Dominique Barthier

Europe

L’hiver du mécontentement roumain

Cette année, les quatre élections ont dévoilé le désenchantement des Roumains face aux options politiques disponibles. Entre des affaires de corruption et l’absence de vraies alternatives au sein des partis traditionnels, l’attrait des forces anti-système, comme l’extrême droite AUR, ne cesse de croître. Mais personne ne s’attaque réellement au coût de la vie, au logement et à la crise sanitaire et sociale.

NOTE: Cet article a été publié peu avant le premier tour de l’élection présidentielle. Călin Georgescu, candidat indépendant d’extrême droite, a surpris en remportant la plus grande part des suffrages et affrontera Elena Lasconi du centre-droit USR lors du second tour.

La Roumanie se prépare à deux élections extrêmement déterminantes. Le 24 novembre, les électeurs déposeront leurs premiers bulletins dans la course présidentielle. Puis, le 1er décembre, jour de la Fête nationale, ils voteront pour les législatives. Si aucun candidat ne l’emporte à l’issue du premier tour, un second tour sera organisé le 8 décembre entre les deux mieux placés.

Cela survient après deux autres scrutins cruciaux en juin dernier : les élections locales et les élections européennes. Dans les deux cas, les deux grands partis – les social-démocrates de gauche (PSD) et le centre-droit Parti national libéral (PNL) – ont dominé, recueillant environ 35 % et 30 % des postes de maire, respectivement. Le parti d’extrême droite Alliance pour l’Union des Roumains (AUR) est arrivé troisième, mais avec seulement 6 %.

Pour les élections législatives, le PSD devrait conserver son avance, tandis que l’AUR pourrait s’emparer de la deuxième place, dépassant le PNL. Cela conférerait à l’AUR une influence législative substantielle et confirmerait l’élan croissant de son idéologie. Ce basculement pousserait le PNL à une troisième ou quatrième place, où il serait en concurrence avec le Save Romania Party (USR) – un parti plus petit et plus récent de centre droit.

La course présidentielle affiche aussi des perspectives tout aussi sombres. Les premiers favoris, selon plusieurs sondages, seraient Marcel Ciolacu, leader social-démocrate et actuel Premier ministre, et George Simion, candidat de l’AUR d’extrême droite. Ciolacu est embourbé dans les controverses et peine à articuler une vision porteuse d’avenir pour le pays, tandis que Simion apporte un programme extrémiste qui risque de polariser et de radicaliser davantage l’électorat.

Le système politique roumain combine des éléments des systèmes présidentiel et parlementaire. Le président détient des pouvoirs importants, notamment celui de nommer le Premier ministre, de commander les forces armées et d’avoir le dernier mot sur les questions de politique étrangère, tandis que le Premier ministre dirige le gouvernement et s’occupe de la politique intérieure et de la gestion quotidienne.

Ces élections se déroulent à une époque de profonde méfiance envers les partis politiques roumains. Dans une enquête menée en mars 2024 par le think tank indépendant IRES, 62 % des jeunes âgés de 18 à 35 ans déclaraient une méfiance marquée envers les partis, et seulement 4 % exprimaient une confiance solide en eux. Cette crise de confiance laisse la Roumanie plus vulnérable que jamais face aux forces anti-système qui seront avides de capter la frustration profonde qui traverse le pays.

Turbulences 

Depuis les dernières élections présidentielles de 2019, la Roumanie – comme une grande partie de l’UE – a été secouée par des bouleversements économiques et sociaux. Les chocs conjugués de la pandémie de Covid-19 et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec laquelle elle partage une frontière, ont amplifié les défis roumains, notamment en matière d’inflation (l’inflation a frôlé les 17 % en novembre 2022, l’un des taux les plus élevés de l’UE).

Si l’inflation est repassée à 4,6 % en mars 2024, les effets de la crise se poursuivent. En septembre 2024, les prix des denrées alimentaires étaient 4,72 % plus élevés que l’année précédente, avec des hausses marquées pour des produits comme les légumes (13,79 %) et les conserves (9,8 %). Cela a fortement pesé sur les budgets des ménages, en particulier pour les familles à revenu faible et moyen.

