Dominique Barthier

Europe

Pesticides et Parkinson : le test manquant pour révéler le lien

Des preuves accumulent depuis des décennies suggérant que la maladie de Parkinson, la maladie neurodégénérative qui connaît la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale, pourrait être liée aux pesticides utilisés en agriculture. Pourtant, après avoir enfin semblé prendre au sérieux les inquiétudes des spécialistes, les organes d’autorisation de l’UE n’ont pas pris de mesures concrètes. Extrait du livre Het pesticidenparadijs (« Pesticide Paradise ») de Dirk de Bekker.

« Si vous êtes le PDG de Bayer, allongé dans votre lit en proie à l’insomnie, comment pourriez-vous vous justifier cela à vous‑même… Supposons que le Roundup soit la cause de la maladie de Parkinson, comment pouvez-vous dormir sur vos deux oreilles ? »

Nous sommes le 29 mars 2022. Assis en face de moi, Bas Bloem, professeur de neurologie et expert international de renom sur la maladie de Parkinson, vient de m’expliquer, d’un ton rapide et avec des phrases formulées avec précision, quels processus cérébraux sont perturbés lorsque survient la maladie de Parkinson. Bien qu’il parle couramment et qu’il respire à peine, quelque chose se modifie en lui dès que les mots « pesticides » et « glyphosate » franchissent ses lèvres. Son regard devient plus perçant, sa voix s’élève, et ses phrases s’allongent d’un instant.

Nous sommes au Parkinson’s Center of Expertise du Radboud University Medical Center à Nimègue, dans le sud‑est des Pays‑Bas. Ici, des scientifiques œuvrent sur des traitements pour une maladie qui n’a pas encore de remède. Les thérapies actuelles, les procédures et les médicaments visent à ralentir et à atténuer les symptômes. Tremblements, mouvements rigides et difficultés d’élocution — voilà ce que le grand public connaît, mais qualifier Parkinson comme « cette maladie qui fait trembler » est inexact, affirme Bloem. « La maladie est comme un iceberg. » La plupart des symptômes – y compris la dépression, la démence, les troubles intestinaux, les troubles du sommeil, les troubles de l’équilibre, la perte d’odorat et la douleur – sont souvent tout aussi graves mais restent cachés sous la surface.1

La plupart des personnes atteintes de Parkinson présentent de nombreux symptômes simultanément. Souvent, de nouveaux se développent et s’aggravent avec le temps. Par conséquent, la maladie est très perturbante — physiquement comme mentalement — pour les patients et leurs proches.

Bloem tire la sonnette d’alarme. Parkinson est la maladie neurodégénérative à la croissance la plus rapide — non seulement aux Pays‑Bas, où le nombre de cas a augmenté d’environ 30 % au cours des dix dernières années, mais dans le monde entier.2 On dénombre aujourd’hui environ 12 millions de personnes souffrant de Parkinson dans le monde. Selon des estimations récentes, ce chiffre pourrait plus que doubler d’ici 2050 pour atteindre 25 millions.3

Cette augmentation explosive peut en partie s’expliquer par l’âge : Parkinson est plus fréquent à des âges avancés, et la population mondiale vieillit. De plus, l’espérance de vie moyenne augmente. Cependant, même après ajustement pour le vieillissement, les chercheurs constatent une croissance rapide. Il y a donc bien plus que cela.

Dès les années 1980, des indications scientifiques solides laissaient entrevoir que l’exposition aux pesticides constituait un facteur de risque important pour le développement de Parkinson. Au cours des dix dernières années, les preuves soutenant cette hypothèse se sont accumulatées de manière significative.

Pour cette raison, Bloem voit Parkinson comme une maladie non pas principalement causée par le vieillissement en tant que tel, mais par « toutes sortes de détritus » présents dans notre environnement. Par là, il entend les pesticides et d’autres substances dangereuses. À mesure que les gens vivent plus longtemps, ils ont davantage de temps pour être exposés à ces substances. De plus, la maladie se développe souvent sur des décennies avant de se manifester. Avec l’allongement moyen de la vie, cela signifie aussi que les dommages neurologiques accumulés ont davantage de chances d’apparaître.

Dès les années 1980, il y avait d’importantes indications scientifiques montrant que l’exposition aux pesticides était un facteur de risque majeur pour le développement de la maladie de Parkinson.

Des inquiétudes grandissantes

Une maladie qui connaît une croissance explosive, le lien de plus en plus clair avec les pesticides, et l’absence de perspective de remède — tout cela est source d’inquiétude. Mais l’alarme complète de Bloem vient d’ailleurs: une conversation qu’il a eue avec le Ctgb, l’organisme néerlandais chargé de l’autorisation des produits phytopharmaceutiques et des biocides, à la fin de l’année 2020.

