Une concentration débridée sur le marché des produits agricoles a permis à une poignée d’entreprises de maximiser leurs profits en pleine crise alimentaire mondiale. Les autorités européennes devraient renforcer leurs efforts pour limiter la domination néfaste de certains acteurs, mais seule une réforme en profondeur peut s’attaquer aux innombrables dérives que notre système économique a engendrées.
Une montée en puissance du contrôle du marché au fil des années
Au cours de la dernière décennie, l’expansion du pouvoir de marché de quelques grandes entreprises a connu une croissance exponentielle dans de nombreux secteurs de l’économie. Les quatre premières entreprises dans un secteur quelconque détiennent désormais une part de marché bien plus importante qu’il y a dix ans. Cette concentration accrue a engendré tout un éventail de dommages, que ce soit pour les consommateurs — par la hausse des prix ou la baisse de choix — ou pour la régulation, avec des acteurs corporatifs qui captent peu à peu les autorités ou placent leurs petits fournisseurs en faillite ou en situation de surendettement. Pourtant, malgré ces problématiques qui font régulièrement la une, l’attention portée par le public et les responsables politiques à la nature structurelle de ce phénomène de concentration reste limitée. La crise de l’inflation alimentaire de ces dernières années en constitue un exemple frappant.
En 2022, environ un Européen sur dix a connu l’insécurité alimentaire, et le nombre de personnes souffrant de faim a augmenté de quarante millions. Par ailleurs, les bénéfices des cinq plus grands traders en produits agricoles ont triplé par rapport à leur moyenne entre 2016 et 2020, une période où les prix alimentaires étaient relativement stables.
Le duopole mondial des cinq géants
Le marché mondial des matières premières agricoles est désormais dominé par ce qu’on appelle les « Big Five » : Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill, COFCO (China Oil and Foodstuffs Corporation) et Louis Dreyfus Company (LDC). Ensemble, ces acteurs contrôlent un quasi-monopole sur les denrées essentielles telles que le blé, le maïs, le soja ou encore le sucre. Leur ascension, notamment par le biais de fusions, acquisitions, intégrations verticales — c’est-à-dire le contrôle de plusieurs ou de toutes les étapes de la chaîne de production —, ainsi que via des coentreprises et des investissements stratégiques, leur aurait permis d’accroître leur marge bénéficiaire de façon spectaculaire durant la crise alimentaire mondiale.
Pourtant, malgré l’impact massif de la flambée des prix sur des milliards de personnes, ces acteurs et leur pouvoir de marché ont été peu commentés. Le rôle, ou plus souvent l’inaction, des politiques de concurrence et des régulateurs face à cette crise alimentaire a été à peine analysé, alors que ces autorités disposent de leviers fondamentaux pour limiter la concentration des marchés et contester celles et ceux qui abusent de leur position dominante. Hélas, ce potentiel reste largement inexploité.
Les outils du droit de la concurrence sont sous-utilisés. Prenons l’exemple de l’Union européenne : depuis la mise en place du Règlement des fusions en 1990, moins de 1 % des 9243 opérations de fusion notifiées ont été bloquées — soit 88 cas au total1. Parmi ces opérations, une soixantaine concernait directement ou indirectement les cinq géants de l’agro-transformation, et ont été approuvées2. À titre d’illustration, l’Union européenne a récemment validé une nouvelle opération, celle de la fusion entre Bunge et Viterra, deux mastodontes du secteur, pour la somme de 34 milliards de dollars.
Les mécanismes de concentration et de domination
Les stratégies adoptées par ces acteurs pour renforcer leur pouvoir de marché montrent que les autorités en charge de la concurrence, dans l’UE comme ailleurs, doivent changer radicalement leur approche pour lutter efficacement contre les effets délétères du monopole.
Les acteurs et leur rôle
Les principaux acteurs du secteur agricole sont cinq multinationales : Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill, COFCO et Louis Dreyfus Company (LDC), collectivement désignées par l’acronyme ABCCDs.
