À une époque où l’on nous ordonne de ne dialoguer avec les dictateurs — même au prix de prolonger des guerres désastreuses — par crainte de souiller notre pureté morale, pourquoi écouter le récit du côté du diable ? La réponse est simple: non seulement cela peut être instructif, mais c’est aussi indispensable. Et l’idée n’est ni nouvelle ni originale.
Imaginez que, dans le Livre de la Genèse, le serpent ait été autorisé à expliquer ce qu’il faisait lorsqu’il tenta Éve et Adam. Il aurait pu démontrer de manière rationnelle qu’il leur rendait un immense service. Il les invitait à goûter le fruit de “l’arbre de la connaissance du bien et du mal”. Refuser de manger ce fruit et vous resteriez à jamais dans l’ignorance des actions que vous et l’humanité future aurez à accomplir. Si vous n’avez pas la capacité de distinguer le bien du mal, vous vivrez comme un consommateur dénué de sens au cœur d’une vallée d’abondance. Ni les actions bienveillantes ni les fautes que vous commettez n’auraient aucune signification pour vous.
Sans l’intervention du serpent, Éden aurait continué à exister comme une réalité quasi identique à une société de consommation suburbane, bordée d’arbres, que Madison Avenue a façonnée pour nous il y a six ou sept décennies. L’humanité aurait enduré dans un état perpétuel d’ignorance bénie. Réfléchissez à ce que cela aurait donné. En fin de compte, même la végétation luxuriante de l’Éden n’aurait pas résisté au changement climatique que l’humanité a aujourd’hui provoqué. En dernière analyse, le serpent nous a libérés !
L’amour de l’Europe pour le diable
L’Europe a traditionnellement attribué une place éminente à l’Archidemon, Beelzebub, le Vieux Nick, le Prince des Ténèbres, le pire marchant du mal. Les sceptiques considèrent sa présence comme une fiction, mais sa réalité culturelle durable est incontestable. La croyance en l’existence du diable aide à accepter les horreurs, souvent auto‑infligées, que les civilisations européennes ont si fréquemment endurées. Au fil du temps, le diable a pris plusieurs formes. De l’Antéchrist ou de la « Bête de la mer » dans l’Apocalypse/Révélation, au personnage fictif — comme Iago dans Othello de Shakespeare ou Keyser Söze dans Le Usual Suspects — la diversité des incarnations du diable dans la littérature et le folklore est fascinante.
Dante a placé célèrement Lucifer au centre gravitationnel de la Terre. Il était enfermé dans un bloc de glace, la taille bloquée à la taille, sans voix ni liberté de mouvement. D’autres esprits libres, y compris le serpent à l’entrée du Purgatoire, pouvaient jouer le rôle traditionnel de Satan en tentant les humains vers le mal, mais le Seigneur des Enfers de Dante était un monstre à trois têtes, enfermé dans les entrailles de la terre. L’Ange déchu qui avait trahi le ciel même avant la création vivait avec un seul but : dévorer éternellement les trois plus grands traîtres de l’histoire — Judas Iscariot, Brutus et Cassius, les principaux conspirateurs de l’assassinat de Jules César.
Dans son poème épique, Paradise Lost, le poète anglais du XVIIe siècle John Milton permet à Satan d’agir librement partout en dehors du ciel. De nombreux critiques littéraires ont fait remarquer que le Satan de Milton est le héros indiscuté du poème. Parfaitement articulé, son ambition (« Mieux vaut régner en Enfer que servir au ciel ») a servi de modèle à bien des « leaders » modernes. Les politiciens, les milliardaires, les oligarques, les magnats des médias et les entrepreneurs mondiaux ont imité l’archi‑diable de Milton. Eux aussi voient leur vocation comme celle d’avoir les mains libres pour manipuler les événements sur terre.