À sa demande, l’organisme néerlandais d’autorisation a accepté de le rencontrer personnellement en novembre 2020 pour expliquer étape par étape comment se déroule la procédure d’approbation des pesticides. Cette rencontre avait pour but d’apaiser ses inquiétudes, mais ce fut tout le contraire: Bloem en sortit terrifié. « C’est à ce moment seulement que j’ai vraiment pris conscience que nous ne savons en réalité rien du risque de Parkinson à ce sujet. »

Lors de la présentation, Bloem apprit que les tests d’approbation existants pour la neurotoxicité des pesticides n’examinent que des caractéristiques externes chez les animaux de laboratoire. Par exemple, les animaux bougent-ils plus lentement ou affichent-ils un comportement apathique après exposition à un pesticide ? « C’est tout à fait insuffisant », affirme le neurologue. « Parkinson se développe sur des années; vous ne voyez rien d’extérieur tout de suite. Il faut donc regarder à l’intérieur des zones cérébrales concernées: la substance endommage-t‑elle la substantia nigra ? »

La substantia nigra (du latin « substance noire ») est la zone du cerveau où est produite la dopamine. Cette substance chimique joue un rôle clé dans des fonctions essentielles telles que le mouvement, la mémoire et le bien‑être. Chez les personnes atteintes de Parkinson, la substantia nigra se détériore, lentement mais sûrement. Ce n’est que lorsque 60 à 70 % de la substantia nigra est touchée que les symptômes externes du Parkinson deviennent perceptibles. Mais à ce stade, la maladie est déjà en grande partie préméditée. « Il faut aussi savoir si, par exemple, 40 % de la substantia nigra est détruit et que rien ne se voit encore extérieurement. À l’heure actuelle, ce n’est tout simplement pas testé. »

Bloem et ses collègues neurologues voient de plus en plus de patients dans leurs cliniques qui rapportent avoir été exposés à des pesticides. Ils ne sont pas les seuls: de plus en plus de médecins généralistes et de kinésithérapeutes travaillant dans les régions à forte intensité agricole expriment aussi leurs inquiétudes face au nombre croissant de Parkinson qu’ils observent dans leurs pratiques.5

La couverture du livre de Dirk de Bekker, Het pesticidenparadijs (« Pesticide Paradise »).

« Récemment, une femme atteinte de Parkinson est venue à la consultation externe. Elle venait de perdre son mari, qui avait aussi Parkinson. Par ailleurs, six autres personnes dans sa rue sont touchées par la maladie. Ils vivent à côté d’un champ où des aérosols étaient autrefois répandus par avion », raconte Bloem.

Au fil des années où j’écris sur les pesticides, j’ai aussi régulièrement entendu des témoignages saisissants de personnes atteintes de Parkinson qui attribuent leur maladie aux pesticides. Elles racontent avoir épluché des oignons depuis des années, ou avoir travaillé pour le service des parcs avec des réservoirs de pesticides sur le dos et des pulvérisateurs à la main, ou avoir grandi dans des fermes fruitières où elles jouaient à cache‑cache dans les vergers. J’ai aussi entendu des personnes qui ont travaillé avec des pesticides pendant de longues périodes dans des laboratoires, des serres, ou sur leurs propres terrains. Il arrive que plusieurs membres d’une même famille soient touchés par la maladie.

Énigmes et cocktails

La fréquence avec laquelle de tels témoignages personnels apparaissent est frappante, même si cela ne prouve pas grand‑chose en soi. Mais ces récits ne se suffisent pas à eux seuls.

Un ensemble croissant d’études scientifiques montre que la maladie de Parkinson survient beaucoup plus fréquemment chez les personnes vivant dans des zones de culture intensive. En France, par exemple, Parkinson est 8,5 % plus fréquent dans les régions viticoles les plus intensives que dans la moyenne nationale.6 En conséquence, le gouvernement français reconnaît officiellement Parkinson comme une maladie professionnelle chez les vignerons.7 Des études aux États‑Unis et au Canada, entre autres, montrent le même schéma : dans les régions examinées, Parkinson se répand sur tout le territoire comme un patchwork, et les zones présentant les pratiques agricoles les plus intensives — et la plus forte utilisation de pesticides — ressortent le plus nettement en termes de nombre de cas.8

Il est pratiquement impossible d’établir un lien causal définitif dans ce type d’étude « cartographique ». Pour ce faire, il faudrait disposer d’une grande quantité de données spécifiques: quelles substances ont été utilisées, où et quand ? Quelle est l’histoire résidentielle des personnes malades dans la zone examinée ? Quelle est leur profession ? Que mangeaient-elles ? Quelle est leur composition génétique ? Existe-t‑il d’autres activités polluantes dans la zone ? L’objectif d’un tel travail n’est donc pas d’établir ou d’écarter un lien causal indubitable; il s’agit d’identifier un problème potentiel. En combinaison avec d’autres études, le puzzle peut alors être reconstitué plus largement.

Bien que le puzzle scientifique ne soit pas encore complet, les pièces déjà en place suggèrent que l’explosion du nombre de cas de Parkinson au cours des dernières décennies peut en partie être attribuée à l’exposition aux pesticides. Il existe, par exemple, une pièce historique: la croissance rapide du Parkinson après la Seconde Guerre mondiale coïncide largement avec la période où l’utilisation des pesticides a fortement augmenté. Cela n’est pas une preuve très convaincante en soi, mais associée à la pièce montrant que la maladie survient plus fréquemment dans les zones d’agriculture intensive et d’utilisation élevée de pesticides, le tableau s’éclaire. Il devient encore plus clair lorsque l’on ajoute la pièce montrant que les agriculteurs et les jardiniers présentent en particulier un risque nettement accru de développer Parkinson.9