Bien que la majorité des échanges agricoles soient réalisés sur des marchés domestiques, ces cinq géants jouent aussi un rôle central dans la connexion entre pays. Ils établissent des ponts entre des régions excédentaires en production et celles où la demande est plus forte ou la production locale insuffisante3. Leur commerce porte principalement sur des produits comme les céréales (blé, maïs, riz), les oléagineux (palmiste, soja) ou encore le sucre, le jus d’agrumes, le cacao, le café ou le coton4. Au cours des dernières décennies, ces cinq acteurs ont accaparé entre 70 et 90 % du marché mondial du commerce des grains commerciaux.
En Europe, leur domination se voit particulièrement dans le cas de l’importation de soja. Ainsi, Bunge et Cargill assurent ensemble plus de 30 % des exportations brésiliennes de soja vers l’Europe, contrôlant également le marché français du tourteau de soja5. Par ailleurs, Bunge occupe une position monopolistique dans certains segments, par exemple en représentant entre 90 et 100 % des ventes d’huile de soja brute au Portugal, tandis qu’ADM possède le plus gros complexe de transformation et raffinage d’oléagineux en Europe.
Durant la période 2021-2022, ces cinq acteurs ont enregistré des bénéfices sans précédent, notamment en pleine hausse des prix alimentaires mondiaux. Si l’on compare à la période 2016-2020, leurs bénéfices nets ont augmenté entre 75 % et 260 %, selon les cas. En 2022, leurs profits ont été de 200 à 300 % supérieurs à ceux de la période stable.
Leur profitabilité exceptionnelle est étroitement liée à l’envolée des prix des matières premières agricoles, amplifiée par la réaction du marché à l’invasion russe en Ukraine. En seulement deux semaines après cette invasion, le prix du blé s’est élevé d’environ 50 %, suivi par le prix de l’huile de palme (environ 25 %), du maïs (10 %) et de l’huile de soja (10 %).Source : SOMO, Hungry for Profits, janvier 2024.
Les graphiques illustrent que l’évolution des prix alimentaires et celle des bénéfices moyens des traders agricoles suivent une tendance quasiment identique, avec une forte croissance début 2020, indiquant une possible corrélation. La majorité de ces traders expliquent leurs profits en termes vagues comme une « forte demande » ou des « approvisionnements serrés », sans évoquer de mécanismes précis6.
Alors, si ces profits élevés peuvent simplement refléter une augmentation du volume commercial, leur augmentation en marges montre que ces entreprises ont aussi accru leur capacité à faire des bénéfices par unité de transaction. Entre 2021 et 2022, tous ont vu leur marge nette décoller, certains doublant même leurs marges par rapport aux années précédentes.
Des recherches menées en 2023 sur l’inflation alimentaire en Europe ont révélé que certains phénomènes de hausse des prix restaient « inexpliqués ». De plus, la baisse des prix des matières premières n’a pas permis d’endiguer la pression sur les coûts des aliments, qui, en avril 2023, se vendaient à des niveaux proches ou supérieurs à ceux de 2021.
Ce comportement illustre ce qu’on appelle l’inflation du vendeur7, une stratégie où les entreprises profitent de leur pouvoir de marché pour augmenter leurs prix, non pas pour compenser leurs coûts, mais pour maximiser leurs marges bénéficiaires. Le rapport de la CNUCED 2022 sur le commerce et le développement indique d’ailleurs : « Les marchés de l’énergie et des denrées alimentaires sont complexes, très concentrés et sujets à des pratiques anti-concurrentielles comme l’abus de position dominante ou la collusion sur les prix, ce qui engendre une hausse des prix et une dégradation du service. »
Cette puissance de marché exceptionnelle, que la CNUCED assimile à un enjeu de pouvoir abusif, est le fruit de décisions stratégiques délibérées des ABCCDs, qui ont presque échappé à toute régulation par les autorités politiques, notamment celles en charge de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles.