Ces élections se déroulent à une époque de profonde méfiance envers les partis politiques roumains.

La hausse des coûts a déclenché des vagues de protestations. En janvier 2024, les agriculteurs roumains sont descendus dans les rues pour dénoncer l’augmentation des prix liés au transport, aux engrais et à l’énergie, ainsi que l’arrivée sur le marché local de céréales ukrainiennes bon marché. Les manifestations ont abouti à des aides gouvernementales visant à compenser les coûts accrus de production, de transport et de stockage pour les récoltes de 2023.

Les éducateurs roumains se sont également fait entendre. En mai 2023, les enseignants ont organisé la plus grande grève sectorielle en deux décennies, avec plus de 150 000 enseignants réclamant une hausse salariale de 25 % pour faire face à la hausse du coût de la vie. Le gouvernement a promis une augmentation progressive, avec l’objectif d’atteindre 25 % d’ici 2026.

Promesse ou populisme ? 

Ce contexte tendu, marqué par la montée des coûts et les tensions sociales, prépare le terrain pour les prochaines élections. Malgré les difficultés qui entourent Ciolacu, les sondages indiquent qu’il demeure le candidat le plus susceptible d’accéder au second tour de l’élection présidentielle.

Ceci n’a rien d’étonnant, car le PSD a longtemps été l’un des partis les plus populaires de Roumanie. Bien que formellement left-wing, le PSD est socialement conservateur et pro-affaires, tout comme le PNL. Ciolacu a récemment dévoilé un plan présidentiel qui reflète cette orientation, insistant sur la réindustrialisation pour stimuler les exportations et les investissements afin de faire croître l’économie. La proposition est toutefois entachée de politiques sociales démocrates, telles que l’augmentation des pensions et l’investissement dans l’éducation et les soins de santé.

Ce sont des domaines qui ont longtemps posé problème en Roumanie. Le système éducatif roumain a connu de nombreuses réformes depuis 1990, mais beaucoup ont été mal mises en œuvre ou renversées en raison de l’instabilité politique, avec des répercussions sur les élèves. Une étude nationale sur l’alphabétisation en 2022 révélait que 42 % des Roumains de la gamme de classes 1 à 8 sont fonctionnellement analphabètes, tandis que les taux de décrochage scolaire atteignaient 15 % en 2021, soit le plus élevé de l’UE.

Le système de santé roumain est, de son côté, fragmenté et mal coordonné entre les divers autorités et ministères. Il souffre d’inefficiences qui entravent la gestion efficace des ressources de santé à travers les régions. De nombreux hôpitaux restent obsolètes, manquent d’équipements essentiels et ne répondent pas aux normes de sécurité européennes.

Les critiques soutiennent que le plan de Ciolacu manque de précision et est trop ambitieux, abordant des domaines qui relèvent du Premier ministre plutôt que du président, comme l’éducation et la santé — des types de projets qu’il aurait dû mener en tant que Premier ministre, mais qu’il n’a pas mené.

Les critiques avancent aussi qu’il présente un programme populiste pour séduire un large électorat, sans offrir de solutions concrètes ni une vision claire des devoirs présidentiels. Ils remettent en question si son agenda vise véritablement à répondre aux besoins pressants des Roumains, tels que l’éducation et la santé, ou s’il ne s’agit que d’un simple affichage électoral.

Les controverses et les scandales qui entachent son gouvernement n’ont pas aidé. Peu après son arrivée au poste de premier ministre l’an dernier, des maisons de retraite privées gérées par une organisation liée à un ancien associé du PSD ont été révélées comme ayant infligé des sévices atroces aux résidents âgés, allant de la malnutrition à des abus physiques. Le scandale a conduit à la démission de deux ministres de Ciolacu. L’un d’eux, Gabriela Firea, a été politiquement rehabilitée quelques mois plus tard, retrouvant son poste de présidente du PSD pour Bucarest et premier vice-président dans le bureau du parti.

Bien que Ciolacu ait publiquement promis « pas de pitié pour les scélérats », les propriétaires des maisons abusives n’ont été placés qu’en résidence surveillée.

Le candidat d’extrême droite 

En ce qui concerne le candidat en lice contre le président en Roumanie, de nombreux sondages récents placent le jeune Simion, d’extrême droite, juste derrière Ciolacu.