Par conséquent, contrairement à ce que prétendent encore régulièrement diverses organisations agricoles, les pièces manquantes du puzzle ne conduisent pas tant à la question de savoir s’il existe un lien, mais plutôt à celle de la force exacte de ce lien et des substances spécifiques qui en sont responsables. Les scientifiques se demandent également s’il existe des substances qui ne présentent pas de risque individuel, mais qui peuvent être dangereuses en combinaison. Cela soulève d’autres questions: quelle est la manière la plus intelligente d’étudier ces « cocktails de pesticides » sans tester une quantité infinie de combinaisons ? Existe-t‑il des facteurs génétiques qui augmentent le risque de dommages après exposition à des pesticides ? Existe‑t‑il des interactions entre pesticides (ou cocktails de pesticides) et d’autres polluants dans l’environnement ? Et quelle est la situation pour d’autres maladies neurodégénératives, comme la SLA et la démence, pour lesquelles des liens avec les pesticides existent également ?10

Il a déjà été établi que certains pesticides spécifiques, tels que la rotenone et le paraquat, peuvent endommager la substantia nigra. Cette découverte n’a pas été faite lors de l’évaluation officielle de ces pesticides mais dans des études indépendantes ultérieures (et ils ont ensuite été retirés du marché européen). Cependant, ce type de recherche n’a pas été mené sur la grande majorité des substances, et encore moins pour les cocktails de pesticides.

Une étude récente, à grande échelle, a montré que le trifluralin et le tribufos, deux pesticides fréquemment utilisés en association dans les plantations de coton des États‑Unis, ne présentent pas de risque avéré de Parkinson lorsqu’ils sont utilisés individuellement. Lorsqu’ils sont utilisés ensemble, cependant, ils s’avèrent extrêmement nuisibles pour les cellules cérébrales productrices de dopamine, ce qui suggère qu’ils peuvent en effet provoquer Parkinson lorsqu’ils sont combinés.11 Cela souligne l’importance d’intégrer les cocktails de pesticides dans le processus d’autorisation et de placer ce sujet en haut des priorités des scientifiques indépendants, aussi bien en ce qui concerne Parkinson que d’autres affections.

L’absence d’action

Selon Bloem, la manière dont le risque de Parkinson est gérée dans la procédure d’autorisation viole le principe de précaution. « Étant donné tous ces liens clairs, devons‑nous dire que nous interdirons seulement ces détritus une fois qu’il aura été démontré de manière indubitable qu’ils causent Parkinson ? Ou, avec toutes les preuves déjà existantes, devons‑nous dire que nous allons renouveler l’autorisation des substances uniquement une fois qu’elles auront été jugées sûres ? En réalité, ce qui se passe est la première option, ce qui inverse la charge de la preuve. »12

La manière dont le risque de Parkinson est géré dans la procédure d’autorisation viole le principe de précaution.

Bloem ne demande pas l’interdiction immédiate de tous les pesticides. En revanche, il plaide pour soumettre les substances déjà autorisées à un test spécifique sur Parkinson aussi rapidement que possible. Et, à ses yeux, cela devrait devenir une pratique standard lors de l’évaluation de nouveaux pesticides. À cette fin, il faut mettre au point une procédure de test qui permette d’observer l’intérieur du cerveau d’animaux de laboratoire après une exposition prolongée. Là, il doit être déterminé si la substantia nigra a été endommagée – par exemple, en comptant le nombre de cellules productrices de dopamine. Dans un avenir proche, il devrait même être possible de réaliser cette procédure sans soumettre les animaux à des tests, en isolant les cellules pertinentes en dehors de leur corps.

Le glyphosate, qui est l’herbicide le plus utilisé, semble être la substance la plus adaptée pour être testée en premier en lien avec Parkinson. C’est de loin le pesticide le plus répandu et chacun y est exposé, plus ou moins fortement. De plus, plusieurs études suggèrent un lien entre glyphosate et la maladie de Parkinson. Les preuves, bien que loin d’être concluantes, donnent aux neurologues davantage de raisons d’être vigilants.13 De plus, un nombre croissant d’études émergent montrant que même de faibles doses de glyphosate peuvent entraîner des perturbations de la flore intestinale.14 De telles perturbations du microbiome pourraient – indirectement – accroître le risque de Parkinson en raison de la communication entre l’intestin et le cerveau. Des chercheurs soupçonnent que ces perturbations pourraient modifier la structure de l’alpha‑synucléine, une protéine essentielle à la communication entre les neurones. Chez la souris, il a été démontré que cette protéine altérée peut atteindre le cerveau et y endommager ensuite la substantia nigra.15

Notamment, l’autorité néerlandaise de pesticides, le Ctgb, a soutenu l’appel de Bloem en faveur d’un développement rapide d’un test Parkinson. La présentation de novembre 2020 a été un signal d’alerte non seulement pour le neurologue, mais aussi pour le Ctgb lui‑même. Cela s’est manifesté quelques mois plus tard, en mars 2021, lorsque le Ctgb a adressé une lettre à l’agence chargée de l’évaluation des risques des pesticides dans l’Union européenne – l’EFSA – lui demandant de faciliter la recherche sur le développement d’une procédure de test adéquate pour Parkinson.16

L’EFSA ne pouvait pas ignorer cette demande du Ctgb. Non seulement c’est l’un des principaux organes nationaux d’autorisation avec lesquels l’EFSA collabore, mais dans sa lettre, le Ctgb faisait explicitement référence à Bloem — connu internationalement et dont la voix est souvent relayée dans la presse internationale pour exprimer ses préoccupations. Le message de Bloem et son influence médiatique ont rendu beaucoup de personnes dans le monde du pesticide — des autorités réglementaires aux fabricants — particulièrement nerveuses.17