Les stratégies d’accumulation du pouvoir de marché
Le rapport de Maarten Hietland et SOMO a identifié trois principales stratégies qui ont permis aux ABCCDs d’accumuler un pouvoir si considérable et de se positionner pour profiter des hausses et de la volatilité accrue des prix agricoles.
La consolidation du marché (fusions et acquisitions)
La première consiste à renforcer leur domination via des fusions et acquisitions. Ces opérations permettent aux entreprises d’éliminer leurs concurrents, d’étendre leur contrôle sur plusieurs segments de la chaîne de valeur et, ainsi, de renforcer leur pouvoir de fixation des prix. Au cours des dernières décennies, les ABCCDs ont réalisé de nombreux regroupements8.
Bien que ces opérations aient été examinées par des autorités de la concurrence, notamment en Europe, il y a très peu d’interventions concrètes pour empêcher ces regroupements, malgré leur potentiel de concentration excessive. Depuis 1990, en Europe, 60 opérations de fusion ou acquisition impliquant ces géants ont été analysées, et toutes sauf une ont été approuvées sans condition. Parmi elles, l’achat par Bunge de deux sites européens de transformation d’oléagineux auprès de Cargill a ainsi été validé10.
Le problème réside dans la focalisation trop étroite des régulateurs européens sur le prix à la consommation, qui limite leur perception des risques plus globaux liés à la concentration. En se concentrant uniquement sur chaque opération individuelle, ils ont tendance à minimiser ou à occulter l’impact que la consolidation peut avoir à long terme sur la compétition et la société dans son ensemble11. Le commissaire européen à la concurrence a ainsi souligné dans le cas Bayer/Monsanto que, si les préoccupations globales sont très importantes, elles ne peuvent pas justifier, en soi, le refus d’une fusion. Ce déni de l’impact systémique limite la capacité des régulateurs à agir face aux risques de concentration excessive.
L’Europe n’est pas la seule à faire preuve d’une approche peu critique face à ces opérations : dans plusieurs régions du monde, notamment aux États-Unis, les agences antitrust ont également évalué ces opérations sans toujours prendre en compte leur impact plus large. La présence mondiale de ces traders agricoles et leur capacité à renforcer leur pouvoir à travers les fusions demeurent donc une menace, selon l’économiste Abdolreza Abbassian : « Le manque de surveillance internationale favorise la concentration et le pouvoir de marché. »
Les fusions et acquisitions permettent aussi d’étendre l’intégration horizontale — en engloutissant des concurrents directs —, mais aussi d’accroître l’intégration verticale par le contrôle de plusieurs niveaux de la chaîne de valeur : elles façonnent ainsi un réseau élargi de position dominante.
L’intégration verticale : un contrôle accru sur la chaîne
Les ABCCDs contrôlent de vastes parties de la chaîne de production : prêts aux agriculteurs, fourniture de semences, engrais et pesticides, stockage, transformation et transport des matières premières. Leur stature et leur implication à tous les niveaux de la filière leur permettent d’étendre leur influence et leur emprise sur les acteurs du secteur. Même lorsque les agriculteurs travaillent de manière indépendante, ils sont de plus en plus dépendants de ces géants pour la vente ou la culture de leurs produits.
Par exemple, le rachat de Monsanto par Bayer a permis, selon la DG COMP, de créer « le plus grand acteur mondial intégré dans le secteur des semences et des pesticides ». Ce qui n’est pas sans conséquences, car cette intégration verticale renforce encore davantage leur emprise stratégique.
Selon le secteur, comme le confirme le trader suisse de café Sucafina, cette tendance à l’intégration verticale va continuer : « Si nous voulons rester à notre taille, il faut s’intégrer verticalement, et cela passera notamment par la maîtrise de la production agricole. »
Une interdépendance stratégique
Les géants agricoles ne se contentent pas de rivaliser : ils collaborent aussi à travers des joint-ventures, des investissements spécifiques et une coopération sectorielle. C’est ainsi qu’ils renforcent leur pouvoir collectif et leur contrôle, tout en créant des réseaux d’interdépendance.
