pas nous dicter quoi que ce soit – personne [ne le peut], ni le gouvernement allemand, ni les Grünen en Allemagne. »
Cette réaction illustre des composants typiques des stratégies de communication actuelles de l’extrême droite. Plutôt que de répondre à la question qui lui était posée, Szijjártó a retourné la faveur en l’accusant d’un comportement répréhensible et en présentant le journaliste comme un agent d’un groupe d’intérêts puissant. L’emploi du terme « jawohl » relève du trolling : il moque la langue allemande (ou l’“esprit” du pays) tout en évoquant le passé nazi de l’Allemagne, ce terme ayant une utilisation courante dans un contexte militaire.
Enfin, il n’est pas anodin que Szijjártó ait mentionné les Grünen — le parti perçu comme le moteur du progressisme et, à ce titre, le véhicule des tendances que l’extrême droite espère inverser : l’égalité des genres, le multiculturalisme et la justice sociale. Le bref échange a été publié sur les réseaux sociaux par l’équipe de communication du ministre.
La Hongrie illustre un régime d’extrême droite qui a réussi à transformer la quasi-totalité des médias du pays en vecteur de propagande tout en faisant fi de ce qui reste de la presse indépendante. Fidesz est au pouvoir depuis quatorze ans; il a atteint un point où il ne se sent plus redevable envers le public, que ce soit sur le plan national ou international. Comme d’autres partis d’extrême droite, il n’a plus besoin de canaux de communication traditionnels — télévision et radio grand public, par exemple — et n’a donc pas besoin de s’asseoir face à des journalistes et de jouer selon leurs règles. Et si des médias internationaux tels que Fox News, The Epoch Times, Breitbart News et d’autres jouent le rôle de porte-voix idéologique pour l’extrême droite, il existe aussi des versions locales dans chaque pays, sans parler des réseaux sociaux.
Peu importe désormais quel média un acteur politique emploie pour diffuser son message. Si celui-ci est finement pensé, il sera repris par les grands médias. Cela se voit particulièrement dans les tweets de Donald Trump, qui inspirent d’innombrables articles de presse et segments des chaînes d’information. Cela montre comment les messages de l’extrême droite deviennent eux-mêmes des « informations » sans que les médias traditionnels aient l’occasion de poser des questions embarrassantes.
Une couverture critique de l’extrême droite ne semble plus influencer durablement les succès de ses partis.
Affaiblir les médias traditionnels
Dans leur ouvrage News After Trump, des chercheurs des médias, Matt Carlson, Sue Robinson et Seth C. Lewis, tentent d’analyser pourquoi le mépris de Trump pour la vérité et ses attaques permanentes contre l’establishment et le journalisme grand public se sont avérés politiquement efficaces, permettant à l’ancien outsider politique de devenir président américain en 2016. Selon les auteurs, les médias historiques en sont en partie responsables: Trump a tiré parti de l’attachement des journalistes à des règles de longue date, comme la nécessité de relater les événements de manière objective afin d’assurer une couverture suffisante, et, en retour, il a volontairement sapé les médias grand public.
En ce qui concerne les figures les plus en vue des démocraties modernes, peu de personnalités ont manifesté ces dernières années un tel manque de respect pour une conduite politique « correcte », y compris la vérité. Les journalistes ont dû relater ce que le candidat — puis président — disait, mais le fait qu’une grande partie de ce qu’il affirme soit faux crée une série de problèmes pour laquelle ils n’ont pas encore trouvé de solution.
Par ailleurs, la tranche de la société qui, fréquemment, réagit avec indignation face aux petits scandales ou aux propos provocateurs des politiciens d’extrême droite modernes peut être en train de se réduire. Cela est en partie dû à la normalisation des messages d’extrême droite. Par ailleurs, les reportages critiques sur l’extrême droite semblent avoir peu d’influence sur le succès des partis. En janvier 2024, le média d’investigation allemand Correctiv a publié un rapport sur une réunion d’extrême droite où des participants — parmi lesquels des politiciens de l’Alternative für Deutschland (AfD) — évoquaient des projets d’expulsion de personnes étrangères et de « citoyens allemands non assimilés » du pays. Cela a déclenché de vastes manifestations, mais l’attrait électoral de l’AfD a continué de croître. Dans les paysages médiatiques actuels, polarisés et fragmentés, le parti a pu exploiter des canaux non traditionnels pour développer et diffuser une narration alternative autour de ses projets qui séduisait un public de plus en plus large.
Être méchant
Dans ce paysage, le discours clivant et irrespectueux remplace le compromis. Le psychologue politique Thomas Zeitzoff parle d’un « style politique méchant », où tout, des insultes et des invectives aux menaces voilées et à l’incitation, constitue une rhétorique courante qui peut mener à des actes violents. L’exemple le plus frappant demeure celui de Trump, qui, après des années de mensonges et d’insultes, a incité un groupe de ses partisans à envahir le Capitole.