L’EFSA a répondu deux semaines plus tard par une proposition d’organiser une conférence de travail « pour faire le point sur la situation d’un point de vue scientifique et pluridisciplinaire ».18 Mais plus d’un an plus tard, comme je l’ai appris lors de mon entretien à l’époque avec Bloem au Parkinson’s Centre of Expertise, cette conférence n’a pas eu lieu. Bloem ne peut contenir sa frustration. « Comment diable expliquer aux générations futures — avec une maladie qui monte en flèche et un rôle environnemental qui semble si évident — que nous ne prenons pas des mesures plus décisives ? »

Percée et déception

Six mois plus tard, toutefois, le 8 septembre 2022, Bloem était à nouveau en grande forme. La conférence que le neurologue avait poussée à obtenir au cours des deux dernières années avait finalement eu lieu.19 En présence de l’EFSA et d’un panel international d’experts, il a pu exposer ses inquiétudes concernant la procédure d’autorisation et Parkinson. Et cela a produit des résultats. Sur les 49 participants — experts affiliés à l’EFSA ainsi que des instituts de recherche externes et des organes nationaux d’autorisation —, tous ont franchi un consensus: les procédures actuellement en place offrent une évaluation insuffisante du risque de développer Parkinson en cas d’exposition humaine, note le procès‑verbal de la réunion. L’EFSA a insisté sur la nécessité urgente de développer une nouvelle méthode de test qui puisse réellement éclairer le risque de Parkinson. « Une véritable avancée », s’est réjoui Bloem. C’était la première fois que l’EFSA reconnaissait sans réserve que le système qu’elle utilise pour évaluer les pesticides était défaillant.

L’EFSA a décidé de lancer un appel d’offres pour un contrat de 3,5 millions d’euros visant au développement du test requis. Des scientifiques spécialisés ont été invités à soumettre leurs propositions.

L’EFSA a personnellement approché deux organisations de recherche néerlandaises pour leur demander de répondre à cet appel: le Radboud University Medical Center (l’employeur de Bas Bloem) et le RIVM, l’Institut national pour la santé publique et l’environnement. « C’est ainsi qu’ils tenaient fortement à notre affaire », explique l’obticonvuliste neurotoxique Harm Heusinkveld, qui a assisté à la conférence au nom du RIVM. Pendant des années, les toxicologues du RIVM avaient aussi été préoccupés par les pesticides et Parkinson — des inquiétudes qui étaient enfin prises au sérieux par l’EFSA avec cet appel à projets. « Ensuite, nous avons pensé: les gars, quelque chose va vraiment se passer maintenant. »20

Cette impression d’urgence et d’enthousiasme ressentie par de nombreux chercheurs était renforcée par le fait que la réévaluation du glyphosate par l’Union européenne se déroulait en même temps. Si l’appel d’offres de l’EFSA est publié rapidement, il pourrait encore y avoir une opportunité d’utiliser le glyphosate comme premier cas pour le test sur Parkinson en cours de développement, peut‑être même avant l’achèvement de la réévaluation du pesticide.

Sept longs mois se sont écoulés avant que l’EFSA ne publie finalement l’appel d’offres officiel sur Parkinson le 9 avril 2023. Mais dès qu’il en prit connaissance, Bas Bloem eut aussitôt le sentiment que quelque chose n’allait pas. « À la réunion, tout le monde était d’accord: nous devons développer une bonne nouvelle méthode de test pour les pesticides et Parkinson. Et puis je lis l’appel, dans lequel l’EFSA n’alloue aucune enveloppe financière pour une telle nouvelle méthode de test. C’était comme si cette conférence n’avait jamais eu lieu. » Il avait laissé échapper un soupir audible au téléphone. Sa voix, fébrile après la conférence, est désormais empreinte d’incrédulité. Le neurotoxicologue Harm Heusinkveld réagit avec la même stupeur: « C’est un énorme mystère. Je n’ai pas la plus petite idée de comment ils en sont arrivés à cela. »

L’intention initiale était de développer un test Parkinson global en une seule fois, basé sur la substantia nigra. Mais la promesse faite plus tôt par l’EFSA de publier un briefing de recherche à cet effet n’a pas été tenue. Le brief de recherche mentionné dans l’appel concernait spécifiquement le développement d’une méthode de test axée sur les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. « Mais ce test existe déjà, il ne s’agirait donc que de réinventer la roue. En outre, ce test est bien trop limité », commente Heusinkveld.

Le Radboud University Medical Center et le RIVM ont été tellement surpris par le mandat de recherche arrivé dans leur boîte mail qu’ils ont envoyé une lettre commune le 17 juillet au directeur du EFSA, Bernhard Url, pour exprimer leur déception. Il est particulièrement remarquable qu’un tiers signe également leur objection: le Ctgb.

Il est surprenant que le Ctgb tienne habituellement des positions en accord avec l’EFSA. Ces deux autorités, l’une au niveau national et l’autre au niveau européen, coopèrent étroitement dans le même cadre juridique. La lettre, que j’ai en ma possession dans le cadre d’une enquête sur le glyphosate pour De Groene Amsterdammer, offre un rare aperçu des coulisses.

« En particulier, nous avons été déçus par ce que l’appel entendait accomplir, compte tenu de l’accord large qu’un objectif ambitieux et novateur était requis, » écrivent les trois parties. « Nous avions l’impression claire issue de l’atelier que l’EFSA avait décidé d’avancer, mais le récent appel ne fait que répéter des étapes déjà franchies plus tôt. […] La stratégie de test qui en résultera n’apportera pas une vision complète du potentiel des substances chimiques à induire ou à faire progresser [Parkinson]. » En conclusion, le RIVM, le Radboud University Medical Center et le Ctgb déclarent que, « malgré la question explicite et l’encouragement » de l’EFSA, ils ne participeraient pas à la recherche financée pour le projet proposé.