L’AUR a fait irruption sur la scène politique roumaine en 2019, en propageant une idéologie nationaliste forte qui visait à l’unité de tous les Roumains, y compris ceux des pays voisins. Se présentant comme le défenseur de l’Église orthodoxe chrétienne, le parti rejette l’athéisme et les relations entre personnes de même sexe.

L’AUR adopte également une position eurosceptique. Le parti voit l’Union européenne comme un « empire socialiste d’ordre fédéral » et comme une « hégémonie néfaste ». Simion a critiqué les politiques de transition verte de l’UE comme « folles », arguant qu’elles nuisent aux pays d’Europe de l’Est encore marqués par des héritages communistes. Avec ces idées extrémistes, l’AUR a obtenu plus de 9 % des voix lors des élections parlementaires roumaines de 2020.

Katja Plate, directrice de la Fondation Konrad-Adenauer (KAS) en Roumanie, soutient que Simion habille désormais l’AUR d’un manteau plus acceptable pour l’électorat roumain plus large afin d’assurer sa place au second tour présidentiel.

« Des positions grossières et extrémistes ont été sensiblement atténuées ces derniers mois », dit-elle. Cela inclut une réduction de la rhétorique pro-Russie et, par moments, même une condamnation des actes de la Russie, tout en modérant sa position hostile envers les minorités du pays, telles que les Hongrois. Simion s’est concentré sur « la manière habile d’aborder de réels problèmes sociaux, comme les prix du logement et l’accès aux soins, surtout dans les zones rurales », ajoute-t-elle.

Ces questions figurent dans ce que l’on appelle le « Plan Simion ». Une proposition clé est de construire un million d’appartements, vendus au prix de départ de 35 000 euros pour un logement de deux chambres. Pour être éligibles, les acheteurs potentiels doivent signer un « contrat » avec Simion. Cela touche à une question de plus en plus sensible pour de nombreux Roumains, en particulier les jeunes, qui peinent à se loger face à l’augmentation des coûts moyens et à la pénurie de logements disponibles.

Luciana Alexandra Ghica, professeure de sciences politiques à l’Université de Bucarest, a qualifié cette initiative de « non seulement populisme pur, mais plutôt une arnaque typique », qui exploite « des données privées sensibles de ceux qui croient naïvement pouvoir entrer dans ce piège de « contrats » pour un logement insoutenable. » « Dans une démocratie plus consolidée et avec un niveau de culture civique plus élevé, ce type de dispositif serait plus vigoureusement enquêté pour fraude ou, au moins, largement reconnu comme tel. »

Le logement n’est qu’un élément du Plan Simion; il comprend également des propositions destinées à améliorer les transports publics, notamment les services ferroviaires. Simion a annoncé son intention d’investir dans les trains à grande vitesse — aujourd’hui absents en Roumanie — d’améliorer les transports régionaux et métropolitains, et de réduire la bureaucratie au sein du ministère des Transports. Cela résonne fortement chez les Roumains, alors que les progrès dans ce domaine stagnent depuis des années.

Compte tenu de ses sondages actuels, la stratégie de Simion consistant à tempérer les messages extrêmes et à formuler des promesses qui touchent un grand nombre de citoyens semble fonctionner. Ghica note que l’AUR a attiré « une partie de la classe moyenne frustrée qui votait traditionnellement pour le PNL puis pour l’USR, même s’ils sont généralement plus éduqués que la moyenne ». « Il est probable que certains soutiens traditionnels du PSD et du PNL, ainsi que des segments de la diasporas, voteront pour Simion », ajoute-t-elle.

La diaspora pro-AUR 

La diaspora a en effet été un soutien important de l’AUR depuis la création du parti. Lors des élections parlementaires de 2020, un Roumain sur quatre vivant à l’étranger a voté pour lui. Le parti a été en tête dans les urnes en Italie et à Chypre, et a occupé la deuxième place en France, en Allemagne et en Espagne.