Par exemple, en 2022, le rapport annuel de LDC mentionne des joint-ventures avec Cargill dans la gestion des terminaux portuaires pour l’exportation de céréales et de sucre13. De même, des investissements conjoints existent notamment dans le secteur biotechnologique, comme le partenariat stratégique entre Cargill et la société française InnovaFeed SAS.
L’interconnexion s’étend aussi à la recherche et au développement de nouvelles technologies, telles que la blockchain. Tous les géants participent à la plateforme Covantis, visant à améliorer la communication et la logistique du commerce agricole.
Cette coopération étroite facilite la verticalisation du marché, tout en ouvrant la voie à la fixation des prix, aux comportements anticoncurrentiels et à la formation de cartels. Il convient donc d’analyser ces risques dans leur globalité, notamment face à l’impact sur les prix et la disponibilité de l’alimentation pendant la crise de 2021-2022.
Les signaux d’alerte : abus de pouvoir et comportements anticoncurrentiels
Les ABCCDs ont érigé un pouvoir de marché qui frise parfois l’abus. Si certains cas de pratiques anticoncurrentielles ont été poursuivis, ils restent isolés et insuffisants pour freiner la montée en puissance de ces titans. Néanmoins, ces affaires constituent des signaux d’alarme sur leur capacité (et surtout leur volonté) à manipuler le marché à leur profit.
Aux États-Unis, ADM a été accusée de manipulation sur ses prix dans le secteur des cacahuètes, et a payé une amende de 5 millions de dollars en 2021. Bunge, quant à elle, fait l’objet d’une investigation depuis mars 2023 par les autorités roumaines pour présumée collusion sur le marché de l’huile de tournesol. Cargill a été reprochée en 2022 de violation du droit antitrust, notamment pour avoir communiqué de manière inadéquate avec d’autres entreprises du secteur des volailles sur la rémunération des salariés. La société a finalement versé 84,4 millions de dollars pour régler ces accusations, après avoir été aussi accusée de manipulation des prix en Corée du Sud et aux États-Unis.
Fait notable, ces affaires ont été révélées récemment, et il existe peu d’exemples en Europe. Là où la Commission européenne a commencé à s’intéresser au pouvoir de marché, cela concerne principalement le secteur technologique. Cependant, des évolutions pourraient intervenir : en mars 2023, elle a annoncé vouloir élaborer de nouvelles directives pour mieux lutter contre l’abus de position dominante, d’ici 2025.
Les profits exceptionnels de 2021-2022, couplés à des signes manifestes de comportements anticoncurrentiels, auraient dû alerter les autorités de la nécessité d’une régulation plus énergique. Selon une étude de la compagnie d’assurance Allianz, jusqu’à 20 % de l’inflation alimentaire serait liée à la recherche de profit. Et les profits de ces acteurs agricoles seraient encore plus significatifs que ceux des compagnies pétrolières, du fait de leur concentration énorme.
Le contrôle monopolistique exercé par ces traders sur l’ensemble du circuit de l’alimentation leur permet de tirer les prix vers le haut, d’influencer les coûts et de spéculer sur les marchés. Plusieurs chercheurs ont démontré leur rôle dans la manipulation des marchés de produits agricoles. Anna Kolesnichenko, de la Fondation pour les Études Européennes Progressistes, souligne notamment que 95 % des dérivés agricoles se négocient hors marché réglementé, ce qui réduit la transparence et la régulation effective.
Au-delà de leur taille gigantesque, ces entreprises disposent d’immenses capacités de stockage, leur permettant de faire « stocker en attendant » lorsque les prix sont bas, pour mieux revendre lorsque le marché est favorable. Leur position leur donne aussi un avantage stratégique pour prévoir les pénuries, en se basant sur leurs réserves et leur accès à l’information privilégiée. En 2022, le groupe IPES (International Panel of Experts on Sustainable Food Systems) a confirmé que ces traders détiennent d’importantes réserves, ce qui crée une incitation à rationner les stocks afin de faire monter les prix.