Un rapport contesté

Quatre mois plus tard, en juillet 2023, l’EFSA annonça sa recommandation de renouveler l’autorisation du glyphosate pour la période maximale de 15 ans. Bloem fut abasourdi, et il n’était pas le seul. Des scientifiques du monde entier critiquèrent la décision de l’EFSA, dans une réaction qui fut exceptionnellement véhémente pour le milieu scientifique.

Bien que, lors des précédentes autorisations du glyphosate, le débat tournait principalement autour du risque de cancer, cette fois les inquiétudes au sujet de Parkinson ont dominé. L’écotoxicologue Peter Leendertse résuma brièvement l’essence des nombreux commentaires scientifiques relatifs à la réautorisation: « S’il existe autant de questions entourant une substance, ne peut‑on pas l’approuver pour la durée maximale? Prolongez‑la de deux ans s’il n’y a pas d’autre option, et en attendant, assurez‑vous d’obtenir des éclaircissements sur le risque de Parkinson. »21

Pour apaiser les tensions, la Commission européenne a finalement décidé de réduire la durée maximale de 15 à 10 ans. Quant aux critiques, ils estiment que cela n’a été qu’un geste symbolique. Ils soulignent que non seulement des études indépendantes mais aussi le rapport d’évaluation de l’EFSA elle‑même fournissent des bases suffisantes pour retirer la licence tout simplement.

Le rapport sur le glyphosate compte 6 354 pages. Ce qui frappe, c’est le grand nombre de « lacunes de données » qui y sont mentionnées. L’EFSA emploie généralement ce terme pour indiquer qu’il manque des connaissances et que d’autres recherches sont nécessaires. Les lacunes de données peuvent ainsi influencer la décision d’octroi de l’autorisation et la durée potentielle de celle‑ci.

L’EFSA a identifié des lacunes de données concernant les effets du glyphosate sur la flore intestinale, la biodiversité et les eaux souterraines, parmi d’autres domaines. Cependant, aucune de ces lacunes n’a été jugée « préoccupante de manière critique ». Cette conclusion a déjà fait hausser les sourcils d’un grand nombre de scientifiques — mais ce que le rapport dit au sujet de Parkinson a provoqué une surprise encore plus grande. Il n’est fait mention d’aucune lacune de données dans les passages sur Parkinson, donnant l’impression qu’il n’existe aucune pénurie d’informations à ce sujet. Bien au contraire, la conclusion du rapport est que les preuves actuelles « ne déclenchent pas d’inquiétude pour le parkinsonisme ».22

Bien que l’EFSA ait reconnu que les risques de Parkinson ne pouvaient être exclus dans le cadre de la procédure d’autorisation actuelle, l’agence a choisi d’ignorer cette conclusion dans son rapport sur le glyphosate.

« Absurde », déclare l’écotoxicologue Peter Leendertse. « Bien sûr qu’il y a une énorme lacune de données lorsqu’il s’agit de Parkinson. Le rapport aurait certainement dû mentionner qu’il n’existe aucune procédure de test fiable. Les résultats de cette conférence sont tout simplement balayés sous le tapis. »

En résumé, même si l’EFSA a elle‑même reconnu lors de la conférence de septembre 2022 que les risques de Parkinson ne pouvaient être exclus dans le cadre de la procédure actuelle d’autorisation, l’agence a choisi d’ignorer complètement cette conclusion dans son rapport sur le glyphosate publié l’été suivant.

Les procès‑verbaux de la conférence de septembre 2022 (que j’ai obtenus peu après) démontrent que l’EFSA savait (et reconnaissait) qu’un bon test Parkinson n’existait pas et n’ont jamais été officiellement publiés. C’est très inhabituel — une quantité considérable d’informations issues de conférences analogues de l’EFSA est rendue publique, allant des annonces préalables, des noms des participants et des transcriptions de réunion jusqu’à des enregistrements vidéo complets. C’est comme si la très médiatisée réunion de l’été 2022, à laquelle avaient pris part 49 experts internationaux, dont six membres du personnel de l’EFSA, n’avait jamais eu lieu; comme si la conclusion sans équivoque concernant Parkinson n’avait jamais été atteinte.

Trois agents de l’EFSA qui ont assisté à la conférence ont également été directement impliqués dans la réévaluation du glyphosate. Par conséquent, les évaluateurs disposaient d’une connaissance de première main des discussions menées lors de la conférence concernant Parkinson et l’absence d’un test suffisant. Néanmoins, ils n’ont pas inclus ce point dans le dossier lorsque la neurotoxicité du glyphosate a été réexaminée.

Ce qui rend encore plus étrange le déroulement des événements, c’est que lors de la réévaluation du glyphosate, l’EFSA a travaillé en étroite collaboration avec le Ctgb. Aux côtés des autorités nationales de protection des végétaux de Hongrie, de Suède et de France, le Ctgb était l’une des parties à qui les travaux d’évaluation avaient été confiés. En d’autres termes, le Ctgb a lui‑même joué un rôle central dans la décision d’étendre l’autorisation du glyphosate pour la durée maximale. Cela peut paraître difficile à concilier avec les lettres critiques qu’il a envoyées à l’EFSA en période similaire: la première, datée du 9 mars 2022, demandant à l’EFSA de favoriser la recherche sur une procédure de test concernant Parkinson, et une lettre commune avec le RIVM et Bas Bloem du 17 juillet 2023 se plaignant que l’EFSA avait manqué à sa promesse de financer un test Parkinson.