La descente de l’Europe aux enfers et la France en tête
Jean‑Paul Sartre, le philosophe existentialiste emblématique connu pour son engagement politique de gauche, a fait dire à l’un des personnages de sa pièce Huis Clos l’aphorisme: « L’Enfer, c’est les autres ». Il ne cherchait pas à cultiver l’hostilité ou à accuser quiconque de diaboliser l’autre. Il voulait simplement signifier que lorsque les relations se dégradent et que les personnes condamnées à vivre ensemble n’ont pas d’objectif commun, la vie elle-même devient l’enfer. Aujourd’hui, avec près d’un quart du XXIe siècle derrière nous, l’Europe semble avoir atteint cet état d’existence infernal. Et il semble qu’elle ne voie pas de sortie (en corrélation approximative avec huis clos, qui désigne une rencontre privée tenue à huis clos).
Regardez autour de vous aujourd’hui. Les portes se ferment un peu partout en Europe. Les relations se sont dégradées au point d’atteindre l’enfer. La France en offre l’exemple parfait. Dans les deux à trois prochaines semaines, Paris est susceptible de prendre les devants et peut‑être d’impulser une dynamique générale en Europe… mais vers le bas, bien entendu. Il existe même des dates fixées. Tout commence par un vote de confiance sur le gouvernement du Premier ministre français François Bayrou, prévu lundi prochain. À moins d’un miracle suscité par Bayrou lui‑même ou par l’éloquent discours du président Emmanuel Macron, un vote de défiance prévaudra.
Cela mènera à plusieurs issues possibles, toutes alarmantes. Le 10 septembre, la France pourrait connaître ce que l’on peut décrire comme le relancement du mouvement des gilets jaunes, qui avait miné le premier mandat de Macron et contre lequel il avait échappé grâce à l’inattendu avènement de la Covid‑19. La déclaration de confinement lui avait permis de se poser en « président de la guerre ». Le nouveau mouvement « Bloquons tout » est né cet été et a rapidement gagné du terrain comme un phénomène plus global et hésitant qu’une grève générale traditionnelle, mais aussi plus déterminé à « faire les paresseux dehors ».
Si Bayrou parvient à convaincre suffisamment de socialistes de se retirer, le parti le plus actif à gauche, La France insoumise, entend déposer une motion de censure contre le président le 23 septembre. Les médias français ont de plus en plus répété des spéculations selon lesquelles le président jupitérien, malgré une Constitution qui l’autorise à rester au pouvoir pendant deux années supplémentaires quelles que soient les circonstances, pourrait même choisir de démissionner. Le dernier sondage montre que 63 % de la population française souhaite voir tomber le gouvernement et convoquer de nouvelles élections pour l’Assemblée nationale. La Connexion rapportait il y a une semaine que « deux tiers des personnes interrogées veulent que le président démissionne si le gouvernement tombe le mois prochain ».
L’un de ces scénarios propulserait Macron, au sens figuré, dans le plus profond des enfers, privé même de l’espoir le plus ténu d’accéder à l’antique purgatoire politique de la Ve République, connu sous le nom de cohabitation. Comme beaucoup d’observateurs l’ont noté, la solution la plus rationnelle — encore peu probable compte tenu de la multiplicité des facteurs d’inertie — pourrait être une révolution à la française, menant à l’adoption d’une nouvelle constitution et d’une Cinquième République. Après tout, la Cinquième République est née sans violence, provoquée par l’incapacité du gouvernement en place à résoudre la guerre d’Algérie.
L’histoire peut‑elle se coaliser autour d’une nouvelle coalition ?
Aux côtés de l’Allemagne et du Royaume‑Uni, la France partage le leadership dans la version 2025 de ce qui se présente comme la « coalition des volontaires », une réinterprétation du film d’action de George W. Bush sorti en 2003, basé sur une œuvre de fiction populaire et ensuite tourné en Irak (le tournage a été spectaculaire et aurait vu jusqu’à un million de personnes « filmées »). Cette nouvelle coalition est un trio de chevaliers européens en armure, montés sur des pur-sang, manifestement impatients de sauver une demoiselle en détresse et de mener la guerre contre le dragon qu’est la Russie.