En somme, l’ensemble des stratégies déployées par les ABCCDs convergent pour faciliter les abus de position dominante et renforcer leur emprise sur le marché international.
L’impact cumulatif : des dangers pour la société
Les méfaits de la concentration du pouvoir économique ne se limitent pas à une fusion ou à une opération isolée. Ce sont plutôt les effets cumulatifs liés à l’accumulation systématique de positions de marché qui causent des dégâts profonds.
Le fonctionnement défaillant des politiques de concurrence, qui consistent à évaluer chaque opération isolément, reflète une approche souvent trop étroite pour appréhender ces enjeux globaux. Jusqu’à présent, la priorité a été donnée à la protection du consommateur dans chaque pays, sans toujours prendre en compte le phénomène à l’échelle mondiale.
Les rivalités géopolitiques, visant à affirmer une domination économique ou à s’imposer dans la transition écologique, alimentent ces dynamiques, en alimentant notamment les récits des grandes entreprises qui dénoncent une sur-régulation. Le récent Acte sur les matières premières critiques de l’UE en est un exemple : il prévoit des dérogations réglementaires pour certains projets miniers stratégiques, sous prétexte de garantir l’approvisionnement énergétique de l’Europe, mais au prix d’un recul des protections environnementales.
Ce laisser-faire a renforcé la dépendance des États aux grands groupes, qui tiennent désormais un pouvoir disproportionné face aux autorités publiques, souvent incitées à écouter ces acteurs plutôt qu’à les réguler. La crise alimentaire de 2021-2022 aurait dû alerter sur l’importance de voir au-delà des prix à la pompe ou à l’assiette : c’est toute la structure du pouvoir économique mondial qu’il faut remettre en question.
L’opportunité existe pour que la régulation se renouvelle, en particulier dans le contexte où certains régulateurs prennent conscience des risques liés à la concentration excessive, et où la crise du secteur alimentaire accentue la pression pour agir. La question demeure : cette crise sera-t-elle une réelle occasion de changer de cap, ou la réponse sera-t-elle que la puissance des multinationales, que la régulation devrait contrôler, deviendra son propre outil de blocage ?
L’exemple de la fusion entre Viterra et Bunge, deux géants de l’agroalimentaire qui pourrait accroître leur emprise, illustre la difficulté : malgré l’alerte du Canada, la Commission européenne a donné son feu vert en août 2023, sans approfondir le dossier. La surveillance de ces opérations à l’échelle mondiale reste marginale, alors que le nombre de dossiers examinés par l’UE ou les États-Unis a considérablement diminué ces dernières années.
Ce qui aurait dû alerter davantage lorsque la Commission a cédé rapidement, c’est la tendance à privilégier la rapidité plutôt que la rigueur, au détriment d’une redevabilité qui pourrait freiner l’extension de ces empires économiques.
Une économie à repenser
Les événements récents montrent que les échecs en matière de régulation de la concentration du marché agricole ne doivent pas rester une fatalité. Le cas Bunge-Viterra souligne surtout qu’une approche segmentée et peu ambitieuse doit être abandonnée. Pour lutter efficacement contre la concentration, il faut adopter un changement de paradigme : une politique active de contrôle des fusions, une application rigoureuse des lois antitrust, mais aussi une remise en question des incitations structurelles qui ont favorisé ces dynamiques.
Il est démontré que la concentration systémique trouve ses racines dans un modèle économique basé sur la croissance à tout prix. Les lois fiscales, commerciales, et les mécanismes incitatifs favorisent la concentration des profits, des richesses et du pouvoir. La croissance illimitée imposée par ces lois a conduit à une société où la recherche de rentabilité immédiate et la course au profit ont érigé la concentration comme objectif principal.
Pour véritablement changer, il faut aller plus loin : il faut remettre en question ces lois, ces règles qui propulsent la concentration économique. La seule solution durable pour un avenir plus équitable et écologique est une refondation de l’économie sur des principes de décroissance et de décolonisation, qui remettent l’humain et la planète au cœur du système.
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