On dirait qu’il y a deux Ctgb complètement différents. Alors qu’un serait à envoyer des lettres critiques à l’EFSA au sujet de Parkinson, l’autre aiderait l’EFSA dans la réautorisation du glyphosate sans soulever d’objections critiques sur le fait que la substance n’a pas été testée pour établir un lien avec Parkinson — même si un tel test pourrait être plus urgent pour le glyphosate que pour tout autre pesticide autorisé en Europe.

Le test manquant

Dans une réponse formelle à mes questions, le Ctgb a déclaré qu’un « paquet de données très étendu » était disponible lors de la réévaluation du glyphosate, comprenant « bien plus d’études que celles exigées », y compris des recherches épidémiologiques. Bien qu’il puisse ne pas exister de test adéquat pour écarter Parkinson, affirme le Ctgb, les évaluateurs ont décidé qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter après avoir étudié une grande quantité d’autres informations complémentaires. « Cela ne signifie pas pouvoir établir cela avec une certitude scientifique », conclut le Ctgb.

L’EFSA nie à son tour que la conclusion concernant Parkinson, issues de la conférence, ait jamais été sa position officielle. La réunion était « simplement informative » et ne devrait être vue que comme des « échanges préalables » à de futurs appels d’offres, a indiqué l’agence peu après la publication du rapport sur le glyphosate. L’EFSA a aussi insisté sur le fait que l’évaluation du glyphosate a été réalisée « en totalité dans le cadre juridique actuel ».

Lorsque j’ai publié les résultats de la conférence dans De Groene Amsterdammer en septembre 2023, j’ai reçu un courriel furieux de l’EFSA. La réunion de septembre 2022 n’avait pas été une véritable « conférence » selon le message, mais seulement une « réunion d’approvisionnement ». Et les résultats de cette rencontre, précise à nouveau le service de communication de l’EFSA, ne représentaient en aucun cas la position officielle de l’EFSA. « C’est dommage », conclu le courriel, « [que vous] ayez choisi de présenter un angle qui ne reflète pas fidèlement la réalité ».  

Cette réaction ne m’a pas surpris. En rendant publique l’information tirée du procès‑verbal de la réunion et de la lettre du Ctgb adressée à l’EFSA, l’autorité européenne du pesticide s’est retrouvée mise à nu. Après tout, ces documents démontrent que ce que l’EFSA affirme publiquement sur Parkinson ne correspond pas à ses propres vues internes sur le sujet.

Ce que l’EFSA affirme publiquement sur Parkinson ne correspond pas à ses propres vues internes sur le sujet

Le fait que l’EFSA n’ait pas publié officiellement les conclusions de la conférence ni ne les ait incluses dans son évaluation du glyphosate est, selon moi, essentiellement une stratégie juridique. Si, après la conférence, l’EFSA avait officiellement reconnu qu’il existe un trou béant dans le système d’autorisation, cela aurait donné l’arme nécessaire aux parties cherchant à bloquer l’usage des pesticides. Invoquer le principe de précaution devant les tribunaux serait bien plus simple si les défauts de la procédure d’autorisation concernant Parkinson étaient officiellement documentés par l’EFSA elle‑même. Dans ce cas, l’EFSA admettrait que le risque de Parkinson « ne peut être déterminé avec une certitude suffisante », l’un des critères de base pour invoquer le principe de précaution.23

En raison de l’absence d’un test pour Parkinson, le risque de la maladie ne peut être totalement écarté en lien avec tout pesticide autorisé. Le reconnaître officiellement dans le dossier serait un putsch du système d’autorisation — et par ricochet du monde de l’agriculture et de l’industrie des pesticides — dans le chaos. Il en irait aussi ainsi si l’EFSA reconnaissait officiellement que les modèles pesticides qu’elle utilise n’ont pas été élaborés de manière neutre.24

Lorsque Bloem et le Ctgb se mirent d’accord en novembre 2020, l’un et l’autre réalisèrent que la procédure d’autorisation était défaillante en ce qui concerne Parkinson. Trois à cinq ans seraient nécessaires pour développer un protocole de test adéquat, pensa Bloem. « Je pense que nous devons le faire ensemble, aussi rapidement que possible », confirma l’ancien directeur du Ctgb, Ingrid Becks‑Vermeer, soulignant la nécessité d’un test Parkinson quand je l’ai interrogée en 2022. Elle envisageait un processus de développement s’étalant « sur plusieurs années ».25

Plus de cinq ans se sont écoulés depuis la rencontre de Bloem avec le Ctgb, et la conférence de l’EFSA a eu lieu il y a trois ans et demi. Le système d’autorisation n’inclut toujours pas de test Parkinson. Sur le plan légal, l’EFSA pourrait être en mesure d’assurer sa défense dans ce contexte. Reste à savoir combien de temps elle pourra maintenir cette défense dans une société de plus en plus confrontée à Parkinson.

Cet article est une traduction librement adaptée de Het pesticidenparadijs (« Pesticide Paradise »), un livre d’enquête de Dirk de Bekker sur le monde caché des pesticides, publié par De Arbeiderspers aux Pays‑Bas en janvier 2026.