La formation de cette coalition marque un tournant inédit de l’histoire européenne. Près d’une décennie après le spectaculaire divorce à la Johnny Depp et Amber Heard, aussi célèbre que le Brexit, le Royaume‑Uni s’est rapproché de l’idée d’appartenir à l’Europe, du moins en ce qui concerne sa volonté affirmée de mettre à disposition les talents de son armée redoutable (« 73 000 soldats en activité ») pour affronter la Russie en Ukraine. Le Premier ministre britannique Keir Starmer n’a aucun scrupule à s’allier à la présidente non élue de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, ancienne ministre allemande de la Défense, dans une mission destinée à redéfinir l’Europe elle‑même — non pas comme un simple marché ou une union politique, mais comme une entité militaire puissante qui sera… en quelque sorte distincte de l’OTAN tout en y étant totalement intégrée et, en même temps, dépendante des arsenaux américains, tout en restant dépendante de lui et de son armement à la fois. Un plan séduisant, s’il en est.
Avec une telle vision bien affûtée de l’avenir, visant au genre de succès militaire durable que l’OTAN a jadis connu en Afghanistan et en Libye, accompagnée d’une conquête territoriale (la récupération des terres de l’Ukraine occupées par la Russie), la coalition prouvera sa capacité à freiner l’ambition clairement exprimée par le président russe Vladimir Poutine d’occuper les Champs‑Élysées (selon Macron) et peut‑être même Carnaby Street, pendant qu’il y sera.
Une fois cet objectif noble atteint, l’Europe entrera sans doute dans son deuxième temps de la Renaissance ou dans une « Enluminure des Lumières 2.0 », peut‑être les deux à la fois. Et quelle Renaissance éclairante ce sera ! Oubliez le règne prochain de l’intelligence artificielle américaine ou chinoise. Pensez aux possibilités au niveau humain. L’Italie offrira au monde une version revisitée de Léonard de Vinci (Léonard, pas DiCaprio) et de Michel-Ange (Buonarroti, pas Antonioni). Le Royaume‑Uni donnera au monde un véritable Shakespeare (et non l’imposture stratifidienne dénoncée par les acteurs Mark Rylance, Derek Jacobi et le lointain écrivain Alexander Waugh). En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz finira par reprendre son poste de président du conseil d’administration de BlackRock, après avoir recruté le prochain « Chancelier de fer » Otto von Bismarck qui, comme l’original, mettra à profit ses talents organisationnels pour préparer sa nation à la future domination “ éclairée ” de l’Europe – non seulement industriellement, mais aussi militairement (grâce à une discipline résolument aryenne).
La France et la Bastille Day 2.0… bientôt ce mois‑ci
Bayrou fait de son mieux pour se dresser en défense d’un ordre post‑politique curieux que Macron espérait voir apparaître à l’époque où il est monté sur le trône il y a huit ans. Lors de son premier mandat, pour stimuler l’économie, l’ancien ministre des Finances et stratège de la banque Rothschild a généreusement instauré d’importantes baisses d’impôt pour les plus riches. Puis, face successivement aux gilets jaunes, au confinement lié à la Covid‑19 et aux nouvelles pressions politiques, il a offert des allégements fiscaux à la classe moyenne également. La France s’est retrouvée si endettée que même le budget d’austérité de Bayrou n’aurait probablement pas suffi à restaurer la cote de crédit actuelle AA‑ de la France. Elle aurait déjà été dégradée plus tôt cette année, mais pour des raisons de stabilité politique.
Qu’est‑ce que cela implique ? L’incertitude pour l’avenir est désormais de 99 %. À moins d’un miracle, la cote de crédit de la France sera dégradée et l’emprunt pour combler les déficits sera plus difficile et plus préjudiciable pour tout nouveau budget, qui sera en outre handicapé par le coût de la dégradation. Et, bien sûr, avant la fin de l’année, la France pourrait ne pas avoir de gouvernement, ou même pas de président.
