Dominique Barthier

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Attaque militaire des États-Unis contre le Venezuela : violation de l’égalité souveraine des États

La frappe américaine contre l’établissement du nord du Venezuela le 3 janvier constitue une grave violation du droit international et du principe d’égalité souveraine des États-nations. Ce principe noble, énoncé pour la première fois dans la Paix de Westphalie en 1648 — qui mit fin à la balkanisation de l’Europe — a été réaffirmé plus tard dans la Charte de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale et dans la Charte des Nations Unies après la Seconde Guerre mondiale. Cette attaque, baptisée « Opération Résolution Absolue », ne peut être justifiée comme un droit de légitime défense des États‑Unis au regard du droit international, puisqu’il n’y a eu aucune provocation de Caracas contre Washington.

En réalité, le président américain Donald Trump s’était préparé de longue date à une confrontation avec le Venezuela, réalisant des exercices militaires dans la mer des Caraïbes au cours des derniers mois. Les intentions de Trump semblaient évidentes dans ses avertissements sévères adressés au président vénézuélien Nicolás Maduro au sujet de l’infiltration présumée du territoire américain par des citoyens vénézuéliens impliqués dans des trafics de drogue, supposément à la demande du gouvernement du Venezuela.

Cependant, la vérité derrière ces attaques diffère et se rattache aux vastes réserves naturelles du Venezuela, comprenant le pétrole, le charbon et l’or, que Trump a pris pour cible afin de répondre aux défis croissants de la sécurité énergétique de son pays. Au-delà des ressources, les États-Unis entendent étendre leur sphère d’influence en instaurissant à Caracas un nouveau régime soutenu par Washington — pilier central de leur politique étrangère depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

De manière inquiétante, on affirme que Trump a contourné le Congrès et a agi seul, en utilisant la puissance militaire colossale de Washington contre Caracas. La partie la plus troublante de cette attaque est l’arrestation de Maduro et de son épouse, qui ont été ramenés aux États-Unis pour être jugés devant un tribunal américain. Ce plan rappelle l’arrestation du président irakien Saddam Hussein lors de l’attaque féroce visant Bagdad il y a vingt ans. Ils l’ont conduit vers les États-Unis pour des procédures judiciaires jugées par certains comme fragiles, aboutissant finalement à la condamnation à mort. Il est possible que le même sort soit réservé à Maduro et à son épouse pendant leur détention américaine.

Égalité souveraine sous le siège

Quel genre d’égalité souveraine est-ce lorsque des superpuissances — comme les États-Unis ou la Russie — et d’autres grandes puissances, parmi lesquelles la Chine, l’Allemagne, l’Angleterre, la France et Israël, peuvent la bafouer ? En effet, la guerre en cours de la Russie contre l’Ukraine constitue une violation flagrante du principe, et la campagne militaire de longue durée d’Israël pour anéantir le Hamas pour toujours, ainsi que ses opérations contre d’autres pays arabes, érodent davantage le respect de la souveraineté. Les relations internationales demeurent le terrain le plus hors-la-loi, où prévaut le vieux principe brutal « la force prime », ou où le pouvoir nu règne en maître.

Alors que les États-Unis ont déjà forgé de graves accusations contre le président Maduro pour justifier cette attaque contre le Venezuela, la communauté internationale demeure abasourdie par les nombreuses tensions, escarmouches et guerres qui secouent le monde. Cela comprend les préparatifs militaires de la Chine autour de Taïwan et dans toute la mer de Chine méridionale, des tensions croissantes entre le Pakistan et l’Afghanistan, des tensions entre le Pakistan et l’Inde, des troubles internes au Pakistan et des guerres civiles dans certaines régions d’Afrique.

Par ailleurs, les États-Unis ont frappé l’établissement nucléaire iranien en juin dernier et ont menacé de lancer de nouvelles frappes pour détruire le programme nucléaire clandestin de Téhéran. L’attaque de l’Iran contre le Pakistan en janvier 2024 et la probable opération Sindoor 2.0 de l’Inde ont aussi semé l’inquiétude à Islamabad. Tous ces éléments, pris ensemble, portent gravement atteinte au fragile environnement de paix et de sécurité qui émerge à peine sur le continent asiatique.

Escalade des tensions mondiales et la menace de la guerre

Alors que la Russie, la Chine et l’Iran se sont déjà alliés contre les actes des États-Unis pour des raisons diverses, l’avertissement sans nuance lancé par le tyran nord-coréen Kim Jong-Un pourrait compliquer davantage une situation déjà volatile et grave dans le monde, au point de conduire à une troisième guerre mondiale, où l’utilisation d’armes nucléaires par de nombreux pays belliqueux ne serait pas exclue. Cet holocauste nucléaire potentiel menacerait une perte catastrophique de vies humaines, des écosystèmes, des biens et l’environnement.

Dans ce contexte volatile, les voix plus raisonnables qui émergent chez les dirigeants nationaux, les personnalités religieuses et les citoyens responsables à travers le monde doivent s’unir — comme les masses aux États-Unis, en France et dans d’autres pays d’Europe et d’ailleurs le font — contre toute autorité arbitraire ou intimidation exercée par des superpuissances telles que les États-Unis, la Russie, une Chine en plein essor ou n’importe quel État. Ces voix doivent dénoncer l’illégalité flagrante de ces puissances en lançant une opinion internationale collective pour les démoraliser et les isoler de la mouvance mondiale.

Étant donné que le Conseil de sécurité des Nations Unies est impuissant en raison du droit de veto des cinq membres permanents, l’Assemblée générale de l’ONU doit s’unir pour limiter de telles actions irresponsables dans l’intérêt commun de la paix et de la sécurité mondiales. Maduro, ainsi que son épouse, doivent être libérés de la détention illégale par les États-Unis et dûment ramenés à leur poste au Venezuela pour être jugés pour violations des droits humains. Les États-Unis doivent être condamnés pour cette invasion illégale, et Trump doit indemniser les pertes subies par le pays victime et être jugé pour les crimes de guerre commis afin de rétablir l’intégrité du principe solennel de « l’égalité souveraine du système État-nation » dans sa lettre et son esprit.

Finalement, le peuple vénézuélien doit pouvoir choisir son propre dirigeant, et non le président Donald Trump ni aucune autre puissance étrangère. Une telle ingérence créerait effectivement un dangereux précédent, car aucun dirigeant national souverain ne serait en sécurité dans son propre pays.

[Kaitlyn Diana a édité cet article.

Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.