  1. Au cours des dernières années, j’ai interviewé Bas Bloem à plusieurs reprises. Certaines parties de ces entretiens ont déjà été publiées dans des publications telles que le podcast Red de Lente et la revue néerlandaise De Groene Amsterdammer. Voir par exemple: De Bekker, D., et al. (24 janvier 2023). « Parkinson et pesticides » Red de Lente, saison 2, épisode 3. De Bekker, D. (25 septembre 2023). « Les risques sanitaires du glyphosate » De Groene Amsterdammer. Dans ce texte, je m’appuie sur l’ensemble des conversations tenues. Le cas échéant, je mentionne la date à laquelle elles ont eu lieu dans le texte principal. ↩︎
  2. Van der Gaag, B.L., Hepp, D.H., Hoff, J.I., Van Hilten, J.J., Darweesh, S.K.L., Bloem, B.R., et Van den Berg, W.D.J. (8 septembre 2023). « Risques et facteurs de Parkinson » Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde, 167. ↩︎
  3. Su, D., Cui, Y., He, C., Yin, P., Bai, R., Zhu, J., Lam, J.S.T., Zhang, J., Yan, R., Zheng, X., Wu, J., Zhao, D., Wang, A., Zhou, M., et Feng, T. (2025). « Projections for prevalence of Parkinson’s disease and its driving factors in 195 countries and territories to 2050. Modelling study of Global Burden of Disease Study 2021. » BMJ, 388e080952. ↩︎
  4. Voir par exemple : Bloem, B.R., Hoff, J., Sherer, T., Okun, M.S., Dorsey, R. (2021). « De parkinsonpandemie: Een recept voor actie » [La pandémie de Parkinson: une formule d’action]. Poiesz Publishers. ↩︎
  5. Opten, N., Wildenborg, F., Bolwerk, P. (2023). « Hoe het gifspook door de Betuwe waart. “Aan hun manier van lopen kun je zien dat ze het ook hebben.” » [« Comment le spectre du poison traverse Betuwe : « Tu peux le voir dans leur démarche, ils l’ont aussi. »]. De Gelderlander. 3 novembre.
    Folkerts, N. (23 juillet 2025). « Bestrijdingsmiddelen zorgen voor onrust in Drentse dorpen: ‘Op één dag zag ik vijf patiënten met parkinson’ » [« Les pesticides provoquent des troubles dans les villages de Drenthe : « En un jour, j’ai vu cinq patients atteints de Parkinson »]. Trouw. ↩︎
  6. Kab, S., Spinosi, J., Chaperon, L., Dugravot, A., Singh‑Manoux, A., Moisan, F., et Elbaz, A. (2017). « Agricultural activities and the incidence of Parkinson’s Disease in the general French population ». European Journal of Epidemiology, 32(3), pp. 203-216. ↩︎
  7. Dans l’UE, en plus de la France, l’Italie — et plus récemment l’Allemagne — reconnaissent également Parkinson comme maladie professionnelle. ↩︎
  8. Barbeau, A., Roy, M., Bernier, G., Campanella, G., et Paris, S. (1987). « Ecogénétique de la maladie de Parkinson. Prévalence et aspects environnementaux en milieu rural ». Canadian Journal of Neurological Sciences / Journal Canadien des Sciences Neurologiques, 14(1), pp. 36-41.
    Hugh‑Jones, M.E., Peele, R.H., et Wilson, V.L. (2020). « Parkinson’s Disease in Louisiana, 1999‑2012. Basé sur les diagnostics principaux d’hospitalisation, l’incidence et le risque en relation avec les cultures agricoles locales, les pesticides et le rééquipement des aquifères ». International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(5), 1584.
    Li, S., Ritz, B., Gong, Y., Cockburn, M., Folle, A.D., Del Rosario, I., Yu, Y., Zhang, K., Castro, E., Keener, A.M., Bronstein, J., et Paul, K.C. (2023). « Proximity to residential and workplace pesticides application and the risk of progression of Parkinson’s diseases in Central California ». The Science of the Total Environment, 864, 160851.
    Après Het pesticidenparadijs a été publié, une étude néerlandaise est apparue montrant une concentration régionale de Parkinson dans les Pays‑Bas, mais sans chevauchement clair avec les zones agricoles intensives. Bien que l’utilisation et l’exposition aux pesticides n’aient pas été pris en compte, les auteurs suggéraient que les disparités régionales néerlandaises « ne s’expliquent pas facilement par les indicateurs environnementaux connus, nécessitant une enquête plus approfondie ». Voir : Simões, M., Peters, S., Huss, A., Darweesh, S. K., Bloem, B. R., & Vermeulen, R. (2026). « Incidence et variation spatiale de la maladie de Parkinson aux Pays‑Bas (2017‑2022) : une étude populationnelle ». The Lancet Regional Health – Europe, 62, 101565. ↩︎
  9. Elbaz, A., Clavel, J., Rathouz, P.J., Moisan, F., Galanaud, J., Delemotte, B., Alpérovitch, A., et Tzourio, C. (2009). « Professional exposure to pesticides and Parkinson Disease ». Annals of Neurology, 66(4), pp. 494-504. ↩︎
  10. Voir par exemple : Meerman, J.J., Wolterink, G., Hessel, E.V., De Jong, E., et Heusinkveld, H.J. (2022). « Neurodegeneration in a regulatory context: The need for speed ». Current Opinion in Toxicology, 33, 100383. ↩︎