Mais la France n’est pas le seul grand pays sur des fondations politiques et financières instables. La cote d’approbation de Starmer a chuté et le parti réformiste droitier de Nigel Farage, Reform, semble en plein essor, dépassant à la fois le Labour et les Tories. L’austérité accompagnée d’un keynésianisme militaire (un polit mean euphemism pour l’armement agressif) n’est peut‑être pas la clé du succès électoral futur. Dans le même temps, Wolfgang Münchau, journaliste économique ancien du Financial Times, décrit la situation économique que Starmer tente de gérer en ces termes:
« Le problème auquel le Royaume‑Uni est confronté aujourd’hui, et qui ne se posait pas en 1976, est une économie structurellement faible avec une faible croissance de la productivité. Le modèle économique du Royaume‑Uni, celui d’une société rentière capitaliste tardive, ne fonctionne plus. Et, contrairement aux années soixante-dix, le Royaume‑Uni ne dispose pas d’une majorité politique suffisante pour contrer la dynamique toxique entre l’endettement croissant et la faible croissance économique. »
En d’autres mots, deux des trois leaders de la fière coalition des volontaires pourraient ne pas être au meilleur de leur forme. Du côté allemand, certains estiment que les choses vont mieux, ou du moins c’est ce que d’aucuns voudraient croire. Depuis au moins le début de la guerre en Ukraine et le sabotage du gazoduc Nord Stream, les experts ont qualifié l’Allemagne de « malade de l’Europe ». Reuters a affirmé fin avril qu’elle pourrait « éviter la récession » après des élections de février qui avaient vu la CDU/CSU diriger le pays et non Olaf Scholz. D’autres perçoivent une récession allemande qui a commencé en 2023 comme étant continue.
En septembre dernier, Le Monde craignait que « la grande erreur économique de l’Allemagne entraîne toute l’Europe ». Si cela peut rassurer les Allemands, un an plus tard, la France semble être la nation qui provoquera un effondrement plus large en Europe. Du côté positif, la dette de l’Allemagne demeure pour le moment gérable, contrairement au Royaume‑Uni et à la France, sans parler de l’Italie. Mais c’est une mauvaise nouvelle pour la coalition des volontaires, car cela signifie que l’Allemagne est peu susceptible de prendre de nouveaux risques. De plus, la plupart des analystes ont observé une tendance marquée vers la désindustrialisation de l’économie allemande, un tournant choquant pour le pays autrefois considéré comme la locomotive industrielle de l’économie européenne.
Merz a été élu en février mais son taux d’approbation est tombé à 29 % en août et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est devenue le parti le plus populaire. Mais les choses empirent encore. « Seulement 19 % des Allemands », selon le même sondage, « croient que l’Union chrétienne‑Démocrate/Union sociale chrétienne de Bavière peut résoudre efficacement les défis du pays ». L’AfD obtiendrait 26 % des voix si une élection avait lieu aujourd’hui. Et ni l’AfD ni le parti de gauche économique de Sahra Wagenknecht ne sont en faveur de l’Union européenne et de l’engagement de l’Allemagne dans la guerre en Ukraine. Ces causes, soi‑disant qui avaient uni la nation dans une certaine mesure depuis 2022, ont perdu de leur élan, ce qui est très mauvais signe pour la reine Ursula et pour la coalition des volontaires.
La crise identitaire de l’Europe affaiblit ses institutions
Mais il existe une autre dimension du dilemme actuel de l’Europe qui la rapproche d’une crise d’identité traversant toutes les frontières. Ce n’est pas nouveau. Dans une certaine mesure, le sens de l’identité européenne a été fragilisé dès la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque ses grandes puissances ont dû se décoloniser. Beaucoup ont vu la construction de l’Union européenne comme la réponse recommandée.
Mais ce malaise lumineux est désormais apparu sous une forme extrêmement aggravée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier. L’Amérique est‑elle notre sauveur ou notre ennemi ? Ou, selon les termes diabolique de Dante, Brutus ou Marc Antoine ? Bien que les médias évitent prudemment de trancher le débat, les électeurs européens se posent deux questions : « L’Europe est‑elle une réalité ? » et « Nos nations respectives ont-elles une idée de la direction que nous mène ? » Non seulement l’UE chancelle en essayant de comprendre maladroitement sa relation avec les États‑Unis à l’ère Trump 2.0, mais l’OTAN est également ébranlée. Qui a même le pouvoir de définir ces relations ? Certainement pas Madame von der Leyen, comme cela est devenu évident lors de son face‑à‑face avec Trump sur sa propriété en Écosse en juillet.