Zeitzoff soutient que, même si la majorité des électeurs ne soutiennent pas en permanence une politique de confrontation ou d’agressivité, cette tactique est néanmoins utilisée comme une stratégie gagnante par certains politiciens. Elle est particulièrement efficace en période de crise, lorsque la population apprécie un dirigeant qu’elle ne peut pas être intimidé, ainsi que chez des politiciens qui n’ont rien à perdre: des outsiders qui n’auraient autrement pas accès à la scène politique, ou des titulaires dont le soutien s’érode. Ces stratégies agressives leur permettent de signaler qu’ils sont une force avec laquelle il faut compter, et leurs insultes et attaques peuvent dissuader de nombreux concurrents de participer au jeu “sales” de la politics.1
Dans certains pays européens, le consultant républicain américain Arthur Finkelstein est devenu presque un nom familier. Ses stratégies de campagne impitoyables aux États-Unis dans les années 1970 et 1980 ont attiré l’attention des partis d’extrême droite en Israël et en Europe centrale, à qui il a servi de conseiller par la suite. Finkelstein étudiait les sondages d’opinion pour identifier les sujets qui importaient le plus aux gens; sur cette base, il forgeait des messages polarisants destinés à attaquer et dénigrer l’adversaire. On se souvient de lui comme de l’auteur des associations émotionnelles négatives avec le mot « libéral », le transformant en l’un des adjectifs les plus nuisibles pour décrire un politique. Il monta des campagnes entières autour d’ennemis inventés, comme les affiches mémorables en Hongrie accusant le milliardaire George Soros d’être le marionnettiste de l’opposition. Finkelstein est décédé en 2017, mais son héritage perdure chez une nouvelle génération de stratèges. Désormais, ils ciblent les Grünen, qu’ils estiment vouloir réorganiser les sociétés de manière à servir surtout les élites cosmopolites.
L’attrait d’un parti dépend dans quelle mesure il peut renforcer ses métaphores directrices.
Les métaphores jouent aussi un rôle crucial dans l’acquisition des suffrages. Leur emploi dans la politique a été décrit en détail par le linguistique cognitif George Lakoff, qui, dans les années 1990, soutenait que les électeurs sont influencés par des constructions linguistiques s’inscrivant dans deux grands cadres mentaux de la politique: d’une part, le modèle conservateur du « père strict », qui valorise l’image d’un homme autoritaire pour discipliner les enfants tout en évitant l’intervention lorsque l’enfant devient adulte prospère (par exemple, en dirigeant une entreprise); d’autre part, le modèle progressiste (dans son cas, les libéraux américains) du « parent nourricier », qui repose sur la métaphore d’un éducation coopérative visant à aider les enfants à réaliser leur potentiel et à les protéger des menaces.
Lakoff estime que la majeure partie de la pensée humaine est guidée par des comparaisons non littérales, et l’attrait d’un parti dépend de la mesure dans laquelle il peut renforcer ses métaphores directrices. Actuellement, les conservateurs — et en particulier les représentants de l’extrême droite — ont réussi à construire des cadres forts qu’ils renforcent par leurs communications. Des politiciens promettant de protéger l’Europe des intrus, des chroniqueurs d’extrême droite qui jouent sur la peur, et des visionnaires de la tech de droite qui réclament un État qui réagisse aussi vite qu’une start-up montrent non seulement des ressemblances claires avec le « père strict » de Lakoff dans leurs constructions verbales, mais demeurent aussi très cohérents dans leur message (une tendance liée à leur vision du monde simplifiée et à leur méthode confabulatoire d’identification des problèmes et de proposition de solutions).
Les progressistes commettent eux aussi les mêmes erreurs: pendant des décennies, ils ont répété les affirmations d’extrême droite (même si c’était pour les démystifier), ont utilisé des métaphores issues de l’arsenal du « père strict » pour transmettre des messages libéraux ou de gauche, ou ont même emprunté des propositions à l’extrême droite (par exemple sur l’immigration et le contrôle des frontières).