  11. Paul, K.C., Krolewski, R.C., Moreno, E.L., Blank, J., Holton, K.M., Ahfeldt, T., Furlong, M., Yu, Y., Cockburn, M., Thompson, L.K., Kreymerman, A., Ricci‑Blair, E.M., Li, Y.J., Patel, H.B., Lee, R.T., Bronstein, J., Rubin, L.L., Khurana, V., et Ritz, B. (2023). « A pesticide and iPSC dopaminergic neuron screen identifies and classifies Parkinson‑relevant pesticides ». Nature Communications, 14(2803). ↩︎
  12. Pour plus d’informations générales sur cette décision, voir : Darweesh, S.K.L., Vermeulen, R.C.H., et Bloem, B.R. (2024). « Paraquat et Parkinson’s Disease. Le fardeau de la preuve a‑t‑il changé ? ». International Journal of Epidemiology, 53(5). ↩︎
  13. Voir, par exemple : Bloem, B.R., et Boonstra, T.A. (2023). « L’insuffisance de la réglementation actuelle des pesticides pour protéger la santé cérébrale. Le cas du glyphosate et Parkinson ». The Lancet Planetary Health, 7(12), pp. e948-e949. ↩︎
  14. Lehman, P.C., Cady, N., Ghimire, S., Shahi, S.K., Shrode, R.L., Lehmler, H., et Mangalam, A.K. (2023). « Low-dose glyphosate exposure alters gut microbiota composition and modulates gut homeostasis ». Environmental Toxicology and Pharmacology, 100, 104149.
    Matsuzaki, R., Gunnigle, E., Geissen, V., Clarke, G., Nagpal, J., et Cryan, J.F. (2023). « Pesticide exposure and the microbiota-gut-brain axis ». The ISME Journal, 17(8), pp. 1153-1166.
    Puigbò, P., Leino, L.I., Rainio, M.J., Saikkonen, K., Saloniemi, I., et Helander, M. (2022). « Does glyphosate affect the human microbiota ? ». Life, 12(5). ↩︎
  15. Singh, Y., Trautwein, C., Romani, J., Salker, M.S., Neckel, P.H., Fraccaroli, I., Abeditashi, M., Woerner, N., Admard, J., Dhariwal, A., Dueholm, M.K.D., Schäfer, K., Lang, F., Otzen, D.E., Lashuel, H.A., Riess, O., et Casadei, N. (2023). « Overexpression of human alpha‑Synuclein leads to dysregulated microbiome/metabolites with ageing in a rat model of Parkinson disease ». Molecular Neurodegeneration, 18(1).
    Silva, B.A., Breydo, L., Fink, A.L., et Uversky, V.N. (2012). « Agrochemicals, a‑Synuclein, and Parkinson’s Disease ». Molecular Neurobiology, 47(2), pp. 598-612.
    Uversky, V.N., Li, J., Bower, K., et Fink, A.L. (2002). « Synergistic effects of pesticides and metals on the fibrillation of a-Synuclein. Implications for Parkinson’s Disease ». NeuroToxicology, 23(4-5), pp. 527-536. ↩︎
  16. De Leeuw, J.F. (9 mars 2021). Subject: possible relation between the use of specific pesticides and the development of Parkinson’s Disease. Ctgb, référence 202103090024. ↩︎
  17. Voir, par exemple : Brzeziński, B. (2025). « Parkinson’s is a man-made disease ». Politico. 14 avril. Bloem, B., Boonstra, T. (11 octobre 2023). « Glyphosate: ‘En tant que médecins spécialistes des maladies neurodégénératives, nous avons trois conseils à donner au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau’ » [« Glyphosate: ‘En tant que médecins spécialistes en maladies neurodégénératives, nous avons trois conseils à donner au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau’ »]. Le Monde. ↩︎
  18. Url, B. (s.d.). Subject/Re.: Possible relation between the use of specific pesticides and the development of Parkinson’s Disease. EFSA, réf. ic2021-24570142. Bien que la lettre ne soit pas datée, la date de mise en ligne fournie par le Ctgb (23 mars 2021) suggère qu’elle aurait probablement été reçue deux semaines plus tard (et en tout cas au plus tard à cette date). ↩︎
  19. La reconstruction suivante est en partie une réinterprétation de mon article de recherche antérieur dans De Groene Amsterdammer, publié le 25 septembre 2023. ↩︎
  20. Citation tirée de : De Bekker, D. (25 septembre 2023). « The health risks of glyphosate ». De Groene Amsterdammer. ↩︎
  21. Ibid. ↩︎
  22. Álvarez, F., et al. (2023). « Peer review of the pesticide risk assessment of the active substance glyphosate ». EFSA Journal, 21(7), paragraphe 9. EFSA. (juillet 2023). Peer Review Report on Glyphosate, Part 3 of 6, p. 163. ↩︎
  23. Communication de la Commission sur le principe de précaution (2 février 2000), Document 52000dC0001, p. 3. ↩︎
  24. Ailleurs dans le livre, j’écris sur les modèles pesticides actuellement utilisés pour calculer la dispersion des pesticides dans l’environnement. Je conclus que ces modèles, qui constituent la base du système d’autorisation, ont été développés en étroite coopération avec l’industrie des pesticides. ↩︎
  25. Cité de : De Bekker, D., et al. (5 juin 2022). « Le directeur du Ctgb répond ». Red de Lente, saison 1, épisode 8. ↩︎
Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.