Le journaliste indépendant et chercheur Thomas Fazi ne cache pas son propos lorsqu’il explique que « ce que nous sommes en train de voir est en réalité un cas d’hyper‑vassalisation rappelant les dynamiques d’un ancien régime colonial ». L’ironie est extrême, compte tenu non seulement du fait que les mêmes nations européennes ont créé le modèle colonial mais aussi que certaines ont, à l’occasion, critiqué le modèle néocolonial américain qui a servi de socle à l’ordre « fondé sur des règles » après la Seconde Guerre mondiale. Les Français se sont distingués lorsque le général De Gaulle, président, a contesté certaines caractéristiques du système américain et lorsque Valéry Giscard d’Estaing, futur président, a décrit à juste titre le dollar comme le « privilège exorbitant » de l’Amérique.
Fazi explique la situation actuelle ainsi: « en alignant l’Europe sur la stratégie d’une déstabilisation durable de l’Ukraine — et, depuis 2022, en adoptant la guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie, y compris le coup auto‑infligé de couper l’accès au gaz russe bon marché — puis en sabotant les initiatives de paix de Trump en s’engageant à un soutien financier et militaire sans fin à Kyiv, l’Europe n’a pas seulement sapé ses intérêts économiques et sécuritaires fondamentaux, mais elle a aussi aliéné à la fois Moscou et Washington, s’excluant elle‑même de tout rôle majeur dans les négociations. »
La semaine dernière, Unherd a publié un article de Münchau intitulé « L’été de la soumission de l’Europe : elle n’a pas reconnu sa faiblesse ». Il accuse les dirigeants européens d’« insignifiance » au moment même où Merz, Macron et Starmer mènent une campagne héroïque pour faire peser une pression massive sur la Russie afin de l’obliger à négocier un cessez‑le‑feu à leurs conditions et sur Trump pour soutenir les Européens. Sans ambiguïté, les deux finiront par s’incliner sous une telle pression.
Leur mise en scène les occupe tellement qu’ils semblent avoir négligé d’écouter le dialogue intéressant qui se déroule en surface de la Terre lors de la conférence de la Shanghai Cooperation Organization (SCO) qui se tient à Tianjin, en Chine, où trois autres nations tout aussi influentes semblent se regrouper sur un certain nombre de fronts stratégiques : la Chine, l’Inde et la Russie. La principale nouvelle qui ressort de la SCO est que les tarifs douaniers de Trump semblent avoir servi de déclencheur à une réconciliation inattendue entre d’anciens adversaires, l’Inde et la Chine. Le Premier ministre indien Narendra Modi et le président chinois Xi Jinping ont clairement exprimé leur intention de commencer à orchestrer un ballet entre « le dragon et l’éléphant », qui finiront par « danser ensemble ».
Ce séisme géopolitique n’a pas trop impressionné la coalition des volontaires. Le Straits Times résume leur réaction: « Tout ce qui se passe à Tianjin les 31 août et 1er septembre est écarté par les capitales européennes comme du simple bruit diplomatique ».
Peut‑être est‑ce que la résonance cavernicole, dans le coin de l’enfer où les dirigeants européens se trouvent désormais, les empêche d’entendre le dialogue intéressant qui se joue en surface sur terre ?
[Ce texte a été édité par Lee Thompson‑Kolar.]
Vous pouvez lire le CIA Factbook et écouter les agents du MI6 pour votre analyse, ou lire les perspectives de nos plus de 3 000 auteurs issus de plus de 90 pays et donner du sens au monde. Inscrivez‑vous à nos bulletins d’information gratuits dès maintenant.
Possible ? Le lecteur peut se demander si tout cela n’est qu’un gigantesque théâtre qui oublie l’enjeu réel: les Européens, perdus dans leurs propres contradictions, n’écoutent peut‑être pas ce qui se joue sous leurs pieds, ni le dialogue qui se passe sur la surface du monde.
Can it be qu’un écho caverné dans le coin de l’enfer où les dirigeants de l’Europe vivent désormais les empêche d’entendre le dialogue intéressant qui se déroule à la surface de la Terre ?
Note finale
Le récit, tel que présenté ici, n’est pas une prophétie mais une invitation à regarder les dynamiques d’un continent qui se cherche encore une identité dans un monde en mutation rapide. L’anticipation ne vient pas d’un oracle, mais d’un constat: les choix faits aujourd’hui dessineront l’Europe de demain — et, peut‑être, son salut comme son enfer.