L’infrastructure parallèle
Derrière les politiciens et leurs partisans bruyants se dessine un réseau croissant de construction du savoir d’extrême droite, composé de blogs, de journaux, de revues, de think tanks et d’éditeurs de livres. Des médias alternatifs par lesquels l’aile droite peut partager sa propre interprétation des développements récents émergent en grand nombre. En Allemagne, Cato, Compact et Junge Freiheit figurent parmi les titres d’extrême droite les plus visibles en kiosque. Compact a été brièvement interdit cette année par le ministère fédéral de l’Intérieur pour incitation à la haine et diffusion de théories complotistes, mais un tribunal administratif a annulé la décision au nom de la liberté de la presse. L’activiste d’extrême droite Götz Kubitschek dirige le think tank Institut für Staatspolitik (Institut de politique d’État) — classé comme extrémiste par l’agence fédérale de renseignement intérieur — et exploite la maison d’édition Antaios ainsi qu’un blog et une revue intitulée Sezession. Kubitschek n’est pas membre de l’AfD — il a été jugé trop radical pour être admis — mais il entretient des liens étroits avec l’aile extrémiste du parti.
À l’instar de la maison d’édition britannique Arktos et de la Nouvelle Droite française, Kubitschek adhère à la stratégie de la métapolitique: utiliser les institutions culturelles pour rendre son idéologie omniprésente. Inspirés par la marche perçue des gauches à travers les institutions, certains éléments de la droite œuvrent à étendre leur réseau de connaissances et à favoriser des échanges d’idées à l’international. Arktos, par exemple, a publié des ouvrages du penseur fasciste russe Alexandre Douguine et du Français Renaud Camus, nationaliste blanc.
Par ailleurs, le gouvernement hongrois illustre comment les ressources publiques peuvent être déployées pour créer un réseau véritablement omniprésent et international. Après des années de capture des médias et d’investissements importants dans des organes nationaux et internationaux, l’institution étatique “Mathias Corvinus Collegium” (MCC) — un établissement de promotion des talents — a servi d’outil pour l’expansion culturelle de l’idéologie de Fidesz: le MCC a dominé le marché de l’édition en Hongrie et a etabli un réseau de think tanks tant au niveau national qu’international. Il a attiré un grand nombre d’intellectuels hautement éduqués et d’ex‑enseignants d’universités traditionnelles pour donner l’impression d’une organisation sérieuse.
Le bureau bruxellois du MCC est ainsi dirigé par Frank Furedi, professeur émérite à l’Université de Kent, qui organise activement des débats de politique publique dans la capitale européenne afin de présenter ses positions sur des questions telles que le genre, la famille et le changement climatique, ainsi que les limites de la liberté d’expression et l’interprétation des protestations agricoles. Ses collaborateurs offrent des commentaires d’experts et bénéficient d’occasions d’expliquer leurs positions tant dans des médias de niche d’extrême droite que dans certains médias grand public. Le MCC a également été le sponsor de la controversée National Conservatism Conference à Bruxelles, qui a réuni des politiciens d’extrême droite, aux côtés de certains membres des partis conservateurs traditionnels.
Ce qui est clair, c’est que les progressistes ne peuvent pas continuer comme si de rien n’était.
L’environnement numérique et ses opportunités
Alors que les mutations du domaine public poussent de plus en plus de personnes à s’informer via les réseaux sociaux plutôt que par les organes d’information établis, il devient plus facile d’exposer de vastes publics à des contenus xénophobes et nuisibles. Si la propagande et la désinformation relèvent généralement du domaine russe, la plupart des incitations, théories du complot et contenus fabriqués proviennent d’acteurs nationaux qui utilisent les réseaux sociaux pour construire des audiences beaucoup plus efficacement que ne le faisaient les générations antérieures à l’ère d’Internet.
Des indices suggèrent que les algorithmes des réseaux sociaux n’encouragent pas seulement les échanges polarisants et nuisibles, mais les incitent activement. Ils comprennent que les contenus confrontants génèrent plus d’engagement et, par conséquence, dirigent davantage de ce type de contenu vers les utilisateurs afin de les maintenir plus longtemps sur la plateforme. Sachant que les utilisateurs peuvent monétiser leurs contenus et toucher une part des recettes publicitaires générées par leurs publications, l’incitation financière est réelle. Après les élections américaines de 2016, un groupe d’adolescents nord-macédoniens a gagné une petite fortune en visant les électeurs américains avec des récits inventés et du contenu copié-collé en faveur de Trump sur les réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux constituent un environnement habilitant non seulement pour des activistes politiques marginaux et des petits entrepreneurs opportunistes, mais aussi pour des partis d’extrême droite établis et des propagandistes financés par la Kremlin. Ces acteurs utilisent des stratégies très similaires et répandent des récits nuisibles sur des sujets tels que l’immigration, le Covid-19, l’intégration européenne et le processus électoral. Cela crée quelque chose qui ressemble à une ligne de front unie, souvent complétée par des milliardaires de la tech, dont beaucoup semblent sympathiser avec l’idéologie de l’extrême droite et voient des avantages dans ses approches de règlementation et de dérèglement.
Que faire ?