Magdalena Ulceluse, enseignante en migration internationale et relations ethniques à l’Université de Malmö en Suède, remarque que l’AUR résonne particulièrement chez ceux qui ont émigré pour des raisons économiques, souvent motivées par la pauvreté et le manque d’opportunités. Les défis récents tels que la pandémie, l’inflation élevée et la hausse du coût de la vie ont marginalisé — et radicalisé — les électeurs de la diaspora comme ceux résidents en Roumanie. L’AUR demeure le parti principal qui s’adresse à ce public, selon Ulceluse.  

« Simion est essentiellement le seul candidat à s’adresser directement aux Roumains à l’étranger. Si vous comparez les comptes de réseaux sociaux de tous les candidats, il est le seul à poser directement des questions à la diaspora, à faire des promesses et à prévoir des visites », explique-t-elle. Bien que cette démarche puisse être, en réalité, « du plat service », elle fonctionne pour « les engager, leur donner l’impression d’être entendus ».

« Simion a reconnu le potentiel de la diaspora pour influencer les résultats électoraux, non seulement par leurs votes directs, mais aussi en influençant les opinions de leurs familles et amis restés chez eux. » 

Précédent électoral 

Si Simion accède au second tour de l’élection présidentielle, il deviendrait le premier candidat d’extrême droite à y parvenir depuis Corneliu Vadim Tudor en 2000. Tudor, leader du Parti de la Grande Roumanie (PRM), avait largement misé sur une rhétorique nationaliste et populiste. Il a été finalement battu par Ion Iliescu, ancien dirigeant du Parti communiste et membre de l’entourage proche du dictateur Nicolae Ceaușescu, qui avait déjà exercé un mandat présidentiel de 1990 à 1996.

Cette même insatisfaction, frustration et désaffection envers les partis dominants — née en partie de leur échec à tenir leurs promesses — alimente aujourd’hui la montée de Simion et a aussi propulsé Tudor au second tour en 2000. Comme Simion, Tudor se présentait comme la seule vraie alternative à une « classe politique corrompue et inefficace » qui dirigeait la Roumanie depuis la chute du communisme en 1989.

L’éventualité d’une victoire de Tudor en 2000 a fortement influencé les comportements électoraux en Roumanie, poussant de nombreux électeurs à soutenir Iliescu même s’ils n’étaient pas entièrement d’accord avec lui. Cet esprit a été rappelé par divers responsables politiques, associations de droits civiques et organes de médias qui ont exhorté les électeurs à s’unir contre Tudor, présentant Iliescu comme la seule option viable pour sauvegarder la démocratie.

Notamment absents de cette élection, les partis verts ou la gauche progressiste. Ils restent marginaux dans le paysage politique roumain.

Ghica insiste sur le fait qu’un second tour opposant Simion et Ciolacu, à l’image du précédent Iliescu-Tudor, profiterait le plus à Ciolacu, car il mobiliserait probablement les électeurs urbains pour soutenir « celui qui est le candidat adverse à Simion ».

Après avoir vaincu Tudor, le gouvernement d’Iliescu a mis en œuvre certaines mesures destinées à réduire l’attrait des opinions extrémistes et à renforcer la gouvernance démocratique. En s’attaquant (dans une certaine mesure) à des questions économiques telles que le chômage et l’inflation, en favorisant l’unité entre les groupes ethniques — notamment la minorité hongroise, que Tudor ciblait par une rhétorique haineuse — et en nouant des alliances stratégiques, Iliescu a considérablement diminué l’influence de Tudor.

Tudor a participé à l’élection présidentielle de 2004, sans toutefois atteindre le second tour, et l’influence de son parti a continué de décliner à mesure que la Roumanie s’orientait vers l’intégration européenne et adoptait des politiques plus modérées. L’extrême droite ne joua plus un rôle significatif dans la politique roumaine jusqu’à la création de l’AUR.

Les autres options 

Outre Ciolacu et Simion, il ne reste que quelques candidats susceptibles d’atteindre le second tour de l’élection présidentielle. Une figure majeure est Mircea Geoană, ancien secrétaire général adjoint de l’OTAN et ancien leader du PSD, qui se présente désormais comme indépendant.

Autre prétendant: Nicolae Ciucă, chef du PNL, et prédécesseur de Ciolacu à la tête du gouvernement sous la coalition PSD-PNL. Bien que Ciucă soit typiquement le rival naturel de Ciolacu en cas de duel, la plupart des sondages le placent actuellement en troisième, quatrième ou cinquième position. Cela semble refléter un sentiment croissant de désillusion au sein des bases de son parti. La liste conjointe des candidats avec le PSD pour les élections européennes de 2024 a laissé de nombreux partisans traditionnels du PNL se sentir trahis.

Historiquement, le PNL s’est opposé au PSD, souvent associé à la corruption et au clientélisme. Bien que l’alliance officielle cherchait à empêcher l’AUR d’obtenir plus de sièges, elle a conduit de nombreux partisans du PNL à estimer que le parti avait compromis ses valeurs en s’alliant avec son adversaire de longue date.

Bien que la coalition avec le PSD leur ait permis de gagner plus de sièges collectivement, une analyse plus fine révèle des pertes substantielles pour le PNL lui-même: sa suprématie dans les conseils départementaux est passée de 17 en 2020 à 11 lors des élections les plus récentes, signe d’une perte d’influence locale et de confiance des électeurs.

Au-delà des défis partisanes, Ciucă lui-même est confronté à des controverses considérables. En 2022, il a été accusé d’avoir plagié des passages de sa thèse doctorale. Il a nié tout acte répréhensible. Une enquête de G4Media a révélé que l’affaire avait été dirigée dans une direction inappropriée vers un juge connu pour ses liens avec le parti de Ciucă. Le juge a ensuite acquitté Ciucă, déclenchant de nouveaux débats sur la corruption et la responsabilité au sein du gouvernement roumain.

Elena Lasconi, leader de l’USR, l’autre parti de centre droit en Roumanie, se distingue comme la seule candidate féminine viable. Lasconi a récemment pris les rênes de l’USR après les résultats décevants du parti lors des municipales et des européennes. En faisant campagne pour la présidence, Lasconi se présente comme la candidate capable d’attirer à la fois les soutiens traditionnels de l’USR et les électeurs indécis. Cette stratégie reflète la compréhension de la nécessité d’unifier différents segments de l’électorat.

Cependant, elle est confrontée à des défis importants, notamment la problématique répandue du sexisme. Selon un rapport de la Banque mondiale de 2023, plus de 80 % des Roumains estiment que le rôle principal d’une femme est de s’occuper du foyer et de la famille. L’élection présidentielle serait ainsi une voie extrêmement éloignée de ce rôle pour elle.

Notamment absents de ce scrutin, les partis verts ou de gauche progressiste demeurent marginaux dans le paysage politique roumain, sans perspective claire d’essor dans un avenir proche.

La dépression politique 

Simion est peu susceptible de remporter la présidence, mais les Roumains devront tout de même faire face à une présidence peu inspirante et désabusante. « Les mêmes vieilles personnalités et les promesses vaines motivent actuellement les électeurs roumains vers la dépression politique, » souligne Plate.  

Elle ajoute que même sans que Simion n’emporte la présidence, l’influence croissante de l’AUR au Parlement roumain donnerait à l’extrême droite « une influence tangible sur plusieurs domaines de politique publique ». Cela pourrait, par exemple, se traduire par un tournant vers des politiques de santé plus conservatrices et compliquer les efforts en vue de constituer des majorités en soutien à l’Ukraine. 

La meilleure stratégie pour contrer efficacement l’influence croissante de l’AUR serait « d’assurer une bonne gouvernance », argue Plate, car les électeurs roumains « aspirent à des actions et des résultats politiques décisifs ». Sans cela, « les institutions démocratiques faibles de la Roumanie pourraient être poussées davantage vers des tendances autoritaires. »  

Dans un contexte d’Europe de plus en plus polarisée, où des partis d’extrême droite plus forts et plus influents prennent de l’ampleur dans les pays du Continent, l’issue des élections présidentielles et parlementaires roumaines revêt une importance accrue.

Dominique Barthier

Dominique Barthier

Journaliste passionné par la vie publique, j'explore les rouages de la politique française depuis plus de dix ans. J’ai à cœur de rendre l'information accessible, rigoureuse et engageante pour tous les citoyens. Chez ElectionPrésidentielle.fr, je décrypte l’actualité avec une exigence constante de clarté et d’indépendance.