Il est difficile de dire si l’extrême droite est plus habile que les segments modérés et progressistes de la société en matière de communication. Il se peut tout simplement que des technologies comme les algorithmes leur offrent un avantage. Ce qui est clair, toutefois, c’est que les progressistes ne peuvent pas continuer comme avant.
Les responsables politiques et les activistes doivent devenir plus conscients lors de la conception de leurs messages et rester fidèles à leurs valeurs. Plutôt que d’emprunter des slogans édulcorés issus de l’extrême droite, ils devraient expliquer clairement et de manière cohérente comment leurs propositions répondent aux défis réels de notre époque et créent des sociétés plus équitables. Si cela implique de trouver une nouvelle métaphore directrice, ils devraient commencer par en chercher une qui décrit le mieux leurs buts et leurs valeurs.
Les Verts pourraient jouer un rôle moteur. Les effets dévastateurs du changement climatique deviennent de plus en plus évidents et les inégalités se creusent. Les Verts ont averti du problème depuis des décennies; il est temps qu’ils expriment leurs propositions de manière forte et sans compromis.
Se faire entendre est une meilleure stratégie que d’essayer d’empêcher les gens de répandre des mensonges. La communication d’extrême droite, même si nuisible, est le plus souvent protégée par les lois relatives à la liberté d’expression, et les tentatives de la restreindre pourraient se retourner contre les progressistes. Par ailleurs, la déplatformation d’individus ou de sites n’a qu’un effet limité: les acteurs peuvent facilement trouver des canaux alternatifs pour diffuser leur contenu.
Au contraire, l’action politique doit se concentrer sur les entreprises technologiques dont les technologies, pratiques et modèles économiques facilitent la montée de l’extrême droite. Des mesures antitrust et l’imposition d’une interopérabilité significative pourraient favoriser une concurrence plus vive et permettre l’émergence d’acteurs plus modestes. Les grandes plateformes technologiques continueront probablement à offrir les solutions les plus séduisantes pour ceux qui veulent s’amuser sur les réseaux sociaux, mais des plateformes sociales alternatives et responsables, comme Mastodon, pourraient offrir un meilleur forum pour discuter des questions d’intérêt public. Les progressistes doivent accroître leur présence sur ces plateformes alternatives plutôt que de se contenter d’améliorer leur « littératie TikTok ». Sur le plan politique, encourager la création de nouvelles plateformes dotées d’une mission de service public claire pourrait aider à rompre le monopole des grandes tech et laisser suffisamment d’espace pour des alternatives à but non lucratif, publics et plus petites pour le profit privé.
Un journalisme de qualité doit également recevoir un coup de pouce; l’importance des créateurs de contenu professionnels qui garantissent la qualité et la véracité de l’information d’intérêt public ne peut être sous-estimée. Pour que cela fonctionne, la profession doit se réinventer. L’industrie journalistique a déjà commencé à rechercher de nouveaux modèles économiques, dont beaucoup peuvent servir à créer du contenu de qualité, mais la durabilité et l’évolutivité restent problématiques.
La confiance est tout aussi importante que la qualité. Actuellement, les organes qui peuvent se permettre de publier des articles bien documentés sont perçus comme trop élitistes et ne représentent pas les points de vue des groupes sous-représentés. Les auteurs de News After Trump recommandent d’introduire une voix morale dans le journalisme dominant plutôt que de supposer que les faits parleront d’eux-mêmes. Une telle approche s’appuierait sur ce qu’ils appellent « l’objectivité active », qui prend en compte le fait que le journaliste contribue activement à la connaissance produite, les faits pouvant être interprétés différemment par différents observateurs. Revoir la façon dont le journalisme est pratiqué pourrait diversifier la profession et la rendre à l’épreuve de ceux qui souhaitent la fragiliser. Dans un second temps, les publics doivent soutenir un journalisme de haute qualité. Sans cela, il est presque impossible de maintenir une sphère publique démocratique capable de résister au trolling et à la provocation.
Enfin, des mesures sont nécessaires pour accroître la résilience de la société. Les progressistes doivent dialoguer avec tous les segments de la population, de manière claire et compréhensible. Les citoyens doivent développer les compétences leur permettant d’identifier clairement ce qui est dans leur intérêt et quelles informations elles peuvent leur accorder leur confiance. Cela prendra du temps — et les médias ne sont qu’un des vecteurs menant à cet objectif. De nombreux facteurs économiques et sociaux alimentent la polarisation; ne les traiter que séparément ne suffira pas pour obtenir un succès durable.
- Thomas Zeitzoff (2023). Nasty Politics: The Logic of Insults, Threats, and Incitement. Oxford: Oxford University Press. ↩︎
- Voir par exemple: George Lakoff (1996). Moral Politics: How Liberals and Conservatives Think. Chicago: University of Chicago Press. ↩︎
